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Réforme de l'hôpital: la CFDT refuse de "défendre le pouvoir des médecins"

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La CFDT ne participera pas à la journée de mobilisation en faveur de l'hôpital, prévue demain mardi. Pour son secrétaire général, cette journée défend surtout les médecins et leur activité libérale et non l'hôpital. L'un des objectifs affichés des manifestations de demain est de protester contre le projet de loi "Hôpital, Patients, Santé, Territoires" de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

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Le leader de la CFDT François Chérèque a déclaré ce lundi à Europe 1 que son syndicat ne participait pas à la manifestation nationale des hôpitaux prévue mardi, afin de ne pas "défendre le pouvoir des médecins".

Cette journée de manifestations et de grève a pour but de protester contre le volet "hôpital" du projet de loi "Hôpital, Patients, Santé, Territoires" (HPST) de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.

"Aujourd'hui les médecins se battent surtout pour leur activité libérale", a estimé François Chérèque. Or "je ne suis pas sûr qu'en défendant le pouvoir des médecins, on défende l'hôpital". 

"Les deux problèmes à l' hôpital aujourd'hui" sont, selon le secrétaire général de la CFDT, "le financement de l'hôpital , qui est inégalitaire entre la clinique privée et l' hôpital ", point que la loi Bachelot "n'aborde pas", ainsi que "la désorganisation de la médecine de ville, l'installation des médecins sur le territoire".

La CFDT n'est pas la seule organisation à critiquer le rassemblement de demain. Le Ciss, collectif d'associations d'usagers de la santé, a ironisé sur cette mobilisation au sein de l'hôpital public. "Le Landerneau médical se mobilise pour conserver ses pouvoirs", a-t-il jugé.

Demain, mardi, les médecins des hôpitaux souhaitent montrer que leur mouvement de contestation du projet de loi Bachelot n'est pas strictement parisien et fait rare, les médecins défileront aux côtés des autres personnels de l'hôpital, avec "les mêmes revendications", selon les termes du Pr Bernard Granger, l'un des initiateurs du MDHP (Mouvement de Défense de l'Hôpital Public, soutenu par les syndicats hospitaliers).

Les chefs de services de l'AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris), peu enclins à ce genre d'exercice, seront en tête du cortège qui partira de la Tour Montparnasse pour se diriger vers le Sénat, où doit commencer le 11 mai l'examen du projet de loi. La manifestation se double d'un appel à la grève. Le MDHP a notamment invité à reporter les activités programmées et non-urgentes.

La réforme contestée

Une large partie de la communauté médicale conteste le projet de loi de Roselyne Bachelot, chacun -  parmi les médecins libéraux ou hospitaliers - y trouvant des motifs différents de mécontement.

A l' hôpital , les praticiens protestent contre le renforcement du pouvoir décisionnaire des directeurs d'hôpitaux. Afin, selon Roselyne Bachelot, de permettre une meilleure gestion, les directeurs auront en effet le dernier mot sur le projet médical des hôpitaux et sur les nominations des chefs de pôle, qui chapeautent les services. Les médecins estiment que le directeur aura pour priorité la lutte contre les déficits et privilégiera donc les "pathologies rentables". Ils craignent aussi que les directeurs suppriment des emplois sans leur aval, notamment parmi les infirmières, dans le seul but de réaliser des économies.

La création d'un nouveau statut contractuel pour les médecins hospitaliers, optionnel, avec une part de rémunération variable liée à la réalisation d'objectifs, suscite également la méfiance. Les pouvoirs publics veulent rendre les rémunérations plus attractives face aux cliniques, mais les syndicats y voient une menace pour la qualité des soins.

Du côté des cliniques, une disposition du projet de loi - introduite par les députés - prévoit la possibilité de contraindre les cliniques en situation de "monopole local" à pratiquer une part de leur activité aux tarifs de base de la Sécurité sociale, sans dépassements de la part des médecins libéraux y exerçant. Des syndicats de médecins libéraux et d'internes se sont dressés contre cette mesure, que la ministre s'est dite prête à supprimer, au grand dam des associations d'usagers de la santé. Les dépassements d'honoraires ne sont pas remboursables par la Sécurité sociale et le sont de manière inégale par les complémentaires santé, dont ne disposent pas tous les patients.

Par ailleurs, pour lutter contre les "déserts médicaux", de nombreux députés, y compris dans la majorité, ont voulu remettre en cause la liberté d'installation des médecins libéraux. Le gouvernement a refusé les amendements dans ce sens et son texte privilégie les mesures incitatives. Le projet prévoit néanmoins la mise en place, d'ici trois ans, d'une pénalité financière pour les médecins des zones surdotées qui refuseraient de prêter main forte à leurs collègues de zones moins bien pourvues. Les principaux syndicats de médecins libéraux jugent cette mesure inacceptable.

Le texte prévoit aussi la mise en place d'un Schéma régional d'organisation de l'offre de soins (SROS) pour le secteur libéral, qui signe selon certains la fin prochaine de la liberté d'installation, même si le gouvernement a assuré qu'il ne serait pas contraignant.

Enfin, le principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF, accuse le gouvernement d'avoir globalement échafaudé "une loi anti-médecins". Sont mises en cause l'autorisation du "testing" pour confondre les médecins refusant des soins, notamment aux plus précaires bénéficiant de la Couverture maladie universelle (CMU), et l'instauration d'une pénalité pour les médecins n'utilisant pas la télétransmission des feuilles de soins.

 

 

latribune.fr

Vos réactions

  • sergio a écrit le 30/04/2009 à 09:20 :

    • le personel soignant remercie la cfdt de son soutien ; la derniere claque au prud'hommes ne lui a pas suffit . il n'y avait pas que des médecins dans la manif .

  • A.DESCLAUD a écrit le 28/04/2009 à 21:21 :

    • Bravo à la CFDT et à M.CHÉRÈQUE qui ont compris l'intérêt de la loi BACHELOT tant pour les patients que pour le personnel médical .La fronde organisée par les mandarins n'a pour but que de défendre leurs prébendes liées à des intérêts personnels et à leur clientèle privée qui a les moyens de payer des dépassements d'honoraires voire des dessous de table, car ils veulent être les seuls décideurs afin que personne ne puisse examiner leurs pratiques souvent contestables arguant du fait que leurs connaissances et leurs titres leur donnent le droit de tout décider même et surtout de la gestion de l'hôpital car ils ne tiennent pas à justifier certaines de leurs manigances intéressées et en faisant preuve d'un orgueil manifeste au niveau de leur profession ils ne peuvent admettre que l'on contrôle un tant soit peu leurs dépenses dans le cadre d'un budget général de l'hôpital auquel ils appartiennent.La médecine n'a pas de prix soit mais elle a un coût et si l'on veut une égalité de soins entre tous les patients il faut bien réguler les dépenses et surtout les abus notoires de certains praticiens de haut vol .

  • Gengis a écrit le 28/04/2009 à 21:19 :

    • En lisant les réactions, je remarque et je ne dois pas être le seul a voir l'amalgame qui en resort si effectivement monsieur chéreque se croit autoriser à donner son avis sur tout mais les médias le flatte tellement qu'il en arrive à tenir des propos en distortion avec les évènements surtout concernant le milieu médical.Il est clair visiblement qu'il ne maitrise pas le sujet sur lequel il s'estime autorisé à donner son avis. Non monsieur chérèque l'ensemble de la fonction hospitalière n'est pas composé de nantis qu'il y est effectivement des personnes versatiles mais là ce n'est pas le propos, dans toutes les professions ils existent la je pense que vous ne pouvez le nier même dans le syndicalisme qui perd de vue l'objectif premier de sa raison d'être DEFENSE DES SALARIES AU SENS LARGE DU TERME ET NON DE MANIERE ETRIQUEE.Votre sens plus politique que syndicaliste se fait jour. N'oublions pas non plus le dévoument du personnel hospitalier dans son ensemble et je met au défi d'affirmer haut et fort que l'ensemble des chefs de service - professeur de médecine à l'hopital ou autre professeur qui manifeste aujourd'hui ne sont que des mercenaires. Arrêtons une fois de plus de mettre en affrontement général par des propos quelque fois disproportionnés l'hopital en FRANCE est un corps responsable et professionnel, les dérives certes elles existent et personne ne peut les nier mais ne cherchons pas des solutions technocratiques dans un secteur qui est sur la base de l'humanisme, qu'il faille recadrer certaines derives oui c'est clair mais attention quand au nom de la rentabilité on ferme des lits on ferme ou reconverti des asiles psychatriques au nom de la rentabilité la effectivement les politiques en assume que modérérément voir pas du tout les conséquences. Quand il s'agit de sociale vous touchez le sentiment est ce quelque chose qui échappe un peu dans certaines réaction. CONTROLE DES COUTS OUI mais pas en mettant un administratif qui géere en fonction de son budget sans tenir compte de l'humanisme car la effectivement l'allègement des procédures internes de controles dans les actes de tous les jours entrainerons des economies mais a quel prix pour les patients.Regardons bien ce qui se passe dans les autres pays EUROPEEN. Chacun en tirera ses conclusions SVP n'oubliez votre objectivité ca

  • Jp a écrit le 28/04/2009 à 11:04 :

    • @bobi Allez voir sur le site des Echos le dernier rapport sur hôpitaux, revenus et leurs distorsions, vous seriez moins affirmatif sur le choix de Chérèque. Quant à parler d'une médecine il faut mieux utiliser le pluriel. Enfin n'oubliez pas la situation financière des mutuelles.

  • rêve d'un hopital sans médecin a écrit le 27/04/2009 à 19:43 :

    • c'est clairement stupide de la part de Chereque qui ne doit pas s'apercevoir que ce sont des équipes de soignants qui guérissent les maldades

  • bobi a écrit le 27/04/2009 à 19:06 :

    • Pfff qui peut se plaindre du système de santé français franchement !? Ces commentaires critiquant et bavant sur les médecins et les hopitaux français sont idiots et mesquins...Allez ailleurs voir. Chereque est dans le faux,c'est pitoyable de laisser penser vous que les médecins ne pensent qu'au fric, c quoi cette vision cynique des gens et du monde ?? Et lui, et vous ? Vous vous jugez comment sur l'échelle de la sainteté ?

  • CABOCHAR a écrit le 27/04/2009 à 19:05 :

    • Ne laissons pas l'organisation de la santé aux médecins. Cette corporation en veut toijours plus pour elles et n'a que faire de l'intérêt général.

  • samarinda a écrit le 27/04/2009 à 19:05 :

    • Comme beaucoup de français j'ai du respect pour l'ENSEMBLE du corps médical en général. Pour ce qui est de l'hôpital j'ai apprécié le dévouement du personnel, privé ou public, Par contre la dérive face à l'argent depuis quelques années, par les "compléments" (exemple: pour une belle cicatrice au cou il a fallu "rajouter" en liquide une somme non négligeable alors pour ceux qui ne peuvent pas payer quelle cicatrice un bourlet???)me laisse penser que ce corps est entrain de placer l'argent avant leur déontologie la DERIVE EST INQUIETANTE.

  • zedor a écrit le 27/04/2009 à 17:23 :

    • Je suis Ph depuis 30 ans, je n'ai jamais fait de privé, mais la loi Bachelot est une loi à but financier uniquement. Nos petits hôpitaux vont fermer leurs activités chirurgicales à la grande joie des entreprises de transport, on va déraciner temporairement des personnes agées pour des pathologies que l'on pouvait traiter sur place.... Economies, économies c'est le mleitmotiv. Je suis déçu de l'attitude de la CFDT que je pensais être un syndicat qui se posait les bonnes questions, je ne suis pas un mandarin, je ne m'arqueboute sur rien, étant en fin de carrière, mais je vois avec tristesse mettre à la casse un système qui fonctionnait bien, même si cela coutait cher.

  • bebert a écrit le 27/04/2009 à 17:22 :

    • LA FRANCE EST EN TRAIN DE PERDRE SA CONFIANCE EN LA JUSTICE ET MAINTENANT EN SA MEDECINE A CAUSE DES CORPORATIONS QUI DEFENDENT BEC ET ONGLES LEURS PRIVILEGES DE CASTES PENDANT QUE CES ROITELETS S'ENGRAISSENT ET S'ENRICHISSENT SUR SON DOS, SANS NULLEMENT SE PREOCCUPER DES DEFICITS PUBLICS, LE PEUPLE TRINQUE ET PASSE A LA CAISSE. HONTE A EUX ET A TOUS LEURS COMPLICES, M. RAFFARIN EN TETE

  • carpatrick a écrit le 27/04/2009 à 14:59 :

    • La santé a bon dos... Si, parmi les médecins, certains ont choisi ce métier par vocation ( ceux que l'on retrouve dans les zones moins "rentables", par exemple...), beaucoup d'autres l'ontfait par esprit mercantile. Et malheureusement, c'est bien l'opinion que nous, patients, avons de plus en plus. J'irais même jusqu'à mettre en cause leur professionnalisme. Certains nous prenant pour des imbéciles... France, ta santé est sur la mauvaise pente, à cause d'un corps médical attaché à ses privilèges (demandez leur combien ils cotisent à l'URSSAF, juste histoire de rire... jaune!) et à ses revenus, de plus e plus indécents... surtout en cas de crise!

  • diva a écrit le 27/04/2009 à 14:58 :

    • Bravo Mr. Chéréque vous avez compris le but de la grève des médecins en ne voulant pas y participer et ainsi ne pas cautionner leurs revendications

  • phelias a écrit le 27/04/2009 à 14:58 :

    • je n'ai jamais fait de "privé" ;la loi bachelot ne fera que renforcer les inégalitées au nom de la rentabilitée hospitalière;la t2a aurait du servir de leçon: le fric est roi;pauvre cfdt c'est devenu un syndicat jaune ..........

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