Ce week-end, la ligne à grande vitesse entre Paris et Lyon sera interrompue. SNCF Réseau remplacera les 58 postes d'aiguillage de la ligne la plus fréquentée d'Europe afin d'installer le système de signalisation « ERTMS », qui vise à fluidifier le trafic et augmenter le nombre de trains. Mais la France est en retard sur son déploiement.Fait exceptionnel pour un week-end de jour férié, du samedi au mardi 12 novembre, la ligne à grande vitesse entre Paris et Lyon sera interrompue. Seuls 30 % des trains circuleront sur la ligne classique pour relier la capitale au sud-est de l'Hexagone. Les voyageurs devront prendre leur mal en patience : les temps de trajet vont doubler, voire davantage, pour rallier Lyon, Grenoble ou Marseille depuis Paris.
Cette interruption est quasiment inédite. Après six ans de travail et même une réflexion sur le doublement de la ligne, SNCF Réseau a finalement lancé de vastes travaux sur le système de signalisation de la première LGV française, longue de 460 kilomètres.
En cause, le système européen « ERTMS » (European Rail Traffic Management System), permettra, à partir de 2030, d'augmenter et de fluidifier les circulations sur cette ligne ouverte en 1981. Et ainsi faire circuler jusqu'à 16 trains par heure dans chaque sens d'ici cinq ans, contre 13 au maximum aujourd'hui. Soit 25 % de capacité supplémentaire.
Le sparadrap du gouvernement
De fait, la France est en retard. Aujourd'hui, environ 1.000 kilomètres de rails sont équipés sur 8.000 km à l'échelle européenne. Il s'agit des lignes à grande vitesse lancées après les années 2000 et adaptées dès leur conception : la LGV Est, la LGV Sud Europe Atlantique, et la LGV Bretagne Pays-de-la-Loire.
Entre Paris et Lyon, l'ERTMS sera d'ailleurs déployé très progressivement. Si les travaux d'installation sont bien réalisés en 2024, sa mise en service ne sera pleinement effective qu'en 2030.
Emma Rodot avec Léo Barnier