Après l’Île-de-France, la Région Auvergne-Rhône-Alpes va lancer à son tour une mutuelle régionale. L’ambition : faciliter l’accès aux soins à tous, dans un contexte de déremboursement de la sécurité sociale dénoncé par le président LR de la collectivité. Un appel à manifestation d’intérêt va être lancé à la fin du mois d’octobre auprès des assureurs et mutuelles.Le sujet des mutuelles n'est clairement pas une compétence des régions. Pour autant, l'Île-de-France avait ouvert la marche en février dernier en créant la première mutuelle régionale française. Laurent Wauquiez - dont c'était d'ailleurs une promesse de campagne - lui emboîte aujourd'hui le pas. Le président LR d'Auvergne Rhône-Alpes lance à son tour une mutuelle régionale dédiée aux habitants de son territoire.
«Dérembourser les soins, ce n'est pas ce que je veux pour mon pays»
« Dans le contexte actuel, nous ne pouvions pas rester les bras croisés, commente le président de région devant la presse, reconnaissant que l'initiative n'est normalement pas de sa compétence.
L'élu LR poursuit : « La baisse du pouvoir d'achat des Français et l'inflation accentuent les difficultés d'accès à la santé. Et pourtant, l'État veut faire des économies et accélère les déremboursements de la Sécurité Sociale. Avec des conséquences dramatiques. Ce n'est pas ce que je souhaite pour mon pays », pointe Laurent Wauquiez, soulignant plus particulièrement la question dentaire.
« Depuis le début du mois d'octobre, les soins dentaires ne sont plus pris en charge par la Sécurité sociale qu'à hauteur de 60 % (plus précisément 55 à 65 % selon les cas NDLR), contre 70% auparavant. L'impact est immédiat pour ceux qui n'ont pas de mutuelle, mais aussi pour ceux qui en ont une puisque ces transferts de charge sur les mutuelles (500 millions d'euros par an NDLR) se traduiront forcément par une hausse des cotisations, jusqu'à 10% pour 2024. Ce n'est pas ma conception de notre République », déclare Laurent Wauquiez.
Avec sa future mutuelle régionale, baptisée « Ma Mutuelle Région Auvergne Rhône-Alpes », l'élu déclare offrir une alternative aux offres déjà existantes sur le marché. L'objectif affiché est de faciliter l'accès aux soins à ceux ne pouvant s'offrir une mutuelle traditionnelle. Près de 300.000 personnes ne seraient en effet pas couvertes en Auvergne Rhône-Alpes. Cette nouvelle mutuelle ciblera aussi les habitants du territoire en recherche d'une offre plus compétitive, notamment les personnes non assurées dans le cadre d'une mutuelle d'entreprise : les étudiants, les jeunes actifs, les seniors ou encore les travailleurs non-salariés.
Stéphanie Gallo Triouleyre