« Quand Tony Parker est arrivé et qu'il a voulu racheter la station, tout le monde était content, on s'attendait à ce qu'il nous aide à avoir une vision différente sur la pratique du sport, se souvient Pauline Dalmais, représentante du collectif Vercors Citoyen à Villard-de-Lans. Mais finalement, on se rend compte que ce n'est pas la station qui l'intéresse, mais le projet immobilier derrière ». Et aujourd'hui, une partie de la population - à l'instar du collectif Vercors Citoyen - s'oppose au projet-phare de l'ex star de la NBA : la construction, sur le site de Villard-de-Lans Côte 2000, d'une résidence 4 étoiles proposant 900 lits répartis dans 132 suites-appartements, et comprenant également un centre d'activités indoor et des commerces.
Tony Parker, ancien champion de basket-ball reconvertit dans l'immobilier, a racheté, en 2019, la Société des remontées mécaniques de Villard-de-Lans et de Corrençon (SEVLC), stations iséroises du plateau du Vercors « dans la perspective d'en faire un lieu de découverte d'activités sportives, dans le cadre d'une transition du monde de la montagne », explique Pascal Vie, de la société Holiproject, coordinateur du projet. Il considère, pour sa part, que l'Ananda Resort - la résidence en question - est « vertueux par rapport à la prise de conscience que la montagne ne doit pas miser que sur le skier, et, au contraire, se réinventer ». Car avec l'impact du réchauffement climatique, les stations doivent aujourd'hui développer de nouveaux modèles pour survivre.
Le collectif Vercors Citoyen considère de son côté que l'Ananda Resort ne présente pas une alternative à ce qui a été fait jusqu'à présent. « C'est un projet désuet et hors propos. On a tous compris que ce n'était plus possible de faire des projets immobiliers gigantesques avec dix personnes qui s'en mettent plein les poches mais qui ne rapportent rien à la commune ! », ajoute Pauline Dalmais, qui estime que le projet est trop gros pour que les entreprises du plateau du Vercors puissent y participer.