Migrants : Frontex accuse des ONG de collusion avec les passeurs

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Médecins sans Frontières a déployé trois bateaux en Méditerranée depuis 2015 pour venir en aide aux migrants.
Médecins sans Frontières a déployé trois bateaux en Méditerranée depuis 2015 pour venir en aide aux migrants. (Crédits : Reuters)
L'agence Frontex accuse les organisations non-gouvernementales (ONG) qui travaillent en Méditerranée de "collusion" avec des passeurs et contrebandiers. Cette polémique devrait inciter les gouvernements à trouver des solutions rapidement pour mettre fin au trafic de migrants aux portes de l'Europe.

La crise des migrants et les morts aux frontières de l'Union européenne continuent de secouer l'opinion publique européenne. Rien que cette année, 4.700 morts ont été recensés en Méditerranée selon des chiffres de l'ONU et plus de 175.000 migrants ont risqué leur vie en montant à bord de bateaux parfois en mauvais état. Le sommet européen qui a eu lieu ce 15 décembre a abordé la crise des migrants pour tenter une nouvelle fois de trouver une solution et des accords afin de mettre fin à ces périls. Dans ce contexte difficile, l'agence en charge du contrôle des frontières en Méditerranée a accusé des ONG de collaborer avec des passeurs dans plusieurs documents confidentiels consultés par le Financial Times.

Deux rapports remettent en cause le rôle des ONG

Dans un premier rapport classé confidentiel et consulté le mois dernier, le journaliste Duncan Robinson explique que "des indications claires (ndlr : avaient été données aux migrants par les passeurs) avant le départ sur des directions précises dans le but d'atteindre les bateaux des ONG." L'agence aurait réitéré de manière plus explicite ces accusations dans un rapport publié la semaine dernière faisant mention du "premier cas rapporté où des réseaux criminels ont introduit clandestinement des migrants sur des bateaux d'ONG." Frontex rapporte également que le nombre plus important d'opérations de secours ces derniers temps pourraient être dues au lumières des bateaux d'ONG, qui serviraient de repère aux embarcations . "Alors que Frontex explique que les ONG opèrent trop près des côtes libyennes, les organisations humanitaires disent qu'elles sont là où il y a des besoins," indique le Financial Times.

Les ONG démentent

Pour l'instant, les ONG ont démenti les accusations portées par l'agence Frontex selon le journal britannique. Dans un article de blog, le journaliste explique que les ONG mises en cause comprennent entre autres Médecins sans Frontières et Save the Children. MSF travaille sur trois bateaux en Méditerranée depuis 2015. L'organisation aurait sauvé plus de 23.000 personnes l'année dernière et plus de 20.386 personnes en 2016.  La mission italienne de Médecins sans Frontières déclare à La Tribune que :

"MSF n'aide pas les passeurs ! Nous sommes uniquement présents en Méditerranée afin de sauver des vies. Les passeurs profitent de la vulnérabilité de personnes extrêmement désespérées dans le but de faire du profit, leur entreprise découle en partie du manque de routes sûres vers l'Europe. L'instabilité et la crise économique en Libye sont d'autres causes importantes de la prolifération des réseaux de passeurs."

Elle ajoute que "nous travaillons avec un centre opérationnel basé à Rome qui doit juger de la décision à prendre". De son côté, Tommaso Fabbri, chef de mission pour MSF en Italie et coordinateur des opérations de recherche et sauvetage pour la Bourbon Argos, l'un des trois bateaux ajoute que "nous travaillons avec les autorités navales italiennes. Tout comme Frontex et n'intervenons pas dans les eaux libyennes". L'humanitaire explique "être étonné des accusations de Frontex, parler de collusion, c'est absurde. C'est pourquoi nous demandons une rencontre avec Frontex pour des clarifications". Par ailleurs, il déclare que s'il y avait "une voie légale et sûre, il n'y aurait pas de réseaux de passeurs."

Pour MSF, "l'échec de l'Union européenne et son agence de contrôle aux frontières à réduire le nombre de décès en mer signifie que les organisations humanitaires ont été forcées à intervenir" pour éviter d'autres drames. "L'action humanitaire n'est pas la cause de la crise mais une réponse à celle-ci." Avec la récente bataille d'Alep qui fait fuir des milliers de civils, la crise des migrants en Méditerranée est loin d'être résolue.

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a écrit le 06/01/2017 à 16:32 :
Il est bien évident que ces gens sont encouragés à prendre la mer dans des barques pourries parce qu'on leur dit qu'ils seront sauvés par des bateaux occidentaux qui les conduiront en Europe et c'est bien ce qu'il se passe ! Malheureusement il y a encore des noyades. Plus ou moins 4.000 morts (c'est trop ! c'est inacceptable !) sur plus ou moins 200.000 personnes qui réussissent à passer. Donc 4.000/200.000 soit 2 % de mortalité. A votre avis, que répondrait un candidat au départ si on lui disait : "attention, vous avez 2 % de chance de vous noyer en traversant ?". Il dirait sans doute "je pars quand même car cela me fait 98% de chance d'y arriver".
a écrit le 20/12/2016 à 19:33 :
Ces ONG bras armés de services spéciaux.....dans le but de déstabiliser l' Europe qui doit gêner quelqu'un ....Anglo saxon peut être ?
a écrit le 17/12/2016 à 19:56 :
S'est claire il y a interêt pour les ONG a se que les migrations perdure.... Ensuites ils y a un probleme, secourir ses gents ne doit pas aller avec les acceuillir... Nous ne voulons pas de cette population dans nos pays.... Ils sont née sur une terre, dans un pays, qu'ils retourne chez eux. La gestion de l'Afrique tout comme du proche orient n'est plus notre probleme, le temps des colonies et terminer depuis 70 ans, ils sont tous responsables de se qui se passe dans leur pays, surpopulation, échec economique, guerre civile.....
a écrit le 17/12/2016 à 12:19 :
ONG=traitres à leurs patries.....rien à ajouter.
a écrit le 17/12/2016 à 11:10 :
C'est forcément la faute aux humanistes ! Bindiou je te foutrais tout ça au trou moi !
Réponse de le 19/12/2016 à 10:26 :
Si l'accueil TEMPORAIRE en Europe (mais pas que, tout le monde y compris les USA, les pays du golfe,... doit prendre sa part du fardeau) de ressortissants de pays en guerre (comme la Syrie prise en étau entre un crime contre l'humanité à grande échelle perpétré par Bachar El Assad et son complice Poutine et le monstrueux état islamique) est légitime, il n'en est pas de même de toutes les migrations. En particulier, il n'y a aucune raison particulière d'accepter de nouvelles migrations illégales de pays à peu près sûrs comme ceux du Maghreb
a écrit le 17/12/2016 à 10:00 :
S'est claire il y a interêt pour les ONG a se que les migrations perdure.... Ensuites ils y a un probleme, secourir ses gents ne doit pas aller avec les acceuillir... Nous ne voulons pas de cette population dans nos pays.... Ils sont née sur une terre, dans un pays, qu'ils retourne chez eux. La gestion de l'Afrique tout comme du proche orient n'est plus notre probleme, le temps des colonies et terminer depuis 70 ans, ils sont tous responsables de se qui se passe dans leur pays, surpopulation, échec economique, guerre civile.....
a écrit le 16/12/2016 à 20:31 :
Dans l'éternel problème de l’œuf et de la poule, il y a une certitude : la poule est un ovipare. De même, il y a des gens qui migrent de façon clandestine et des gens qui les aident soit par appât du gain soit par souci humanitaire. Dans tous les cas, ces gens viennent clandestinement avec l'aide d'autres et s'ils ne pouvaient compter sur ces aides, ils seraient moins nombreux à venir.
Dans quelques années, certains d'entre-eux reprocheront peut-être à ces ONG soit leur rôle de facilitateur soit leur échec puisqu'il y a encore des naufragés qui meurent.

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