Pour pouvoir accueillir une épreuve de Coupe du monde de biathlon, la station haut-savoyarde a dû recourir à de la neige produite et stockée en amont. Une pratique dénoncée par les associations de défense de l'environnement.Deux ans après, le scénario se répète. Alors que la station du Grand Bornand, en Haute-Savoie, s'apprête à accueillir une nouvelle fois une épreuve de la Coupe du monde biathlon, du 16 au 22 décembre, la station était encore verte en fin de semaine dernière : aucune chute de neige n'avait jusqu'alors permis de recouvrir les pistes. Comme en 2022, le Grand Bornand a donc eu recours au snowfarming : l'utilisation de neige stockée depuis l'an dernier ou produite sur place, grâce à des canons à neige.
Dans un communiqué, l'organisation met en avant « une gestion durable des stocks de neige » et précise que le bilan carbone de la fabrication, du stockage, du transport et de la mise en œuvre de la neige de culture représente 0,8% du bilan carbone global de l'événement. Avec près de 50% de la neige de culture stockée ou produite sur le stade, et 30% de neige transportée en moins, par rapport à 2022. Contactée par La Tribune, l'organisation n'a pas souhaité s'exprimer davantage sur le sujet.
«Ce n'est pas à nous d'adapter le territoire à ce que nous voulons faire »
« Je m'interroge sur le signal qu'on envoie en transportant de la neige par camion, avant la première chute de neige, déplore Vincent Neirinck, expert en protection de la montagne au sein de l'association Mountain Wilderness. Que cela représente 1%, ou 0,8% du bilan carbone... on trouvera toujours pire ailleurs. Mais surtout, ne changeons rien, ironise-t-il. Alors que c'est pourtant un impératif absolu pour que nos montagnes restent des espaces vivables ». Une polémique d'autant plus importante que le Grand Bornand fait partie des stations retenues pour accueillir des épreuves des Jeux olympiques d'hiver, en 2030.