Le train de nuit entre Paris et Aurillac ne circulera finalement pas quotidiennement en décembre, contrairement à la promesse faite il y a un an par l’ancien ministre des Transports. Les élus locaux et les associations d’usagers redoutent que des contraintes budgétaires soient à l’origine de ce revirement.La promesse résonne encore : « À ma demande (...), j'ai le plaisir de vous confirmer que SNCF Voyageurs sera bien en mesure de procéder au passage de ce train sur une fréquence quotidienne à compter du service annuel 2025, qui débutera en décembre 2024 ». Cette déclaration de Clément Beaune date d'il y a un an, au moment du lancement en grande pompe de ce train de nuit entre Aurillac et Paris. Depuis, le ministre des Transports a changé. Clément Beaune a été remplacé par François Durovray.
Et force est de constater, qu'en ce début décembre, aucune rotation quotidienne n'est mise en place la nuit entre Aurillac-Paris. Ce service continue d'être disponible uniquement les week-ends et pendant les vacances scolaires.
« Nous avons reçu un mail, mi-novembre, de la direction de la SNCF qui nous disait que nous resterions au régime actuel en 2025. Le gouvernement nous a fait miroiter des choses et la déception est forte. Ce passage à un train quotidien permettait de pérenniser la ligne et de revitaliser le bassin d'emploi », se désole Stéphane Rigal, secrétaire général CGT cheminots dans le Cantal.
« C'est de l'enfumage »
La direction de la SNCF assure, de son côté, être prête. « Tout était planifié du côté des contrôleurs et des conducteurs, les roulements étaient montés », confirme Stéphane Rigal.
Mais en tant qu'opérateur, l'entreprise ferroviaire attend le feu vert de l'Etat. Contacté, le ministère des Transports indique ne pas pouvoir nous apporter de réponse dans l'immédiat, mais précise que des arbitrages sont en cours.
« L'argument de travaux sur la ligne a, semble-t-il, été évoqué », expliqueClaude Prat, président du Comité Fer Cantal, association pluraliste qui regroupe des usagers, des cheminots et des élus. « Mais c'est un faux argument. C'est même de l'enfumage. Des travaux, il y en avait cette année et cela n'a pas empêché les trains de circuler. Et puis, entre minuit et 5h du matin, le train reste à quai à Brive », poursuit Claude Prat, également maire de la petite commune du Glénat.