La BCE étudie quatre scénarios pour ralentir la planche à billets

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Tout en s'inquiétant des effets de l'appréciation de l'euro sur les perspectives de remontée de l'inflation, la BCE a annoncé jeudi qu'elle prendrait en octobre l'essentiel de ses décisions sur les suites du quantitative easing.
Tout en s'inquiétant des effets de l'appréciation de l'euro sur les perspectives de remontée de l'inflation, la BCE a annoncé jeudi qu'elle prendrait en octobre l'essentiel de ses décisions sur les suites du quantitative easing. (Crédits : Ralph Orlowski)
Le Conseil des gouverneurs débat actuellement d'une réduction des achats mensuels à 40 milliards ou à 20 milliards d'euros et leur prolongement pendant six ou neuf mois. L'option retenue sera présentée lors de la réunion d'octobre.

Article publié le 08/09/2017 à 13h09, mis à jour à 14h12

Les responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ont dégagé un large consensus lors de leur réunion de jeudi pour faire du ralentissement des achats d'actifs (dit quantitative easing ou QE) la prochaine étape de leur politique monétaire et ont débattu de quatre options dans cette perspective, ont dit deux sources directement au fait des discussions.

Les options débattues comprennent, sans s'y limiter, une réduction des achats mensuels à 40 milliards ou à 20 milliards d'euros et leur prolongement pendant six ou neuf mois, ont dit les sources qui ont requis l'anonymat.

Toute décision devra faire l'objet d'un large consensus, ont ajouté les sources, ce qui laisse penser que les gouverneurs sont soucieux d'éviter une répétition des dissensions publiques qui ont pu se manifester après certaines décisions prises par le passé, lorsque des gouverneurs de banques centrales nationales voire des membres du directoire en avaient ouvertement critiqué certaines. La BCE s'est refusée à tout commentaire.

L'euro repart à la hausse

L'euro, qui réduisait jusqu'alors ses gains face au dollar, est reparti de l'avant en réaction aux informations de Reuters, pour repasser brièvement le seuil de 1,2060 dollar. Sur le marché obligataire, les rendements des emprunts d'Etat de la zone euro s'orientaient parallèlement à la hausse, à plus de 0,31% pour le dix ans allemand, qui était tombé en début de séance sous le seuil de 0,3%. Son équivalent français est remonté à 0,62% contre 0,605% environ quelques minutes avant.

Tout en s'inquiétant des effets de l'appréciation de l'euro sur les perspectives de remontée de l'inflation, la BCE a annoncé jeudi qu'elle prendrait en octobre l'essentiel de ses décisions sur les suites à réserver à son programme d'achats massifs d'actifs portant sur 60 milliards d'euros par mois jusqu'à la fin décembre.

> Lire aussi : Sortie du QE : "Du point de vue des investisseurs, c'est le moment"

Plus le QE dure, plus le relèvement des taux sera retardé

Si les discussions ont porté sur des montants d'achats mensuels spécifiques et les options de prolongement, elles ont surtout concerné l'enveloppe globale des achats.

Cela inclut la question des réinvestissement du produit des obligations arrivées à échéance qui va progressivement augmenter pour atteindre 15 milliards d'euros par mois dans le courant de l'année prochaine, ont dit les sources.

Les responsables de la BCE se sont aussi accordés pour ne pas relever les taux directeurs avant la fin des achats d'actifs, ont dit les sources, ce qui signifie par déduction qu'un éventuel prolongement du programme retardera d'autant la première hausse des taux.

Quid du plafond de détention sur les titres ?

Les sources ont ajouté que le plafond de détention sur les titres, qui limite les achats cumulés de la BCE au tiers de l'encours de chaque émetteur souverain, n'est pas à l'ordre du jour alors que le programme d'achats fait déjà l'objet d'une procédure devant la Cour de justice de l'Union européenne.

Le maintien en l'état de ce plafond limiterait le montant des achats que la BCE peut réaliser car elle s'en approche dans plusieurs pays, notamment l'Allemagne, le pays de la zone euro où sa politique ultra-accommodante suscite le plus d'opposition. Si le montant des achats mensuels demeurait à son niveau actuel, ce plafond serait atteint en Allemagne dans le courant du premier semestre 2018.

(Avec Reuters)

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a écrit le 11/09/2017 à 9:28 :
Le dollar a baissé après le 11 septembre 2001.c'est après cette date qu'il y a eu le scandale Goldman et Sachs...
On a l'impression que cette impasse de l'Euro est programmé, il faudrait que l'Europe se défait pour défaire le plan au-dessus.j'espere qu'on évitera la guerre.
a écrit le 09/09/2017 à 21:05 :
l'euro vaut ce qu'il valait en 1999 lors de se création ....par rapport au franc suisse il est en baisse de plus de 35%, par rapport au ¥, il est stable autour de 130/ euro, et par rapport aux dollars antépodiens il est en baisse régulière... pour mémoire un euro valait 2. NZD , mois de 1.60 aujourd'hui.... et autour de 1.75 AUD, mois de 1.50....il n'y a que la livre qui vaut moins, alors cessons de pleurer! Que l'euro remonte c'est un peu normal...
a écrit le 09/09/2017 à 8:44 :
vers 1.25 euro/dollar alors ?
a écrit le 09/09/2017 à 7:58 :
Disons-le tout de suite si le principe même du quantitative easing sur les obligations souveraines ne devait plus exister ça en serait finit de la zone euro qui exploserait sous attaques spéculatives des marchés financiers visant les pays fragilisés de la zone euro.
Ce n’est pas trop grave si le quantitative easing actuel va se terminer avant la fin de l’année 2018, il faut que les marchés financiers aient la certitude qu’il reprendra à tout moment si besoin est.

À cet égard il faut rappeler qu'on a appris récemment que la Cour constitutionnelle allemande a saisi la Cour de justice européenne estimant « qu'il y a des "raisons importantes" laissant penser que la mesure contestée, le rachat d'obligations souveraines, en anglais le "QE" pour "quantitative easing", viole l'interdiction de financer directement les États. »

Au dernier décompte début août 2017, la BCE et les banques centrales de la zone euro avaient acheté pour 1.671 milliards d'euros d'obligations souveraines contre 103 milliards d'obligations d'entreprises.
a écrit le 08/09/2017 à 16:52 :
Comme il a été écrit dans une chronique ce matin, tout le monde veut interpréter à sa façon les propos de monsieur M. Draghi. Les sources "proches du dossier" les on-dit" n'ont aucune valeur.
Ce qui est certain, d'après la conférence:
- un taux d'inflation pérenne de la zone euro inférieur et proche de 2% est l'objectif majeur de la BCE,
- le QE n'est pas prêt de s'arrêter pour parvenir à ce taux d'inflation ZE,
- les taux vont rester bas un certain temps après le tapering,
- le taux de change USD vs € doit être surveillé,
- des précisions sur la politique future de la BCE devraient être données en octobre 2017.

A mon humble avis, l'achat de titres Allemands (pour respecter le % des achats en fonction de l'actionnariat) ne devrait pas poser trop de problème puisque le QE a été étendu aux obligs "investment grade" même si certains mois (Juillet ou Août 2017 ?), celui-ci n'a pas entièrement été respecté afin de ne pas bouleverser les marchés.
Cordialement
Réponse de le 09/09/2017 à 0:36 :
Draghi peut dire ce qu'il veut, le marché a bien compris qu'il pipeaute.
Réponse de le 10/09/2017 à 17:31 :
En effet, Mario Draghi et Janet Yellen "pipeautent": on peut donc se demander pourquoi toutes leurs conférences sont suivies par tous les analystes financiers et donc par les marchés.
Avez-vous suivi l'évolution du USD vs Euro pendant l'introduction de la conférence de monsieur M. Draghi de jeudi dernier ?
Cordialement
a écrit le 08/09/2017 à 13:59 :
L'impasse financière du néolibéralisme oligarchique.

Il n'y a plus de solutions mais les politiciens et autres pays par les riches doivent en trouver.

L'empire des faibles.
Réponse de le 08/09/2017 à 14:19 :
une impasse ...jamais :-)

C'est le temps de changer de monnaie .
Réponse de le 08/09/2017 à 14:47 :
C'est le temps de changer de système économique surtout je pense et donc de limiter la finance à son intérêt d'origine, totalement oublié: financer l'économie.

L'argent roi mène à la perte du monde, je pense que maintenant nous le constatons bien.

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