Les analystes de marché parient sur la sortie de la Grèce de la zone euro

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Qu'est-ce qui coûte le plus cher? Le Grexit ou le maintien de la Grèce dans zone euro? telle est la question à laquelle l'Europe doit répondre, explique Ciaran O'Hagan.
"Qu'est-ce qui coûte le plus cher? Le Grexit ou le maintien de la Grèce dans zone euro? telle est la question à laquelle l'Europe doit répondre", explique Ciaran O'Hagan. (Crédits : © Lucas Jackson / Reuters)
La majorité des stratégistes estiment que la situation financière grecque et la victoire du non au référendum ne permettent plus d'envisager le maintien de la Grèce dans la zone euro. Ils attendent du sommet européen prévu mardi soir, des décisions "courageuses"...

La sortie de la Grèce de la zone euro est devenue lundi le scénario central d'un certain nombre de grands intermédiaires financiers, au lendemain du "non" massif des électeurs grecs au compromis proposé par les créanciers d'Athènes (FMI, BCE et UE) pour régler le problème de sa dette.

Désormais, les acteurs des marchés financiers ont les yeux rivés sur les dirigeants européens dont ils attendent des décisions "courageuses".

"La principal question qui se pose aujourd'hui c'est de savoir si les autorités de la zone euro auront le courage de demander à la BCE de couper l'ELA (Assistance de liquidité d'urgence)", écrit Ciaran O'Hagan, responsable de la stratégie taux en zone euro à la Société générale.

La réponse à cette question, s'il devait y en avoir une, devra attendre mardi soir la fin du Sommet de la zone euro, qui aura été précédé dans la matinée d'une réunion des ministres de l'Economie de la zone.

Le rôle du couple franco-allemand

Le couple franco-allemand, considéré comme le pilier de la construction européenne, se réunira lundi soir à l'Elysée où Angela Merkel et François Hollande tenteront de définir les moyens de renforcer la zone euro en cette période de déstabilisation.

"Qu'est-ce qui coûte le plus cher? Le Grexit ou le maintien de la Grèce dans zone euro? telle est la question à laquelle l'Europe doit répondre", explique Ciaran O'Hagan.

"Jusqu'à présent, la France et l'Allemagne ont réussi à maintenir une forme de coordination et à donner l'impression d'unité. Nous serons particulièrement attentifs à ce qu'ils maintiennent un tel cap : toute désunion serait extrêmement déstabilisatrice, et ses effets dépasseraient la question grecque et soulèveraient des questions existentielles pour la zone euro", ajoute-t-il.

Le Grexit, scénario favori des analystes

Pour Michael Michaelides, analyste taux chez RBS à Londres, le "non" ouvre la "porte du Grexit", et porte cette probabilité à 55% contre 40% avant le référendum de dimanche.

"Le vote de dimanche accroît les risque de voir la Grèce être le premier pays à sortir de l'Union économique et monétaire (UEM)", estime également Mark Haefele, responsable mondial de l'investissement chez UBS Wealth Management. Et, comme les autres experts, il estime qu'Athènes ne sera pas en mesure d'honorer une échéance de 4,2 milliards d'euros due le 20 juillet à la BCE.

"Nous jugeons hautement improbable que l'Eurogroupe infléchisse sa position dans le sens voulu par la Grèce en vue de la mise en place d'un troisième plan d'aide", indique Michael Michaelides.

Selon lui, en l'absence d'un accord qui conduirait au Grexit, les dirigeants politiques européens n'ont pas besoin d'"expulser la Grèce". Faute d'accord avec ses créanciers, la Grèce ne pourra pas rembourser à l'Eurosystème (SEBC) la moindre obligation souveraine grecque que celui-ci détiendrait le 20 juillet.

Une monnaie parallèle

Le conseil des gouverneurs de la BCE serait alors amené à réduire le plafond de l'ELA accordée à la Grèce, et les banques grecques deviendraient "insolvables", ce qui impliquerait une restructuration des banques et/ou à des pertes des déposants, et la nécessité d'une monnaie parallèle pour recapitaliser les établissements financiers, ce qui conduirait finalement au Grexit, explique RBS.

Les stratégistes de SG, de RBS, d'UBS ou de Cholet Dupont Finance et Patrimoine estiment que, contrairement à ce qui s'était passé lors de la première crise de la dette souveraine en zone euro en 2010-2011, l'UE et la BCE disposent aujourd'hui d'instruments efficaces contre la "contagion" : Mécanisme européen de stabilité (MES), Fonds européen de stabilité financière (FESF), intervention directe sur les marchés en faveur de pays qui en font la demande (OMT).

De nouveaux outils pour gérer la crise?

Mark Haefele (UBS) souligne qu'outre cette boîte à outils, la Banque centrale européenne dispose aussi de son programme d'assouplissement quantitatif (60 milliards d'euros d'achats d'obligations par mois). Il ajoute que la BCE peut compter aussi sur l'aide de la Fed pour contrer toute montée de l'aversion au risque au niveau mondial en différant sa première hausse des taux en 10 ans, à après septembre, voire au début 2016, si les craintes entourant la Grèce devaient provoquer une forte montée du dollar.

(Avec Reuters)

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a écrit le 07/07/2015 à 10:28 :
La Grèce est entrée dans la zone européenne en mentant sur ces comptes et, maintenant, par le résultat du référendum, les Grecs démontrent qu'ils souhaitent bénéficier des aides de l'Europe, sans rien changer pour que leur pays soit à même de se redresser en menant les mesures nécessaires pour assainir leurs comptes et avoir des recettes fiscales.
Qu'ils montrent qu'ils veulent vraiment changer : avec des faits et non des promesses (qui n'engagent que ceux qui y croient et là on a déjà donné ! ..). La balle est donc dans leur camp pour montrer qu'un retour à la normale est vraiment possible sans attendre que le tonneau de Danaïdes soit rempli sans fin par les autres états ; d'autant que les mesures menées par la Grèce avant Syriza redressaient le pays.
a écrit le 07/07/2015 à 6:46 :
"Le couple franco-allemand" est responsable de la situation actuelle. Les accords favorisent les économies fortes et désavantagent les économies faibles.
Ces accords ont pour conséquences des divergences toujours grandissantes entre les membres de l'Union Européenne et surtout de la Zone Euro.
Ce n'est pas par hasard que les accords ont étés ainsi conçus, le couple franco-allemand avait pour habitude de se rencontrer avant chaque réunion des membres de l'UE et préparait ainsi les accords qui étaient régulièrement ratifiés par les autres petits pays.
On peut même se poser la question de savoir s'il n'y a pas eu des pots de vin versés aux representants des autres pays pour obtenir leur aval.
Maintenant nous subisons les conséqunces de ces agissements.
Réponse de le 07/07/2015 à 9:27 :
@le couple..: dans toute société, il y a des gens qui se décarcassent pour améliorer la situation sociale et financière de leur famille, et d'autres gens qui attendent que tout leur tombre tout cuit dans le bec. Il faut sans cesse s'adapter à la nouvelle donne parce que le monde évolue. Il faut aider ceux qui ont des accidents de la vie, mais qui essaient tout de même de s'en sortir. Quant à accepter que certains pédalent tandis que d'autres profitent, je dis NIET. Les Grecs choisissent donc leur style de vie, mais en toute décence et dignité ne demandent pas aux autres de payer pour eux :-)
a écrit le 07/07/2015 à 5:13 :
L'avantage, si l'on peut s'exprimer ainsi, d'une sortie de la Grèce de la zone "Euro", c'est qu'il permettrait aux autres cigales de la zone (dont au premier chef, la France) de se rendre compte du prix à payer et de ses fâcheuses conséquences qui en résultent, poussant ainsi ces pays à se réformer avant qu'il ne soit trop tard.
a écrit le 06/07/2015 à 22:44 :
La grande crainte des prêtres de l'Euro

Car, disons le, une chose terrorise totalement les responsables européens: que la Grèce fasse la démonstration qu'il y a une vie hors de l'Euro, et que cette vie peut, sous certaines conditions, s'avérer meilleure que celle que l'on a dans l'Euro. Telle est leur grande crainte, telle est ce qui les remplit d'effroi. Car ceci montrerait à tous, aux Portugais, aux Espagnols, aux Italiens et aux Français le chemin à suivre. Ceci dévoilerait tant l'immense fraude qu'a représenté l'Euro, qui ne fut pas un instrument de croissance ni même un instrument de stabilité pour les pays qui l'ont adopté, que la nature tyrannique du pouvoir non élu de l'Eurogroupe et de la BCE.

Il est donc possible, voire probable, que les dirigeants de l'Eurogroupe et de la BCE fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour provoquer le chaos en Grèce. Il convient donc que le gouvernement grec, tout en cherchant à négocier honnêtement comme il le fit depuis février 2015, se prépare aux mesures qui assureront la stabilité dans le pays et le fonctionnement normal de l'économie et des institutions, fut-il pour cela obligé de prendre des libertés avec la lettre des traités. Après tout, ce n'est pas lui qui les brisa le premier, et l'on peut considérer que l'action tant de l'Eurogroupe que de la BCE depuis une semaine ont constitué des actes contraires et en contravention tant avec la fond qu'avec la forme de ces dits traités.
Réponse de le 07/07/2015 à 15:02 :
Bien sur qu il y a une vie hors de l euro ! Mais elle va etre dure ... Surtout pour un pays comme la grece qui ne produit quasiment rien .
Les grecs vont voir leurs economies partir en fumee (enfin pour ceux qui n avaient pas mis l argent en securite ailleurs), le prix de ce qu ils importent (quasiment tout) flamber ...
Par contre passer ses vacances en grece va etre moins cher (mais peut etre un peu chaud s il y a emeute voir simplement flambee de criminalite)
a écrit le 06/07/2015 à 20:37 :
Le référendum grec, dont personne ne met en doute le résultat — 61,31% de non à la zone contre 38,69% de oui — a cela de dramatique pour le couple Washington-Bruxelles qu'il risque d'être contagieux. Eh oui. Encore faut-il cependant que la Grèce s'en sorte ce qui lui vaudra bien des pressions d'ici là, il faut y être attentive. La Grèce n'est pas l'Islande, certes. Cette dernière qui s'en est joliment sortie reste un pays minuscule de 329.000 habitants dont le défaut ne représenterait qu'une goutte d'eau dans l'océan financier mondial. Partant de là, que penser d'une situation similaire en France ou en Espagne? la surprise viendra d'où on s'y attend le moins, croyez-moi. Et je n'en dirai plus.
Réponse de le 06/07/2015 à 21:21 :
On ne le repetera jalais assez: l'Islande n'a JAMAIS fait defait sur sa dette publique. Elle a laisse ses banques faire faullite. C'est tres different. Et elle a ensuite emprunte enormement d'argent pour remettre sur pied son secetur bancaire.
Réponse de le 06/07/2015 à 21:58 :
@KidA : oui, et en plus contrairement à des bruits colportés, le démantèlement de la maison mère de la banque en ligne Icesave a dégagé un actif qu a permis de dédommager Royaume-Uni et Pays Bas qui avaient dédommagé leurs ressortissants déposants de Icesave. Malgré les référendums. Quant à la nouvelle constitution islandaise présentée comme le printemps des peuples elle a été accueillie dans une indifférence totale.
Réponse de le 06/07/2015 à 22:00 :
C'est à vous que l'Irlande emprunte énormement d'argent ? d'après votre engouement pour la cause bancaire internationale je dirais que oui.
Réponse de le 06/07/2015 à 22:17 :
Vous jouez sur les mots. L'Islande n'a pas fait défaut sur sa dette, mais a annulé une grosse part des dettes des particuliers, ce qui au final est revenu sensiblement au meme, sans avoir a étre qualifié de défaut !
a écrit le 06/07/2015 à 20:17 :
Sur la chaîne CNN on voit les gros titres :" La Grèce fait l'Europe plonger dans le trouble". Si c'était moi, un Européen, qui aurait écrit un titre pareil, il serait certainement "modéré" para le zèle du Modérateur de LT. Que dois-je en déduire? que pour LT l'ironie caustique d'une chaîne américaine a plus de mérite que celle d'un Européen ?
Réponse de le 06/07/2015 à 22:00 :
"trouble"=les ennuis.
a écrit le 06/07/2015 à 19:56 :
Tsipras ne veux pas payer pour les dettes passe
elles sont illégales et ils va même jusqu'à dire que ceux qui ont prêté sont des criminels et des terroristes

Il veux 30 % de remise sur les dettes passe et qu'on lui prête quand même 30 milliards sans conditions il veux augmenter les retraites etc

Les grecs sont contre les demandes des créanciers a qui ils ont quand même emprunter de bon coeur

Je vois pas comment les gens raisonnable du nord de l'Europe peuvent encore supporter ce bazar

Il faut mieux trancher maintenant l'Europe sera plus forte Apres et les grecques vont se débrouiller tout seul
y en a marre
a écrit le 06/07/2015 à 18:58 :
Le "non" grec fiche le b*rdel en Union Européenne !! du jamais vu…. ce qu'il doit se marrer Poutine à ce moment….
a écrit le 06/07/2015 à 18:50 :
La Tragédie Grecque arrive à son épilogue...L'UE doit maintenant se doter d'instruments viables pour sauver e qui peut l'être. Ou les européens paient pour les mensonges grecques depuis l'adhésion à l'euro ou la Grèce quitte la zone pour se reconstruire....cela sera douloureux pour les Grecs....mais à force de vivre à crédit, arrive le moment ou il faut payer, non? l'euro ne peut que monter car nous payons depuis plus de 6 ans cette mascarade. La zone euro doit se renforcer et surtout se doter de vrais instruments pour faire face .
Réponse de le 06/07/2015 à 22:20 :
Cela n'arrivera pas. Parce que ce que vous appelez mensonges grecs sont en fait des mensonges européens. Toute la construction européenne actuelle est basée sur des mensonges. On vous montre la Grece du doigt, et demain le Portugal ou l'Italie, mais c'est pour mieux vous éloigner des vrais coupables. Le seul probleme c'est que sans une analyse juste, le contribuable européens continuera a paye éternellement pour ces mensonges !
a écrit le 06/07/2015 à 18:39 :
La vie des gens, des Grecs ne se limite pas à "Qu'est-ce qui coûte le plus cher?". Cette approche financière, économique, spéculatrice est insupportable. Ce qui "coûte le plus cher" ce sont CEUX qui coûtent le plus cher, les banquiers et la clique des analystes, faux économistes, spéculateurs, tricheurs, optimisateurs et paradis fiscaux. Tous ces parasites coûtent cher, tous les jours, en vie humaine, en destruction d'emploi, en pollution, dont la première est leur existence même.
a écrit le 06/07/2015 à 17:56 :
La question existentielle sera de savoir si l'Allemagne et ses alliés traditionnels (Pays-Bas, Luxembourg, Belgique, etc.) se retireront de l'UE au cas où le socialo-communiste Hollande décide de continuer à saigner le contribuable pour la Grèce. Alors ne se posera même plus la question du Brexit et on assistera à un redécoupage géopolitique digne des années Talleyrand :-)
Réponse de le 06/07/2015 à 18:44 :
Commentaire assez basique. Bravo!
Réponse de le 06/07/2015 à 19:00 :
Je ne suis pas d'accord par rapport au "socialo-communiste Hollande", FH est un néo-libéral de facto plutôt.
Réponse de le 06/07/2015 à 19:26 :
Est-il possible de supprimer ce type de commentaire digne du café du commerce ?

Bonne soirée
Réponse de le 06/07/2015 à 20:02 :
@@Patrickb: je suis contre tout ce qui restreint les libertés individuelles. On peut être capitaliste et tout ce qu'on voudra, pourvu que ce soit avec ses propres moyens. Dès lors qu'on oblige le contribuable à payer pour les autres, on est dans une doctrine communiste derrière un paravent socialiste. Que les Grecs fassent ce qu'ils veulent, rien de plus naturel. Que le contribuable européen paie pour eux et je dis NIET. On a suffisamment de gens chez nous qui méritent mieux sans aller se fourvoyer avec des profiteurs !!!
Réponse de le 06/07/2015 à 22:11 :
Hollande risque d'être assez isolé sur ce coup-là. On ne voit pas les pays baltes, ni la Finlande, ni la Slovaquie, ni le Portugal ni même l'Espagne qui doit impérativement faire un exemple avec la Grèce et Syriza pour éviter la contagion populiste chez elle le suivre. Et Renzi ne suivra probablement pas non plus.
a écrit le 06/07/2015 à 17:41 :
La question ne se pose plus depuis un temps certain. La Grèce ne remboursera pas ses dettes puisqu'elle ne peut pas. La Grèce est insolvable puisqu'elle ne peut pas émettre des obligations et ne vit que par les apports de FMI/BCE/ZE.
Si on fait -1 dans la ZE, et alors ?
Tous ceux qui s'attendaient à des déflagrations sur les marchés financiers peuvent constater qu'il ne se passe rien. Un phénomène beaucoup plus important est la chute des marchés chinois qui pourrait peut-être (j'écris bien peut-être) entraîner une crise financière majeure en Asie (et peut-être ailleurs par effet domino), qui est d'une toute autre ampleur que l'épiphénomène Grexit.
Cordialement
Réponse de le 06/07/2015 à 18:44 :
@Bernardino
Complètement d'accord, la chute des marchés Chinois va éclipser le problème Grec, qui, au regard des sommes en jeu représente à peu près... rien. La déflagration Chinoise va s'entendre au bout de la planète, et les Chinois en matière de poudre, il s'y connaissent... Ils l'ont inventée.
Réponse de le 06/07/2015 à 22:23 :
Car bien sur, le problème chinois n'amplifiera pas le problème grec, ou l'inverse.
Tout comme la chute de Lehman brothers n'aurait pas du entrainer toute la finance mondiale dans la tourmente.

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