Selon les pronostics des institutions internationales, l’Afrique Centrale sera la sous-région africaine la plus impactée par la crise économique provoquée par la pandémie du coronavirus, en raison notamment de la forte dépendance de ces économies vis-à-vis du pétrole. Économiste et ancien ministre au Gabon ayant notamment chapeauté le portefeuille de l’économie nationale, Régis Immongault livre à La Tribune Afrique son analyse de la situation sous-régionale, tout en énonçant des pistes de sortie. L’économiste se prononce en outre sur la gestion de la crise dans son pays ou encore sur la...La Tribune Afrique - L'Afrique centrale (qui abrite une frange importante des exportateurs africains de pétrole : Guinée Equatoriale, Gabon, Cameroun, République du Congo et Tchad) sera la sous-région la plus économiquement affectée suite à la pandémie, avec en plus de la chute de sa croissance (jusqu'à -10,8% au pire), un déclin des recettes publiques et un ralentissement des investissements, selon la Banque mondiale. Quelles voies de sortie pour ces pays selon vous ?
Comme cela a déjà été démontré, la pandémie de la Covid-19, associée à la chute des prix des matières premières, a des effets nocifs sur nos économies. L'Afrique Subsaharienne en général et l'Afrique Centrale en particulier ne sont pas épargnées. C'est à la fois un choc brutal sur l'offre et sur la demande. A ce stade, il demeure beaucoup d'incertitudes quant aux perspectives de reprise potentielle. Il est de moins en moins probable que cette reprise soit en V comme l'avait prédit le FMI dans le dernier WEO du mois d'avril.
Tout cela conduit dans ces pays à une dégradation de la stabilité macroéconomique avec l'apparition des "twin deficits" (déficit du compte courant de la balance des paiements et déficit budgétaire), le tout accompagné d'un accroissement du ratio dette/PIB (du fait de l'augmentation de l'encours de la dette et de la dégradation du dénominateur qu'est le PIB en valeur) et de la décélération de la croissance dans presque tous les secteurs de l'économie.
La crise de la Covid-19 a donc des répercussions sur les économies d'Afrique centrale du fait du fort recul des exportations, consécutif aux mesures de confinement décidées par nos Etats et nos principaux pays partenaires. Le recul des exportations se conjugue avec le ralentissement de l'activité domestique, et la baisse de la demande agrégée qui en découle, expliqués par l'arrêt des activités dans certains secteurs tels que le tourisme et le transport et la restriction des importations des consommations intermédiaires pour d'autres secteurs.