Art déco, grands objets, petits prix

Suite de la dispersion de la collection Nero.
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Laurent Nero a hérité de la fortune de son père, créateur de l'entreprise de travail temporaire Bis, mais aussi de sa passion pour les arts décoratifs de la première partie du XXème siècle. En conflit avec la municipalité et les services des Bâtiments de France qui lui interdisent la plantation d'arbres de collection achetés plusieurs centaines de millions d'euros dans son château de Gourdon (Alpes-Maritimes), il décide de fermer au public cette superbe demeure du Xème siècle abritant un étonnant musée dédié aux arts nouveaux et "déco" et de tout vendre à l'encan. Ce sont donc plusieurs milliers d'objets sont sont ainsi mis aux enchères à Paris par Christie's France.

Experte en mise en scène, la société de ventes aux enchères a ainsi présenté les plus belles pièces dans un décorum de prestige: 17.000 visiteurs ont ainsi fin mars pu admirer ces objets signés de plus notables créateurs du genre. La première vacation, déroulée sur deux jours, aura été une semi-réussite, et si le total (avec les inévitables frais) a dépassé les 42 millions d'euros, seuls quelques lots remarquables ont déchainé la passion: la chaise longue "aux skis" de Ruhlman (interdite de sortie de France) a été adjugée 2,86 millions d'euros et le bureau Tardieu toujours de Ruhlmann a été adjugé au ras de l'estimation basse, par la galeriste Cheska Vallois à 2,3 millions d'euros frais compris. Laurent Negro l'avait acheté 1,8 million de dollars quelque temps avant. Tout comme il avait acquis il y a dix an, pour 1,5 million les boiseries du fumoir de Dunand qui trouvaient péniblement acheteur à 1,9 million d'euros. Autres exemples, la lampe de parquet "religieuse" de Chareau atteignait 330.000 euros, pour une estimation de 500.000. Elle n'a pas été vendue, pas plus que la table à jeux et ses quatre chaises, un must de Dunand acceptée à 2,6 millions, en dessous des 3 à 5 millions d'euros.

La deuxième vente a lieu les 29 et 30 juin: Christie's met aux enchères 492 lots d'objets nettement moins prestigieux mais très interessants, car, souvent accessoires, ils viennent compléter et enrichir un ensemble. C'est l'occasion pour les amateurs moins fortunés de ces arts décoratifs toujours en vogue de dénicher une pièce de grande qualité - dans ce domaine la provenance est essentielle - qui réhaussera leur intérieur dédié à l'art déco. Ici, les estimations ne dépasssent généralement pas les 10.000 euros. Ainsi, on trouve nombre de vases d'André Theuret (de 800 à 6.000 euros), une suspension de Jean Prouvé (7.000 euros), une coiffeuse en opaline et verre (5.000 euros), une lampe de table de Lallemant (3.000 euros), des sculptures animalières de Jan et Joël Martel (de 3.000 à 9.000 euros), une pendule carrée d'Adnet (3.000 euros),une lampe projecteur Strand (1.200 euros), une paire de chaises et un fauteuil de Mallet-Stevens (7.000 euros), deux tapis d'après Léger, un jaune (8.000 euros) et un blanc (10.000 euros), une table basse lumineuse de Perzel (7.000 euros) et même un aspirateur Electrolux de 1937 (2.000 euros) ou une chaufferette de 1935 (2.000 euros).

Pour le mobilier, les estimations sont plus conséquentes: une coiffeuse en sycomore de Chareau (60.000 euros), une paire de plafonniers de Chevallier-Koechlin (60.000 euros), une paire de vitrines de Leleu et Dunan (50.000 euros), un bar en fer peint de Mallet-Stevens (15.000 euros) ou un lampadaire en acier d'Adnet (15.000 euros).

Les 29 et 30 juin, 9 avenue Matignon, Paris 8ème, renseignements: www.christies.com

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