Les PME, une nouvelle source de rendements pour les épargnants

 |   |  1015  mots
Le projet de loi de Finances pour 2014 devrait prévoir la création d'un compartiment PME/ETI dans les plans d'épargne en actions...
Le projet de loi de Finances pour 2014 devrait prévoir la création d'un compartiment PME/ETI dans les plans d'épargne en actions... (Crédits : REUTERS)
Le projet de loi de finances pour 2014 devrait prévoir la création d'un nouveau compartiment au sein des PEA, qui sera dédié aux PME et aux ETI. Des investissements qui, s'ils sont bien choisis, pourraient bien doper la performance des placements dans ces enveloppes fiscales...

Projet phare des Assises de l'entrepreneuriat, la création d'un plan d'épargne en actions (PEA) consacré aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux établissements de taille intermédiaire (ETI) devrait figurer dans le prochain projet de loi de finances pour 2014. Si les contours du nouveau PEA n'ont pas encore été dévoilés, les titres éligibles sont déjà connus. « Les entreprises cotées classées dans les petites et moyennes capitalisations ou encore les micro-entreprises non cotées devraient être éligibles au nouveau compartiment du PEA, leur capitalisation devrait être comprise entre 1 euro et 1 milliard d'euros », indique Olivier Bourdelas, président d'Inocap. 

Par ailleurs, le PEA-PME constituera certainement un compartiment des PEA déjà existants. Il n'y aura donc pas création d'un nouveau produit, mais augmentation des plafonds de versements. Ainsi, le PEA dont les versements sont limités actuellement à 132000 euros va pouvoir accueillir jusqu'à 150000 euros, auxquels on ajoutera un nouvel étage avec des versements allant jusqu'à 75000 euros pour investir dans les PME et les ETI. Au total, la nouvelle enveloppe s'élèvera donc à 225000 euros. Et si on intègre les revalorisations des titres, elle pourra être bien supérieure.

Des rendements attractifs pour les petites et moyennes capitalisations
Cette réforme constitue une réelle opportunité pour les épargnants, car les petites et moyennes capitalisations affichent des profils de rendement attractifs. Sur trois ans, leur performance a été de 47 % en moyenne, selon Morningstar, contre 24 % pour l'Euro Stoxx 50, qui intègre les grandes capitalisations. Sur une période encore plus longue, à savoir cinq ans, la surperformance est tout aussi flagrante puisque les petites et moyennes capitalisations ont atteint une moyenne de 17%, contre un rendement négatif de - 6 % pour l'Euro Stoxx 50.

En revanche, depuis un an, cette surperformance n'est pas vérifiée, l'Euro Stoxx 50 affichant un rendement de 34%, contre 27% pour les petites et moyennes capitalisations. Mais il faut souligner que le contexte actuel est très particulier, les investisseurs se focalisant - compte tenu de la récession en Europe - sur les grandes entreprises exportatrices qui vont chercher de la croissance en dehors du Vieux Continent.

Une place de marché des PME et ETI
La surperformance historique des petites et moyennes capitalisations s'explique par de nombreux facteurs : elles sont plus flexibles que les grandes entreprises, exploitent souvent des niches de marché, sont de façon générale détenues par un management familial qui privilégie une approche de long terme, et enfin, elles sont peu suivies par les analystes, ce qui crée des opportunités d'investissement pour les spécialistes.

Ce segment va devenir d'autant plus intéressant en France que les réformes ne se contentent pas d'élargir le PEA, mais vont aussi assez loin dans la promotion des investissements réalisés dans les petites entreprises. « La Bourse de Paris vient de créer EnterNext, une nouvelle place de marché des PME et ETI qui regroupe les entreprises cotées sur Alternext, Eurolist B et Eurolist C et dont la capitalisation boursière est inférieure à 1 milliard d'euros. Les particuliers, mais aussi les professionnels, pourront ainsi plus facilement identifier les PME et les ETI, ainsi que leur potentiel. Un nouveau contrat d'assurance-vie éligible aux PME et ETI devrait également voir le jour. Tout cela devrait inciter les analystes à suivre davantage ces entreprises et les gérants à proposer de nouveaux produits dédiés. Un écosystème devrait se créer autour du financement des PME et des ETI », indique Olivier Bourdelas.

Pour profiter de ce nouveau potentiel, la société de gestion Inocap vient de lancer un nouveau FCP, appelé Quadrige, composé exclusivement de valeurs d'EnterNext. D'autres lancements devraient suivre. Déjà, les particuliers peuvent accéder à des produits assez performants. Sur un an, les dix meilleurs fonds investis sur l'Europe, d'après Morningstar, ont généré une performance comprise entre 47 % et 34 %. On trouvera parmi les premiers des anglo-saxons comme J.P. Morgan ou encore Franklin Templeton, mais aussi des sociétés de gestion françaises entrepreneuriales comme Comgest, Mandarine Gestion ou encore la Financière de l'échiquier. 

Les obligations seront éligibles au PEA
Les petites et moyennes capitalisations ne sont pas les seules nouvelles opportunités qui pourront figurer dans le PEA, les obligations pourraient également faire leur entrée. « Les obligations d'entreprise devraient être éligibles au nouveau PEA, cela est très positif car les épargnants pourront ainsi réduire l'exposition de leur PEA aux marchés actions et ainsi diminuer le risque de leur portefeuille », précise Antoine Dadvisard, président du directoire de Matignon Finances.

Déjà, certains produits aptes à réduire le risque sont éligibles au PEA tels les ETF (fonds indiciels cotés), qui permettent de s'exposer aux marchés actions tout en utilisant des instruments de couverture ou en contrôlant la volatilité. Par ailleurs, d'autres ETF, comme ceux répliquant les indices émergents, augmentent la prise de risque, mais aussi l'espérance de gains. Une grande diversification sera donc possible dans cette enveloppe dont la fiscalité demeure très attractive.

Sortie en rente viagère défiscalisée
Le PEA permet en effet de défiscaliser les plus-values et les dividendes perçus. À une condition : le conserver pendant au moins cinq ans. Entre cinq et huit ans de détention, toute sortie du PEA entraîne sa clôture, cependant les épargnants ne seront soumis qu'aux prélèvements sociaux, qui s'élèvent actuellement à 15,5%. Au-delà de huit ans, les sorties du plan sont possibles tout en conservant cette enveloppe fiscale. Et là encore, seuls les prélèvements sociaux seront appliqués. En revanche, les réinvestissements ne sont alors plus autorisés. En outre, il existe une possibilité méconnue. En effet, comme le précise Jean-François Valentin, directeur marketing et commercial chez 360 AM, « le PEA permet une sortie en rente viagère défiscalisée. Cela en fait un bon outil pour préparer sa retraite ». Dans un contexte plutôt porteur pour les marchés actions, le PEA constitue donc un outil à ne pas négliger.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/07/2013 à 11:43 :
Un entrepreneur qui a besoin de financement peut faire appel, dans l?ordre, à :
1- ses fonds propres
2- ses bénéfices
3- un prêt de banque
4- une émission obligataire
5- ses actionnaires

C?est quand on ne peut plus s?entendre avec ses banques que l?on est obligé de faire entrer le loup-actionnaire dans la bergerie.
Et quand on ne s?entend plus avec sa banque, c?est qu?il n?y a plus de gros sous à gagner pour le prêteur. Favoriser l?actionnaire par des manigances fiscales n?est que l?extériorisation de la défaillance des banques.
Miroir aux alouettes, on nous repasse le bâton?crémeux
a écrit le 02/07/2013 à 3:57 :
Cet été, lisez le livre interdit "Têtes à Flaques" en ligne sur :
http://www.amazon.fr/Têtes-à-flaques-ebook/dp/B00A5ZVJIC/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1364388957&sr=8-1
ou sur :
http://www.thebookedition.com/thiellee--patrick-tetes-a-flaques-p-98534.html
a écrit le 30/06/2013 à 20:21 :
Excellente nouvelle, et de la part de la gauche!! (Ben oui, quand c'est bien faut le dire aussi...).

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :