Le mastodonte espagnol, qui gère plus de 112.000 sites de téléphonie mobile en Europe, a limité ses pertes au premier trimestre. Lourdement endetté après avoir, des années durant, multiplié les acquisitions sur le Vieux Continent, il entend désormais rationaliser son portefeuille, et se concentrer sur les pays, à ses yeux, les plus prometteurs.Dans le petit monde des télécoms, Cellnex a tout d'une tornade. Au milieu des années 2010, cet acteur espagnol, méconnu du grand public, est l'un des premiers à sentir une jolie opportunité de marché. A l'époque, beaucoup d'opérateurs télécoms européens sont très endettés et manquent de cash pour investir dans leurs réseaux 4G et de fibre optique. Plusieurs d'entre eux décident, alors, de vendre tout ou partie de leurs tours télécoms, ces pylônes qui hébergent leurs antennes de téléphonie mobile. Cellnex saute sur l'occasion, et se met à racheter ces infrastructures par milliers sur tout le Vieux Continent. A l'époque, les taux sont bas, et Cellnex décide de s'endetter massivement pour assouvir sa boulimie d'acquisitions.
Mais le temps de « l'argent pas cher » est révolu. Les taux ont depuis augmenté. Et Cellnex a dû revoir sa stratégie, donnant la priorité au désendettement. Il faut dire qu'à date, sa dette s'élève à plus de 17,3 milliards d'euros. L'heure n'est plus aux acquisitions, mais à la rationalisation de ses activités pour rassurer ses créanciers. Sur ce front, le géant espagnol, qui gère désormais quelque 112.000 sites de téléphonie mobile en Europe, se veut rassurant.
Ce vendredi, Cellnex a affiché un chiffre d'affaires en nette hausse, de 7%, à 946 millions d'euros. S'il affiche une perte de 39 millions d'euros sur la période, celle-ci s'est réduite par rapport au premier trimestre 2023, où elle s'était élevée à 91 millions d'euros. C'est aussi mieux que les prévisions des analystes interrogés par Factset, qui tablaient sur une perte de 53 millions d'euros.
Densification des réseaux
De quoi satisfaire Marco Patuano, le PDG de Cellnex. « Tous nos indicateurs clés, des revenus de trésorerie aux mesures commerciales liées à l'expansion des points de présence sur nos sites, reflètent un début d'année solide », s'est félicité le dirigeant. Pour doper ses revenus, Cellnex cherche, en effet, à avoir un maximum d'opérateurs sur chaque site mobile. Mécaniquement, plus il y a d'opérateurs, plus il encaisse de loyers. Cellnex estime que l'avenir lui appartient. Et ce notamment pour une raison : avec l'arrivée de la 5G, les opérateurs mobiles ont besoin de densifier leurs réseaux, et donc, à priori, de faire appel à ses services. Au premier trimestre, le business des tours télécoms a contribué à hauteur de 82% des revenus totaux de Cellnex - c'est-à-dire 776 millions d'euros, en augmentation de 5% sur un an.