A Chamonix, le CREA Mont-Blanc tente de faire essaimer le tourisme scientifique participatif
Anne Taffin
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Parmi les différents programmes proposés, Wild Mont-Blanc (qui consistait à identifier des animaux sur les photos prises par le CREA en montagne) est celui qui a le mieux fonctionné en termes de volume « avec des milliers de participants de plus de 70...
Denis Balibouse
Des neiges éternelles qui côtoient des forêts de mélèzes et d’épicéas, des lacs d'altitude sans oublier une faune et une flore d'une richesse incroyable : la vallée de Chamonix regorge de nombreux atouts qui attirent chaque année scientifiques comme touristes. Et si ces deux univers se rejoignaient pour associer tourisme et science ? C'est ce que tente de faire le Centre de Recherches sur les Ecosystèmes d'Altitude (CREA Mont-Blanc) grâce aux sciences participatives.
Les myrtilles sont-elles apparues en avance cette année ? Les jeunes grenouilles rousses sont-elles plus nombreuses qu'à la même période l'an passé ? Et quelle corrélation avec le changement climatique ? C'est ce type de recherches que réalisent le Centre de Recherches sur les Ecosystèmes d'Altitude (CREA Mont-Blanc) dans le Massif du Mont-Blanc.
Créée en 1996, cette ONG scientifique s'est développée autour d'un double ADN : mener des recherches concernant l'impact du changement climatique sur la biodiversité alpine et transmettre les connaissances acquises au plus grand nombre.
« Cette double vocation s'observe dans la composition même de l'équipe : sur la petite dizaine de salariés, la moitié ont des profils de chercheur en écologie alpine, l'autre moitié des profils dans la gestion de projets ou la diffusion d'informations scientifiques », confie Célia Bonnet-Ligeon, responsable valorisation et diffusion au CREA Mont-Blanc.
Une transmission qui passe par la formation de professionnels de montagne, d'accompagnateurs ou encore d'enseignants, mais aussi par les sciences participatives. Une initiative concrétisée en 2004 avec le projet Phenoclim, qui propose à divers publics (particulier, scolaire..) de participer à des protocoles de recherche et souvent d'observation dans le massif du Mont-Blanc, mais également dans les Pyrénées, le Jura, etc.
Au fil des années, ces expérimentations ont fait germer une autre idée : développer une offre de tourisme scientifique, confie la responsable de diffusion :« Le tourisme est apparu comme un moyen possible d'amplifier ces possibilités, en associant encore d'autres types de publics à la recherche scientifique. »
Pour vérifier l'intérêt d'une telle offre touristique, le CREA Mont-Blanc, l'Agence régionale pour la protection de l'environnement (ARPA) de la province italienne de la Vallée d'Aoste et la commune de Torgnon (Italie) ont lancé le projet TourScience. Mené dans le cadre du programme de coopération territoriale européen Alcotra 2014-2020, celui-ci visait à explorer, dès 2016, deux formes de tourisme scientifique : le tourisme culturel à contenu scientifique (médiation, animation, interprétation scientifique) et le tourisme de « science participative ».
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