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La nouvelle révolution de la formation à distance

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Alors que l'e-learning se concentre sur un enseignement 100% sur Internet, le blended learning développe un savant mélange d'apprentissage à distance et de séminaires « physiques » recentrés sur les échanges et les applications pratiques. Quatre responsables de formation expliquent leur approche.

Voilà déjà une bonne dizaine d'années que la formation à distance a fait sa révolution technologique. Mais le perfectionnement des outils a fortement amélioré l'offre : modules de cours sur PC, puis sur tablettes et smartphones, classes virtuelles, forums et outils de communication entre apprenants sont devenus plus simples et plus attractifs.
En 2000, Steve Fiehl a fondé CrossKnowledge, une société française leader mondial dans l'e-learning. « Il y a quatre avantages reconnus pour les entreprises. Le coût, qui peut passer de 50 euros de l'heure en présentiel à 5 ou 10 euros de l'heure si on déploie massivement; un accès facilité pour des salariés éparpillés; la rapidité pour développer de nouveaux modules de formation; et une meilleure "mesurabilité" des résultats », résume Steve Fiehl.

Un meilleur ancrage mémoriel

Revenues de la formation 100% à distance, les entreprises se tournent à présent de plus en plus vers le blended learning, une combinaison de dispositifs d'enseignement à distance et en salles de réunion qui répondent mieux aux besoins des entreprises et des collaborateurs. Guy Boudarel dirige Campus Casino, l'université d'entreprise du Groupe Casino. « Au début des années 2000, on a commencé à offrir les modules à distance, mais il y avait des problèmes de motivation et d'assiduité, constate-t-il. Le blended learning est un mélange de contenus apportés en présentiel et à distance qui donne un ancrage mémoriel supérieur car la formation s'étale sur plusieurs semaines ou mois, plutôt que sur quelques jours. À distance, on consulte des modules à sa guise. En présentiel, on fait des exercices et de l'échange. C'est un virage important pour les 35-45 ans. Mais les nouvelles générations auront pratiqué ce mode d'appren-tissage dans leur scolarité.» Une formation à la communication destinée à des managers intermédiaires, par exemple, alterne cours en classe, conférences Web et modules à distance, tandis qu'une formation sur l'accompagnement au changement a été repensée autour de cinq jours en présentiel, et de 14 modules à distance.

Patrick Benammar, directeur de la formation de l'équipementier Valeo, est également un converti au blended learning, qu'il applique auprès d'ingénieurs, de managers et de cadres implantés dans une trentaine de pays.« Le blended learning, ce n'est pas créer un contenu automatisé et appuyer sur un bouton pour l'envoyer à tous, fait-il remarquer. On peut préparer un séminaire efficacement avec un message homogène consultable dans la langue de chaque participant et de façon flexible. Pendant le séminaire, on se concentre sur la mise en pratique et l'application individuelle. C'est un mode d'apprentissage tourné vers les besoins concrets de chacun, où il peut exploiter au mieux ce qui est mis à disposition. »

Une pratique qui consolide le lien social

Dans le Nord-Pas-de-Calais, la Fondation Hopale (2500 salariés) regroupe 14 établissements de santé spécialisés dans le squelette et le système nerveux. « Notre objectif était d'optimiser le coût de la formation en travaillant sur l'efficience pédagogique. Nous privilégions le patient et avions des taux d'annulation élevés pour les formations intra-muros. Nous avions besoin de souplesse », explique Snezana Walz, directrice de la stratégie du développement pour la Fondation Hopale. Pour satisfaire, voire dépasser, les objectifs légaux en matière de formation, elle devait aussi démultiplier son offre. « Sur la sécurité et l'hygiène, nous avons des solutions de blended learning avec des modules à distance qui traitent des prérequis, suivis d'une demi-journée en présentiel pour travailler sur des cas pratiques », explique-t-elle. Snezana Walz s'est tournée vers Demos, un organisme de formation présent en Europe depuis trente-neuf ans.

Patrick Benammar constate que les collaborateurs de Valeo en Inde, en Chine ou en Égypte, déjà habi-tués à l'enseignement à distance, n'ont pas la même vision négative du e-learning que l'on peut encore observer en France. « Pour que le changement prenne, précise-t-il, nous avons commencé avec les managers du groupe. Maintenant, ils posent moins de questions sur le retour sur investissement, car ils voient des résultats immédiats. »


Beijaflore est un cabinet de conseil en management. Pour former ses quelque 680 consultants, Angélique Thoquenne a d'abord tenté le 100% e-learning. « Mais dès 2009, nous sommes passés au blended learning pour solidifier le lien social entre les consultants et partager l'expertise. Notre enjeu en 2013 est de terminer la mutation de nos formations en blended learning. Ce n'est pas un effet de mode, c'est un changement structurel car les consultants ne voient plus la formation comme un temps d'apprentissage passif. C'est le retour à l'humain... »

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Commentaires

Olamiro  a écrit le 14/05/2013 à 9:04 :

Il ne faut vraiment pas connaître son sujet pour écrire que l'eLearning c'est du 100% internet. Essayez d'écrire juste plutôt que vouloir faire à tout prix du sensationnel. Le blended existe depuis des lustres. C'est une modalité del'eLearning! Bref, parlez des choses que vous connaissez et que vous êtes en mesure de vérifier.