Gérard Collomb nommé ministre de l'Intérieur
Marie-Annick Depagneux et Maxime Hanssen
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Il se rêvait Premier ministre ou ministre de l'Intérieur, et rien d'autre. La place Beauvau échoit à Gérard Collomb qui soufflera ses soixante-dix bougies le 20 juin prochain. Un maroquin au gouvernement, voilà ce qui manquait dans le CV bien rempli du premier édile PS de Lyon, vieux briscard de la politique. Nourrissait-il une rancœur de ne pas avoir été appelé à Paris où il avait vu partir certaines de ses anciens protégés, telle Najat Vallaud Belkacem ? Emmanuel Macron a su combler ce manque en donnant une place de choix - le ministère de l'Intérieur avec un rang de ministre d'Etat - à ce soutien de la première heure, qui n'a pas compté ses heures pour l'accompagner avec une ferveur non feinte pendant plus d'un an. A ce titre, l'accueil du futur Président de la République, alors ministre de l'Economie, à Lyon le 2 juin par l'édile lyonnais, dans un Hôtel de ville bondé, avait été fondateur.
Aux yeux de beaucoup Gérard Collomb était regardé comme un baron local pour toujours. Une chose est sûre, il aime Lyon où l'agrégé de lettres classiques est devenu conseiller municipal pour la première fois, en 1977. Dix-huit ans plus tard, il remportait la mairie du IXème arrondissement, le laboratoire qui lui permettra en 2001 de s'ouvrir les portes de l'Hôtel de ville avec une certaine complicité de Raymond Barre, le maire sortant. Une victoire conquise dans une cité réputée conservatrice.
Ce fils d'un ouvrier métallurgiste CGT et d'une femme de ménage, a entamé en 2014 son troisième mandat à la tête de la ville et du Grand Lyon devenu la métropole de Lyon, le 1er janvier 2016. Et il envisageait un tour de plus, même s'il a annoncé céder la mairie centrale à son "dauphin", le maire du 4e et patron local du PS, David Kimelfeld.
Encarté au PS depuis la fin des années soixante, Gérard Collomb est désigné président du Conseil national en 2003. Défenseur acharné de la ligne "réformiste" du parti, il prendra ses distances avec Solférino dès 2014. Il traversa le quinquennat de François Hollande, sans jamais être appelé au gouvernement, malgré sa brillante réélection aux municipales. Dès février 2013, il exhortait le Président à avoir un "langage clair pour les entreprises", l'appelant à assumer un socialisme de l'offre.
Marie-Annick Depagneux et Maxime Hanssen