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Romain Renier | 12/10/2012, 16:02 - 706 mots
Le Parisien et France Info ont dévoilé vendredi matin l'existence de communiqués préparés à l'avance par Renault pour le cas ou l'un des trois anciens cadres accusés à tort d'espionnage viendraient à se suicider. Ce qui n'a pas manqué de provoquer une vive émotion dans l'opinion publique. « Cynisme » est le mot qui revient le plus pour qualifier cette décision managériale qui avait été prise lors du déroulement de l'affaire. En langage de communicant, on dit que le risque d'opinion s'est réalisé. Décision cynique ou pragmatique ? Avis croisés de Jean-Pierre Beaudoin, directeur général du groupe de communication Burson-Marsteller i&e et Laurent Vibert de Comcrise, deux spécialistes de la communication de crise.
« Une responsabilité managériale »
Pour Jean-Pierre Beaudoin, il est de la responsabilité d'un management de prévoir les risques liés à son activité. Et dans ce cas précis, il était impossible de passer à côté de ce risque pour le communicant. « Depuis un petit nombre d'années, même si le problème existait déjà avant, la question du suicide de salariés lié au travail ou non, cela dépend des cas, est dans l'espace public. Il est souhaitable et nécessaire qu'un management se pose ces questions, » explique-t-il. Parce que l'émotion lorsque l'on vit la situation en direct n'est pas la meilleure conseillère selon lui.
« Les médias pouvaient potentiellement se focaliser dessus » confirme Laurent Vibert. Et ce dernier de se fendre d'un exemple : « quand un médecin doit annoncer un diagnostic et qu'il ne sait pas encore si la tumeur est maligne ou bénigne, mais qu'il y a bien tumeur, il est normal qu'il pense à ce qu'il va dire dans l'un ou l'autre des cas ». L'idée d'anticiper ne le « dérange pas ».
« Se préparer en fonction des principes auxquels on tient »
Mais comment préparer à l'avance sa communication sur le décès simplement éventuel de quelqu'un sans manquer de sincérité ? Réagir en tant que personne. Là-dessus, les deux s'accordent encore. Dans un monde idéal il faudrait émettre le message que l'on aimerait entendre si on était à la place du destinataire d'après Laurent Vibert. « Il faut se préparer en fonction des principes auxquels on tient, » insiste même Jean-Pierre Beaudoin.
« La confidentialité est une illusion parfaite »
Mais attention, comme nous l'enseigne cette affaire, il faut faire attention à ce que l'on fait. Renault aurait dû mieux assurer la confidentialité de sa stratégie selon Laurent Vibert. Alors que plus radical, Jean-Pierre Beaudoin pose un principe : « Il faut comprendre que tout ce qui est confidentiel est destiné à devenir public. Donc on ne doit pas produire ce sur quoi on est pas à l'aise. La confidentialité est une illusion parfaite » insiste-t-il.
De son côté, Laurent Vibert considère que c'était à Renault de mieux garder le secret autour de sa stratégie de communication. Ce qui le choque dans cette histoire, n'est pas le fait que Renault ait anticipé l'éventuels suicides de ces trois cadres, mais le fait que ces communiqués aient été divulgués. Pour lui, l'erreur est dans la fuite. Mais les deux s'accordent sur un point. Ne pas tomber dans le langage formaté, et bien prendre en compte les mouvements d'opinion.
Que faire une fois la polémique lancée ?
Le patron de dirigeant de Burson-Marsteller i&e évoque plusieurs éléments. Tout d'abord, il ne faut pas nourrir l'emballement médiatique. Le mieux est de ne pas réagir à l'extérieur de l'entreprise, mais par contre, de bien gérer sa communication en interne. « Il faut s'occuper d'urgence des salariés, » martèle le communicant. Ensuite, Renault doit avoir prévu la réalisation de ce risque d'opinion. Enfin, il pense que dans ce type de sitaution, il ne faut surtout pas nier, il faut assumer cette « décision managériale » et l'expliquer.
Autre point de vue pour Laurent Vibert, qui considère que Renault doit avant tout s'excuser, puis s'expliquer devant l'opinion publique. Les salariés et la crise interne potentielle ne sont pas évoqués. D'après lui, Carlos Ghosn, PDG de Renault, doit aller au journal de 20 heures, comme il l'avait fait au début et à la fin de l'affaire en 2011. Il considère par ailleurs que Frédérique Le Grèves, l'ancienne directrice de la communication du groupe, aurait dû profiter des questions des journalistes vendredi matin pour expliquer davantage la position prise par Renault.
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floppy a écrit le 13/10/2012 à 10:39 :
et alors: certains ne croient toujours pas à la la réputation "patron=salaud"? Cela va mettre 2 à 3 générations pour retrouver la confiance perdue par ce pays. que tout le monde se mette au travail: il ne fait pas bon vivre en france. hélas.
Mecatroid a écrit le 13/10/2012 à 10:32 :
De ce qui est normal, et de ce qui ne l'est pas : Ce qui est normal, c'est que dans les corps de métiers ou le risque de mort est avéré, on se prépare (police, armée, médecine, etc ...). Les personnels de ces professions sont conscients de leur engagement et de la possibilité de côtoyer la mort. Mais quand on s'engage à concevoir des voitures, on aspire à une vie tranquille. Le management ne devrait pas avoir à craindre un suicide. Ce qui n'est pas normal, c'est que le management pousse ces employés au suicide, en soit conscient, et soit prêt à l'accepter et à dépasser le point de non retour. Je parle de "préméditation", je parle d'"homicide volontaire".
Démission ! a répondu le 13/10/2012 à 11:08:
Un employé ne peut pas être poussé au suicide par son management tant qu'il peut démissionner. Si la démission est reconnue comme le droit absolu et supérieur, la responsabilité du suicide incombe entièrement au salarié qui ajoute l'ignominie au crime (le suicide est un crime contre soi) lorsqu'il valorise son suicide pour mettre en accusation son management. Ceci dit, le lavage de cerveau socialiste est grandement responsable de la situation : on persuade la population que l'emploi à vie est un droit au lieu de lui expliquer que le travail à vie est un devoir.
toto a écrit le 13/10/2012 à 00:26 :
que dit l'etat ?????? actionnaire
tacat a écrit le 13/10/2012 à 00:20 :
lol journaliste cynique qui oublie de préciser le nombre de rubrique necrologique préremplie par son employeur pour etre près "just in case"
Fuite judiciaire a écrit le 13/10/2012 à 00:10 :
"L'erreur est dans la fuite". Il ne faudrait quand même pas oublier de préciser que l'autorité judiciaire est entièrement responsable de cette fuite. Gangrenée par l'idéologie socialiste, la "justice" ne manque jamais l'occasion de "se faire" un patron ou une entreprise. Lorsque les dossiers sont vides, alors de nombreux juges pratiquent impunément la condamnation médiatique, la condamnation de notoriété. Entre une justice dévoyée et un fisc omnipotent, que reste-t-il de la démocratie et des droits individuels ? Quel pays ! Pas étonnant que ceux qui le peuvent fuient en masses compactes !
Jean-Pierre Beaudoin a écrit le 12/10/2012 à 17:45 :
Pour le bon ordre, je précise que je suis dirigeant de Burson-Marsteller i&e. La référence à atron & Cie est une erreur qu'il convient de corriger... L'information est toujours exposée à l'erreur, humaine. Merci.
Laurent Vibert a répondu le 13/10/2012 à 18:08:
Et pour ma part Président du cabinet Comcrise®. ;)