Christophe Barraud : "Emmanuel Macron arrive dans une conjoncture favorable"
Steven Dolbeau
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Acteurs de l'économie - la Tribune. Emmanuel Macron bénéficiera-t-il d'une conjoncture favorable ?
Christophe Barraud. En tout cas, il arrive au meilleur moment. On prévoit cette année une croissance de 1,3 à 1,4 %, ce qui est le niveau le plus haut depuis les cinq dernières années. Par ailleurs, beaucoup d'indicateurs s'améliorent. La confiance des ménages revient au niveau de 2007, le climat des affaires à celui de 2011 et les défaillances d'entreprises ont nettement baissé l'année dernière.
Concernant l'Europe, c'est un peu la même chose. La croissance devrait atteindre 1,7 % cette année, grâce notamment aux réformes structurelles mises en places ces cinq dernières années par des pays comme l'Espagne ou l'Irlande.
Mais si l'on se projette, on voit qu'il y a encore de nombreux défis à relever. En Europe, il reste à trouver une solution pour la dette grecque et à négocier le Brexit. La question de la levée des sanctions sur la Russie, qui ont un impact de 0,2 à 0,3 point sur la croissance européenne, devra également se poser.
Dans les cinq prochaines années, on risque également de voir émerger des facteurs économiques défavorables : une hausse progressive des taux directeurs de la BCE, une remontée du prix du pétrole, une dépense publique limitée et une compétitivité encore trop faible.
L'élection d'Emmanuel Macron aura-t-elle un impact sur l'économie ?
Sa victoire, tant sur le moral des ménages que sur le climat des affaires, devrait avoir un effet positif comparable à celui que nous avons pu observer sur les marchés financiers. Il y a un sentiment de soulagement de ne pas avoir vu les extrêmes remporter l'élection.
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Sur la capacité d'Emmanuel Macron de créer de la croissance sur le long terme, cela dépendra du résultat des législatives. Je crois qu'il parviendra à obtenir une majorité relative qui devrait lui permettre de négocier des compromis avec Les Républicains. En l'état, son programme me semble de toute façon difficile à accomplir en totalité. Quant aux résultats concrets, il se peut qu'ils soient longs à obtenir. Pour moi, il sera difficile de quantifier un résultat sur l'emploi avant la fin 2018. Grosso modo on sait qu'il faut environ 1,5 % de croissance pour avoir une baisse du nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A et on devrait s'en approcher l'année prochaine.
Steven Dolbeau