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Espagne : Pourquoi Rajoy devrait demander l'aide de l'Europe cette semaine et pourquoi il hésite (encore) à le faire

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Sophie Rolland | 24/09/2012, 18:40 - 821 mots

A en croire les dernières rumeurs, l'Espagne pourrait se résoudre à demander l'aide de l'Europe jeudi ou vendredi et le pays aurait soigneusement négocié les conditions qui lui seraient alors imposées.

L'Espagne demandera-t-elle l'aide de l'Europe en cette fin de semaine ? Impossible d'en être complètement sûr. A en croire les observateurs et les analystes de marché, cela fait maintenant deux semaines et demi que cette demande d'accès au programme d'assistance du MES - condition nécessaire pour bénéficier des rachats de titres de la BCE - est imminente !

La pression monte sur le premier ministre espagnol

L'hésitation du premier ministre espagnol Mariano Rajoy agace de plus en plus ses partenaires européens. « Il doit dire clairement ce qu'il en est », a déclaré Michael Meister, un des porte-parole du CDU, le parti de la chancelière allemande. « Rajoy a un problème de communication. Si il a besoin d'aide, il doit le dire », a-t-il insisté.
« Le risque est que l'incertitude coûte plus cher que les décisions prises », a quant à lui estimé le commissaire européen (espagnol) en charge de la concurrence, Joaquin Almunia, ce lundi. Pour lui, « Les autorités espagnoles doivent prendre une décision concernant un éventuel sauvetage. Ce n'est pas une décision entièrement blanche ou entièrement noire mais ce qui est très risqué, c'est de maintenir l'incertitude ».

Mariano Rajoy risque-t-il vraiment de se faire dicter une action en urgence par les marchés ?

« Plus Madrid tarde à demander une aide à l'Europe, plus les rendements sont susceptibles de s'envoler à nouveau », estime Caroline Newhouse, économiste chez BNP Paribas. Il est vrai que si les investisseurs commencent à douter de l'activation du programme OMT, les taux espagnols risquent fort de remonter en flèche. Mais pour l'instant l'évolution des taux de marché donne plutôt raison à Mariano Rajoy. L'Espagne bénéficie d'un ballon d'oxygène depuis l'annonce du programme OMT de la BCE, début septembre. Les spreads espagnols (les écarts aux taux allemands) sont retombés à leur plus bas niveau depuis cinq mois, quelles que soient les échéances. A 10 ans, les taux espagnols se maintiennent autour de 5,7 %, très loin du record de 7,62 % de fin juillet. De plus, loin d'avoir perdu l'accès aux marchés, l'Espagne a levé plus de 12 milliards d'euros sur les marchés la semaine dernière.

Pourquoi la demande d'aide de l'Espagne serait elle officiellement formulée en fin de semaine

L'Espagne fait face à deux échéances cruciales d'ici à la fin du mois : la publication des résultats des nouveaux stress tests bancaires et le verdict de Moody's. Si l'agence dégradait la note de l'Espagne, la dette du pays basculerait en catégorie spéculative. L'annonce serait faite jeudi prochain, la veille des résultats des stress tests, croit savoir le Financial Times. Les besoins de recapitalisation bancaire sont estimés à 60 milliards d'euros. Bruxelles a déjà promis, en juin, une enveloppe de 100 milliards pour recapitaliser les banques espagnoles.

Reste la question des élections générales au Pays basque et en Galice le 28 septembre prochain. L'annonce de mesures d'austérité supplémentaires aurait un coût politique certain pour Mariano Rajoy. Il a déjà lancé un plan drastique de réduction des dépenses de 102 milliards d'ici à 2014 et les régions autonomes qui gèrent notamment leurs systèmes de santé et d'éducation, parviennent difficilement à tenir le cap de la rigueur.

Ce qui se trame en coulisse

Le Financial Times expliquait la semaine dernière que le ministre des finances espagnol Luis de Guindos négociait en aval avec la Commission européenne le programme de réformes qui serait imposé au pays en cas de demande d'aide. Ce programme se concentrerait sur des réformes structurelles plutôt que sur de nouvelles taxes ou davantage de réduction des dépenses. Réagissant à ces informations de presse, la Commission a reconnu vendredi qu'elle collaborait effectivement avec les autorités espagnoles sur un nouveau plan de réformes qui sera annoncé jeudi prochain, mais a balayé toute préparation en vue d'une demande d'aide globale du pays.
« Ce ne sont encore que des spéculations mais l'idée selon laquelle les conditions exigées relèveraient davantage de réformes économiques structurelles que de restrictions budgétaires supplémentaires, et le fait que les négociations avec l'Espagne ont été très différentes des discussions houleuses qui avaient été menées avec l'Irlande et le Portugal suggèrent que les autorités ont retenu ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas », indiquent les économistes du Crédit Agricole.

Le combat perdu de l'Allemagne

Vendredi, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a jugé que « l'Espagne n'a pas besoin d'un plan parce qu'elle fait ce qu'il faut et qu'elle réussira ». « Ce dont l'Espagne a besoin, a-t-il ajouté, c'est de la confiance des marchés financiers ». Certes mais celle-ci ne se décrétant pas, l'Espagne risque fort d'avoir besoin du soutien de la BCE. « Si l'Espagne veut réduire paisiblement sa dette, les coûts de renouvellement de ses emprunts devront être encore bien plus modestes qu'aujourd'hui. Dans un monde à croissance nulle, renouveler la dette espagnole à un rendement moyen de 4%, tout en conservant un large déficit budgétaire n'est pas une solution durable pour ces prochaines années. », expliquent les stratèges taux de la Société Générale.
 

Commentaires

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Pédro a écrit le 27/09/2012 à 10:04 :

Parce qu'il aura une révolution sur les bras, voila pourquoi !

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a vos souhait a écrit le 25/09/2012 à 23:35 :

comment peut elle demande l'aide du mes qui n"est pas en place? meme pas vote dans tous les pays de l'eu? encore du cinoche? dites moi si je me trompe mais de memoir le mes ne peut étre en place avant octobre (avant meme les allemands on du donnée l' accord des "sages" nous domage on a pas droit au vote ni referu..n..du..m (a mes souhait de toutes facon qunad on vote pas comme ils le souhaite les leurs ("sou..h..ait") sont validé pas les notres viva demo............

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Légume a écrit le 25/09/2012 à 12:04 :

La mise sous tutelle n'a jamais redonner confiance, la volonté oui!

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Virtuellenentvotre! a écrit le 25/09/2012 à 11:52 :

D'un coté on "crée" un engrenage et de l'autre on veux forcer "un doigt espagnol" pour prouver son existence!? Reconnaitrons nous en cela un accident de travail!!?

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Tahi a écrit le 25/09/2012 à 10:21 :

Si j'ai bonne mémoire, ce n'est pas la première fois que Deutscher Michel s'exprime sur ce sujet... Provoc ou non, peu importe, je crois que nous avons compris....

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Deutscher Michel a écrit le 25/09/2012 à 01:31 :

En tant qu'allemand je me dis qu'après tout l'Allemagne peut quitter l'UE si bon lui semble. Pour le moment, grâce a nôtre excédent de la balance commerciale de 15 Milliards PAR MOIS et ceci depuis plus de quinze ans, nous profitons plus que quiconque de l'UE et de l'Union Monétaire, ceci aux dépens des pays moins favorisés que nous. Les quelques petits milliards que l'Allemagne doit verser à Bruxelles tous les ans ne sont rien par rapport à l'excèdent commercial que nous réalisons grâce à cette petite cotisation. Excèdent commercial énorme qui nous permet d'exporter nôtre chômage vers les pays économiquement plus faibles et qui, a cause (grâce aux) des traités imposés par l'axe franco-allemand, ne peuvent ni empêcher ni taxer l'avalanche de produits Made in Germany qui étouffe et empêche leur propres économies de se développer. Alors pas de souci et que l'Espagne, le Portugal et quelques autres pays affichent un chômage des jeunes qui dépasse déjà les 50% n'intéresse ni M Weidmann ni ma pomme.

Centriste a répondu le 25/09/2012 à 09:19:

Je ne sais pas si Michel nous fait une bonne provoc ou pas en étant conscient des avantages pour l'Allemagne de rester dans l'UE mais cela ne va pas améliorer les sentiments anti allemand qui se développent en europe. Quant à l'Espagne, que peut on encore lui demander alors qu'elle a déjà fait des réformes drastiques au point que la population est au bord de la rupture. Entendant sur BFM que ni le FMI ni les instances européennes n'ont compris comment réagir correctement à la crise depuis 2 ans avant que les exportations allemandes commencent à chuter, on voit bien que les cadors de l'économie naviguent à vue au jour le jour dans un système financier incontrôlable. Merci de ne pas avoir "économiste", pas pour mon porte monnaie mais pour ma santé mentale.

leducmichael a répondu le 25/09/2012 à 12:31:

Tournez le probleme dans tous les sens, l'Allemagne et les PIGS ne peuvent jouer dans la meme équipe, vous aurez beau "bricoler" cela ne peut à terme fonctionner!

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