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Think-Tank - La Tribune AfriqueEntretiens - La Tribune Afrique

Quelles priorités pour Marc Cagnard, nouveau DG Afrique subsaharienne de Business France ?

Marie-France Réveillard

Publié le 10 octobre 2022 à 14:00 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 03:43

Marc Cagnard

Photo d'illustration

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A l'occasion de la 4e édition d'Ambition Africa qui s'est déroulée les 4 et 5 octobre à Bercy et qui a réuni plus de 1 200 participants venus de 47 pays africains, La Tribune Afrique a rencontré Marc Cagnard, nouveau directeur général de la région Afrique subsaharienne de Business France. Quelles seront ses priorités ? Entretien.

La Tribune Afrique : Vous venez de prendre vos fonctions de Directeur général de l'Afrique subsaharienne chez Business France. Quel est votre parcours ?

Marc Cagnard : Je travaille depuis plusieurs années pour Business France et j'ai vécu dans plusieurs pays. J'ai pris mes fonctions en tant que responsable de la zone Afrique subsaharienne chez Business France, le 1er septembre dernier. J'arrive du « réseau France » qui comprend la Team France Export. J'étais jusqu'à présent, basé en région Auvergne-Rhône-Alpes, en charge de l'international, au sein de la CCI de région.

Quelle est votre expérience de l'Afrique ?

J'ai acquis une expérience dans plusieurs pays émergents, mais l'Afrique est une première pour moi. Auparavant, j'ai été en charge de la zone Proche et Moyen-Orient de Business France. J'ai également exercé au Vietnam et au Brésil. Je connais les problématiques que rencontrent les pays émergents. On peut retrouver en Afrique, des similitudes avec ce qui s'observe au Brésil, par exemple.

Que représente l'Afrique en termes d'engagements pour Business France, par rapport aux autres régions du monde ?

Elle fait partie des trois priorités de notre agence. C'est d'ailleurs une priorité nationale. Nous avons à ce jour, 80 collaborateurs sur le continent, nous disposons d'une dizaine d'implantations et d'une vingtaine de partenaires privés sur la partie amorçage, et 70 au total. En termes d'outils, nous avons des boosters et des accélérateurs mis à disposition des entreprises. Business France travaille étroitement avec BPI France et avec, l'AFD, l'Agence française de développement -notamment Proparco-, ainsi qu'avec les principaux acteurs français qui interviennent en Afrique. Nous essayons de créer un maximum de synergies pour que notre action soit la plus efficace possible.

Quelles sont les priorités que vous vous êtes fixées au sein du département Afrique subsaharienne ?

Nous sommes engagés sur une orientation d'accompagnement-export des entreprises françaises pour qu'elles rencontrent des partenaires locaux qui seront des importateurs ou des distributeurs. Nous voulons pousser nos entreprises à s'implanter sur le continent. Notre deuxième mission forte, est d'attirer les investisseurs africains vers la France. Ils sont de plus en plus nombreux. L'optique de l'investisseur est généralement d'acheter du Made in France pour le réexporter vers l'Afrique ou au sein de la diaspora africaine (...) En Afrique du Sud, une grande entreprise pharmaceutique, a racheté un site de production de GsK basé en Normandie (Aspen a investi 70 millions d'euros dans le développement d'une nouvelle ligne de remplissage de seringues pré-remplies de Fraxiparine, d'Arixtra et de Mono-Embolex, des anticoagulants contre les problèmes thromboemboliques, en 2014, ndlr).

De quelle façon les entreprises françaises en Afrique sont-elles réparties ?

A ce jour, nous servons environ 2.000 entreprises françaises en Afrique, dont environ un quart au Maghreb. En termes de secteurs d'activité, nous sommes sur 4 grandes filières : industrie, clean-tech, -qui comprend aussi l'énergie, la mobilité et l'environnement. Nous servons également le secteur de l'agriculture et l'élevage, la technologie et enfin, tout ce qui relève de l'art de vivre et de la santé. Néanmoins, il existe un intérêt dans tous les secteurs d'activité.

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Comment avez-vous défini cette nouvelle édition d'Ambition Africa et quels en sont les temps forts ?

L'année dernière, nous étions dans une période post-Covid 19, cette année nous mettons en avant, une nouvelle approche partenariale entre l'Afrique et la France, entre l'Afrique et l'Europe. Des besoins ont émergé après les crises. Il y a un besoin d'accompagner l'Afrique dans ses transitions. Nous travaillons en particulier, sur l'accompagnement de l'industrialisation à travers la « co-industrialisation »,-qui est un thème fort d'Ambition Africa 2022-, afin d'aider les filières africaines à se structurer.

Face aux crises, l'Europe a aussi besoin d'être dans un partenariat « gagnant-gagnant » avec l'Afrique sur des sujets liés à la sécurité, à la souveraineté et à la diversification des approvisionnements (...) Le nombre d'inscrits à cet événement n'a jamais été aussi important : 47 pays africains sont représentés, plus de 700 Africains y participent, dont une centaine en visioconférence. Nous notons cette année, une forte présence des Africains venus de l'Est du continent, et notamment du Rwanda.

Dans son intervention de ce jour, Christophe Lecourtier, directeur général de Business France, soulignait l'importance du caractère « humain » dans la relation Afrique-France. Cette relation est pourtant mise à mal par un sentiment anti-français qui enflamme les populations du Sahel. Dans quelle mesure cette situation impacte-t-elle les entrepreneurs français qui souhaitent s'orienter vers l'Afrique ?

Nous sommes surtout dans des pays où ces questions ne se posent pas. La demande des entreprises françaises est considérable vers l'Afrique de l'Ouest. Cela est sans doute lié à une proximité historique et linguistique. Par ailleurs, l'intérêt pour l'Afrique de l'Est grandit de plus en plus, en particulier pour le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda et l'Ethiopie. L'Afrique australe est encore vue comme lointaine et peut-être plus complexe par les entrepreneurs français pour le moment, mais nous y servons quand même 200 entreprises par an.

La France recentre sa relation avec l'Afrique autour de la jeunesse et des industries créatives et culturelles (ICC) depuis plusieurs mois, des sujets qui n'étaient pas au programme d'Ambition Africa cette année...

Nous organiserons d'ici quelques semaines, avec un cluster sud-africain, Proparco et Expertise France, un événement qui sera centré autour des ICC au sens large, en Afrique du Sud, orienté sur les jeux vidéo. Dans le secteur du digital, nous aurons aussi l'AfricaCom en novembre, un grand salon qui se tient à Cape Town et sur lequel nous serons présents avec une quinzaine d'entreprises.

Comment mesurer les impacts d'un évènement comme Ambition Africa ?

Cela est difficilement quantifiable, néanmoins l'année dernière, les deux-tiers des entreprises invitées y avaient entamé des négociations commerciales. Par ailleurs, le retour chaque année d'investisseurs africains, démontrent qu'ils y trouvent leur compte.

Quels sont les prochains rendez-vous organisés par Business France ?

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Nous organisons plus de 70 événements en Afrique subsaharienne et plus d'une trentaine au Maghreb, chaque année. Il y aura ce rendez-vous concentré sur l'accélérateur que nous mettons en place avec BPI France au Sénégal, en décembre. D'ici la fin de l'année, il y aura aussi des missions de régions françaises, notamment la Normandie en Côte d'Ivoire, et la semaine prochaine (entretien réalisé le 4 octobre, ndlr), nous organisons un événement avec Ethiopian Airlines, pour répondre aux besoins relatifs à son parc aérien et à ses infrastructures au sol. Une quinzaine d'entreprises françaises se rendront à Addis-Abeba.

Marie-France Réveillard

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