Ce mardi, les salariés des remontées mécaniques sont appelés à la grève : les syndicats FO et CGT ont en effet déposé un préavis au sein d'une quarantaine de stations de l'Hexagone, afin de protester non seulement contre l'actuel projet de loi sur la réforme des retraites, mais aussi plus largement contre la modification du régime d'assurance-chômage des saisonniers, en vigueur depuis le 1er décembre 2021, et qui a fait grimper la durée minimale de travail pour recharger ses droits de quatre à six mois au cours des 24 derniers mois.
L'occasion de dénoncer une précarité jugée « grandissante » au sein d'une vivier de saisonniers qui emploie annuellement près de 120.000 salariés au coeur de l'Hexagone, dont près de 15.000 saisonniers dans le seul secteur des remontées mécaniques (contre 3.000 permanents).
Antoine Fatiga, délégué syndical CGT en charge de la question des saisonniers, rappelle à La Tribune que « les chiffres donnés par le bureau de l'Unédic pointent le fait que la seconde réforme de l'assurance-chômage a déjà conduit à une diminution ou un retrait des aides pour 2,5 millions de personnes à l'échelle nationale. De même que le projet du gouvernement visant à moduler l'indemnisation en fonction du taux de chômage de chaque région va aussi dans le sens d'une précarisation accrue ».
Pour Eric Becker, délégué syndical FO lui aussi en charge des saisonniers joint lui aussi par La Tribune, « on ne peut toutefois pas dissocier le dossier de la réforme du système des retraites, qui aurait une incidence grave sur le secteur des remontées mécaniques qui sont des métiers pénibles, et qui ne pourront pas décemment continuer de travailler après 60 ans, et la question de l'assurance-chômage qui impacte directement les carrières entrecoupées des saisonniers ».