Immobilier : comment remettre des maisons dans les villes

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Copyright Reuters (Crédits : VELUX/Nomade Architectes/Adam Mø)
Au regard de la demande soutenue des Français pour habiter dans des maisons, les aménageurs-lotisseurs prônent de réintégrer leur construction dans les plans d'urbanisme. Mais aussi pour limiter l'étalement urbain.

Faut-il remettre la construction de maisons au centre des documents d'urbanisme ? C'est en tout cas ce que demandent les aménageurs-lotisseurs de France. Pour limiter l'étalement urbain, ils militent ainsi pour que de nouvelles zones d'aménagement mixte, qui contiennent des logements individuels et collectifs, se montent en périphérie des grandes villes. Ce n'est pas le cas pour l'instant, car les élus concernés privilégient les immeubles aux maisons, par souci de densité notamment.

Les maisons en lots aménagés ont baissé de 50% depuis 2006

Les mises en chantier de maisons en lots aménagés, davantage maitrisées par les collectivités, "ont ainsi baissé de 50% depuis 2006", soit le plus fort recul parmi tous les types de logements, indique Laurent Escobar, directeur associé du cabinet Adéquation, spécialisé dans les observatoires des marchés immobiliers du neuf.  Ce refus de construire de maisons en lots aménagés près des centres urbains "n'efface en revanche pas la demande. En effet, 80% des français souhaitent vivre dans une maison", indique Roger Belier, le président du syndicat national des aménageurs-lotisseurs (Snal).

Les ménages se reportent vers les maisons en secteur diffus

Du coup, les ménages se reportent vers les logements individuels en secteur diffus, c'est-à-dire les maisons construites seules et qui ne font pas partie d'un programme de lotissement. Ils sont en revanche contraints de construire leurs maisons loin des zones urbaines, là où les documents d'urbanisme sont plus souples. De ce point de vue, "on contribue à développer l'étalement urbain, au lieu de le maîtriser", déplore Roger Belier. In fine, "nous assistons à une déprise de la maîtrise par les collectivités de la production de maisons", ajoute-t-il.

Une densité plus appropriée dans les zones d'aménagement mixte

En plus de ramener les ménages à proximité des centres urbains, et donc de leur lieu de travail, le développement de zones d'aménagement mixte permettrait de favoriser l'économie d'espaces. Le Snal et le cabinet Adéquation estiment en effet qu'aujourd'hui la densité dans les zones d'aménagement mixte est de l'ordre de 32 à 38 logements par hectare, là où le chiffre idéal de 40 logements par hectare est souvent avancé pour les zones périurbaines.
Aujourd'hui, le secteur des maisons en lots aménagés n'inclut que 18 logements par hectare. il faut dire qu'il se situe à plus de 80% dans les zones où la demande de logements est la moins forte (zones B2 et C).  Pis encore, le secteur de l'individuel diffus, également très éloigné des centres urbains, comportait en 2012 environ 8 logements par hectare. Moins organisé, il est également quatre fois plus consommateur de surfaces que le secteur de l'individuel aménagé, selon le Snal.

Les maisons moins chères que les logements dans les immeubles

En matière de prix à l'achat pour les ménages, intégrer davantage de maisons dans des zones plus tendues pourrait en outre avoir un impact positif. Laurent Escobar indiquait ce lundi que le coût de revient d'un logement dans un immeuble est aujourd'hui 1,5 fois plus élevé que celui d'une maison.
Il l'explique par des honoraires de gestion plus importants facturés par les promoteurs, des coûts supplémentaires liés par exemple aux parties communes des logements collectifs ; ainsi que par le prix du foncier plus important dans les zones urbaines, là où sont construits les immeubles. Les lotisseurs-aménageurs devraient en revanche voir ce dernier poste de coût croître mécaniquement s'ils réussissent à investir les zones proches des centres urbains.

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a écrit le 09/04/2013 à 13:11 :
Le problème me parait un peu plus complexe que çà : 1) "la densité des maisons en lots aménagés n'inclut que 18 logements par hectare" : ben oui, les français ne veulent pas seulement habiter dans une maison, mais dans une maison AVEC DE L'ESPACE AUTOUR, et pas dans des cages à lapins hyper-serrées les unes contre les autres (sinon, autant habiter en appartement !) et 2) "le coût de revient d'un logement dans un immeuble est aujourd'hui 1,5 fois plus élevé que celui d'une maison" : évidemment, puisque les immeubles sont majoritairement construits en ville où le coût est forcément plus cher (sans compter les intervenants de tout poil qui ne se gênent pas pour se sucrer au passage !). D'où le fait que les français partent construire leur maison en pleine cambrousse !
a écrit le 09/04/2013 à 13:00 :
Nos politiciens sont champions pour vouloir nous entasser dans des cabanes à lapins, mais ce sont bien les derniers à montrer l'exemple !
a écrit le 09/04/2013 à 12:32 :
comment une maison peut reellement etre moins chere qu un appartement ? a part en megotant sur la qualite, je ne vois pas
un immeuble mutualise les couts contrairement a une masion. il y a certes des depense en plus (ascenceur par ex) mais par raport a l economie faite sur le m2 de terrain, ca na rien a voir

sinon encore un article des pauvres promoteurs qui demande a maman etat de leur faire une place (voire une subvention comme le ptz ?) afin de vendre leurs merdes
Réponse de le 09/04/2013 à 14:22 :
Pour les immeubles, ils y a souvent des choses qui coûtent très cher (parking souterrain obligatoire, etc), et le foncier coûte aussi les yeux de la tête. Mais comme la maison individuelle est une quasi aberration hors cas particuliers (et encore ...) ...
Réponse de le 09/04/2013 à 14:35 :
bien d'accord .par ailleurs il y aura de moins en moins de personnes pouvant accéder à la propriété ,faute d'argent .il est terminé le temps où en 20 ans on doublait son salaire .maintenant il faudrait 80 ans .on se dirigera de + en + vers la location de logements sociaux . .d'autre part des constructions peu gourmandes en énergie coutent cher .et un des soucis de demain sera de se nourrir ,donc consacrer de l'espace aux cultures .ce qui se détruit chaque jour d'espace de terres cultivables est vertigineux .
a écrit le 09/04/2013 à 12:04 :
Des maisons individuelles BBC en centre-ville prioritairement dévolues au logement social des moins économiquement viables de nos concitoyens. Si on mélange bien les utopies de nos actuels élus voilà à quoi on devrait logiquement aboutir.
a écrit le 09/04/2013 à 11:06 :
Si c'est pour y mettre des maisons du style de celle qui est en photo, il est préférable de s'abstenir.
En ville, il serait préférable d'y remettre des commerces.
Réponse de le 16/12/2015 à 20:36 :
Nous proposons au gouvernement la reprise des intérêts sur livret A et pel sur les retraites supérieures à 1200 euros
Réponse de le 16/12/2015 à 23:57 :
Il est inutile d'attendre de Villeroy de G la moindre idée neuve sur quelque sujet que ce soit..Il fait de la politique
Rappelons que malgré son riche pedigree il avait été incapable de trouver la moindre idée crédible dans son rapport de sélection sur l'investissement ..
a écrit le 09/04/2013 à 10:00 :
d'un côté du social plein pot avec personnes qui ne payent plus rien et de l'autre des maisons individuelles pour des personnes qui bossent dures et tout ça en ville ? Ce n'est pas compliqué à comprendre "ce n'est plus possible" car évidement le quartier avec ces jolies petites maisons aura son quota de je ne sais quoi en plein milieux pour éviter des "disparités" et autres débilités actuelles !
Réponse de le 09/04/2013 à 11:26 :
Quota: bien sûr! Il ne faudrait surtout pas oublier et augmenter les places et équipements obligatoires destinés au quota des handicapés mentaux pour lequel ceux qui nous dirigent prévoient et font le nécessaire afin qu'il augmente exponentiellement!
a écrit le 09/04/2013 à 9:29 :
non au développement de la maison individuelle . il faut préserver les terres agricoles .des politiques suicidaires ont été menées depuis des décennies avec la construction de lotissements . a l?intérieur des villes il faut densifier .tout étalement coute cher à la collectivité.les élus doivent résister à ce trop d'individualisme .
Réponse de le 09/04/2013 à 10:30 :
Encore un khmer vert qui veut mettre tout le monde dans des tours ! Et bien , nous sommes 80 % à vous dire NON ! Après il faut peut être repenser l'aménagement des secteurs lotis pour que répondre à la demande légitime de tous tout en ménageant la pression sur l'environnement .
Réponse de le 09/04/2013 à 11:26 :
@ je ne sais qui qui parle de khmer . on voit que vous ne vous sentez pas clair avec les secteurs lotis .tout n'est pas perdu .
a écrit le 08/04/2013 à 22:02 :
+1000000000000 !
a écrit le 08/04/2013 à 20:01 :
Le debat individuel collectif est sans interet. Le seul mot d'ordre devrait etre qualite. Si l'individuel investit cette dimension alors il aura droit de citer a defaut il n'apportera rien de plus que le collectif des lgts cheap sans interet quelques mois après avoir ete construits et parfois avant.
a écrit le 08/04/2013 à 19:38 :
Il faut stopper l'implantation des zones commerciales, c'est au détriment de l'habitat, la France est la championne mondiale de la grande distribution. Pour quel résultat? en cassant les prix de façon symbolique sur quelques produits, elles se sont enrichies et ont détruit des milliers d'emplois, artisans commerçants fournisseurs et paysans. C'est l'empire du hangar, avec un désastre écologique, du bitume, rien que du bitume, et du béton, et des hectares captés par les promoteurs.
Réponse de le 08/04/2013 à 21:21 :
+ 1000 ; Chaque village (grand sud de Paris) possède son magasin de grande distribution bas de gamme et qui sont des verrues architecturales immondes ; conclusion, les commerçants de qualité disparaissent.
Réponse de le 09/04/2013 à 8:51 :
Et comme si cette hypocrisie complaisante de nos élus pour les ''grandes surfaces'' (c'est eux qui les nomment ainsi!) et les promoteurs qui stérilisent la Terre ne suffisait pas, les mêmes, sans doute pour préserver les équilibres, prônent et forcent les décisions pour aboutirent à leur nouveau dada: la densification urbaine. C'est ainsi que d'une belle et néanmoins modeste propriété de village, ils vous font un hideux lotissement avec des maisons construites sur des mini-parcelles de 250 m2, voire moins où les voisinages promis serot la guerre à cause des cris des enfants ou des odeurs de sardine du barbecue. Honte sur eux!
Réponse de le 09/04/2013 à 17:47 :
Le problème n'est pas uniquement inhérent aux grandes villes, j'habite dans une petite ville de 2500 habitants en province il existe un hyper marché qui vient de s'agrandir, surface +8000m2,résultat de la loi LME de 2008, pour cela il a détruit plusieurs maisons. mais le comble, la commune a crée une zone commerciale avec un autre hyper marché, à quelques mètres, qui vient d'acquérir + de 10 000 mètres carrés de vignes et terres cultivables avec la complicité des élus. Le résultat c'est la faillite de plusieurs petits commerces, une captation du foncier qui éloigne l'habitat du centre et détruit l'environnement.

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