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Des prêts plus attractifs séduisent davantage d'étudiants

Rachel Montero

Publié le 03 juillet 2013 à 12:30

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Longtemps réservés aux grandes écoles, les prêts étudiants se démocratisent. La création d'une garantie publique, via Oséo, ainsi que la concurrence entre les banques pour capter une clientèle jeune et captive, ont permis d'améliorer les conditions proposées. Toutefois, renégocier son prêt s'avère souvent mission impossible.

À peine le baccalauréat en poche, le marathon commence pour beaucoup d'étudiants : finaliser son inscription, trouver un logement, voire un emploi d'appoint, mais aussi, pour un nombre croissant d'entre eux, faire le tour des banques afin de souscrire à un prêt. Selon l'Observatoire national de la vie étudiante, 6,4 % des étudiants avaient souscrit à un prêt en 2010, un chiffre qui se situerait maintenant aux alentours des 10 %.

Cette moyenne cache cependant de fortes disparités entre les étudiants des écoles de commerce ou d'ingénieurs qui recourent plus fréquemment aux prêts que ceux des universités. La raison est en grande partie liée aux coûts des études dans ces écoles. « Les frais d'inscription annuels d'une école de commerce sont compris entre 10 000 et 15000 euros. Il faut ajouter à cela, a minima, les frais de logement car les étudiants peuvent avoir été admis dans des écoles situées dans une autre région que celle dont ils sont originaires », précise Romy Lecoq-Champeau, directeur adjoint du marché des particuliers Caisse d'épargne.

Des garanties parfois difficiles à remplir

Cette différence serait aussi le résultat d'une politique délibérée des organismes bancaires. « Les banques offrent des conditions plus avantageuses aux étudiants des grandes écoles, elles segmentent en effet la population étudiante et s'intéressent plus particulièrement aux étudiants à haut potentiel qui, une fois actifs, disposeront de revenus confortables », prévient Christian Kamayou, fondateur de Financetesetudes.com, un site de courtage sur les prêts étudiants. Si cette situation a longtemps été vraie, elle est en train d'évoluer grâce aux garanties proposées par l'État via Oséo depuis 2008, mais aussi à la concurrence à laquelle se livrent les banques pour conquérir une clientèle jeune et... captive.

Les banques partenaires d'Oséo - à savoir les Caisses d'épargne, le Crédit mutuel, la Société générale, le CIC et les Banques populaires -peuvent accorder des prêts à des étudiants pour un montant maximal de 15000 euros, la garantie étant assumée à la fois par Oséo à hauteur de 70 % et par les banques partenaires à hauteur de 30 %. En 2012, plus de 12200 crédits ont été garantis par Oséo, pour un montant de financement octroyé par les banques de près de 100 millions d'euros, le montant moyen des prêts étant de 8000 euros.

Pression sur le budget oblige, cette enveloppe aurait été réduite pour 2013. « Cette année, une première dotation a permis de rouvrir le dispositifau mois de février, mais elle a été très vite utilisée. Une nouvelle capacité d'engagement vient d'être accordée par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, les prêts étudiants Oséo distribués par Société générale seront donc à nouveau accessibles », indique Cécile Borie-Gallet, chef de produits prêts étudiants à la Société générale.

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Toutefois, une grande partie des étudiants ne pourra pas avoir accès à ces prêts et devra disposer d'une garantie parentale. Pour les étudiants issus d'un milieu défavorisé, il s'agit d'une condition difficile à remplir. « On évalue la caution d'un prêt étudiant sur les mêmes critères qu'un crédit à la consommation, le garant ne doit pas être endetté pour un montant supérieur à 30 % de son revenu ou doit disposer d'un reste à vivre suffisant. En revanche, dans certains cas, l'étudiant n'aura pas obligatoirement besoin de la caution d'un tiers, par exemple s'il est dans un dispositifen alternance et dispose d'un revenu suffisant », indique Romy Lecoq-Champeau.

Remboursements différés jusqu'à cinq ans

Cette caution est d'autant plus importante qu'il arrive fréquemment que les parents doivent commencer à rembourser le prêt, l'étudiant prenant le relais dès qu'il commence à travailler. Il est en effet très difficile pour un étudiant de parvenir à négocier avec sa banque un report des échéances car ce type de prêt est déjà associé à des remboursements différés pour une durée maximale de cinq ans. Au bout de cette période, l'étudiant doit commencer à rembourser, qu'il ait trouvé ou non un premier emploi. Il a également la possibilité de commencer à rembourser tout de suite son prêt ou encore de le faire partiellement (différé partiel) ; dans ce cas, il ne remboursera que les intérêts et la cotisation d'assurance. Bien évidemment, opter pour un différé coûte plus cher.

Reste que les taux d'intérêt sont en ce moment très intéressants. Les Caisses d'épargne viennent de lancer une offre ouverte de mai à d'octobre 2013 avec un taux (TAEG) à 1,9 % pour un montant d'emprunt compris entre 1000 et 45000 euros et une durée maximale de dix ans dont cinq ans en différé. Un produit d'appel qui force les banques concurrentes à s'aligner. « Les étudiants de nos 850 écoles partenaires peuvent bénéficier d'un taux réduit, parfois inférieur à 2 %. Le taux pratiqué est étudié au cas par cas, et dépend notamment de la situation actuelle et future du jeune. L'essentiel de nos prêts étudiants sont proposés à des taux compris entre 2 et 4,3 % », précise Cécile Borie-Gallet.

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Les courtiers peuvent aussi parvenir à négocier des tarifs intéressants. « Les étudiants consultent plusieurs banques, mais n'ont pas le réflexe de négocier. En tant que courtier, nous pouvons le faire pour eux et obtenons des prêts à des taux inférieurs entre 0,2 et 0,5 % à ce qui se pratique en agence bancaire », assure Christian Kamayou. À cela, il faut ajouter les assurances décès et invalidité qui, si elles ne sont pas obligatoires, sont chaudement recommandées par les banques, pour un coût moyen de 0,3 % du capital. Enfin, les banques proposent de plus en plus des crédits complémentaires - pour un montant de 1000euros à la Société générale et aux Caisses d'épargne, très actives dans ce domaine. Ces prêts sont gratuits et sans frais de dossiers. De quoi susciter de fortes envies... Aussi rappelons qu'un prêt, fut-il avantageux, doit toujours être remboursé !

Rachel Montero

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