« Nous nous appuyons sur le potentiel de l’IA pour accélérer le développement de l’Afrique » (Hicham El Habti, Université Mohammed VI Polytechnique)

Laurence Bottero
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LA TRIBUNE - Quel est le rôle de l'Université que vous présidez ?
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HICHAM EL HABTI - La signature de l'Université c'est empowering minds. Ce motto concrétise le mandat qui est le nôtre depuis la création de l'Université et l'inauguration par sa Majesté en 2017 d'accompagner la jeunesse africaine dans la perspective de faire face aux défis auquel le continent est confronté. L'Afrique subit les conséquences du changement climatique alors que l'Afrique n'est responsable que d'une infime partie des émissions de gaz à effet de serre. Au lieu de rester immobile et de subir, nous avons la volonté de donner les outils pour que cette jeunesse africaine prenne le destin du continent en main. Cela relève d'une ambition beaucoup plus globale car pour nous l'Afrique va être la solution de toutes ces problématiques et cela, pour le compte du monde entier. Concernant la sécurité alimentaire, plus de 60% des terres arables non encore utilisées sont en Afrique. La sécurité alimentaire passe par une meilleure productivité et l'utilisation de terres non encore utilisées, or ces terres se situent en Afrique. Cela nécessite une nouvelle façon de faire de la révolution verte en apportant de la technologie, une meilleure compréhension des besoins du sol, des plantes... pour être dans une approche durable. Pour se faire, il y a besoin de développer des technologies, des innovations. Nous avons un parti pris : si les technologies sont globales, les innovations doivent être locales pour prendre en considération la réalité du terrain. Il faut, pour cela, être en lien avec tous les centres de recherche au niveau mondial car la science n'a pas de frontière. C'est le propre d'un laboratoire de recherche de former les jeunes avec pour ambition d'aider au développement de ces technologies, mais toujours en conservant l'objectif de les transformer en innovations locales à impact. Cela vaut pour les problématiques de l'eau, de l'agriculture, de la captation du carbone... Pour y parvenir, plusieurs initiatives ont vu le jour.
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