Journal / Editos et opinions
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Source : La Tribune - 30/01/2010 | 23:00 - 796 mots  | 

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L'analyse d'Erik Izraelewicz : la tragédie grecque Le regard d'Hélène Fontanaud : Croc de boucher...

Le déjeuner de François Lenglet : George Soros, le financier qui ne croit pas à la fin de la crise



A près de 80 ans, le spéculateur repenti n'a rien perdu de son acuité. À l'hôtel Seehof de Davos, il livrait ses analyses sur la conjoncture.

Pour franchir les postes de l'hôtel Seehof, il faut montrer patte blanche. Ou plutôt badge blanc, celui qui est attribué aux participants par l'organisation du Forum économique mondial. Un sésame sans lequel le visiteur n'est qu'un non-être, auquel on interdit même l'accès au centre de la petite ville suisse de Davos. Comme tout le monde, je le porte autour du cou, bien en évidence, de façon à parer les dizaines de contrôles quotidiens effectués par les militaires suisses emmitouflés qui sont en faction dans les rues enneigées.

George Soros est un habitué de Davos. Il vient chaque année avec son épouse, une étonnante poupée aux longs cheveux peroxydés, qui a l'air d'être sa fille ou sa petite fille, selon la distance à laquelle on l'observe. Chaque année, le financier presque octogénaire organise un déjeuner, où il convie quelques participants du forum, pour délivrer ses oracles sur la marche du monde. Du monde, et surtout de la finance. Il arrive alors que le saumon fumé du Seehof attende sur la table dressée, tout comme attendent ses convives.

« Nous ne sommes pas sortis du bois »

Un peu voûté par le temps, le visage flétri comme une vieille pomme et troué par deux yeux étincelants de vivacité et d'intelligence. La spéculation ne conserve pas le corps, mais à coup sûr l'esprit. « Nous ne sommes pas sortis du bois », avertit-il d'entrée. « La superbulle financière qui a explosé en 2008 a été en partie regonflée par les mesures de sauvetage de l'économie mondiale. Il y a un vrai risque de rechute en 2011. »

Soros a inventé une théorie qui explique les aberrations que l'on constate sur les marchés. Selon lui, les acteurs s'alimentent mutuellement en illusions qui gagnent en force à mesure qu'elles se transmettent de l'un à l'autre. Illusions d'autant plus séduisantes qu'elles permettent d'encaisser des fortunes, lorsqu'on sait en jouer. Les esprits simples diraient que les financiers sont moutonniers, mais Soros, qui se pique de philosophie, a inventé un nouveau mot pour qualifier le phénomène : la « réflexivité ».

Le coup de maître de ce Hongrois d'origine, qui est arrivé aux États-Unis après la guerre, a été de faire « sauter » le système monétaire européen en 1992, en pariant sur la dévaluation de la livre sterling et de la lire italienne. Un bel exemple de « réflexivité », qui lui aurait rapporté un milliard de dollars au détriment des banques centrales, notamment celle d'Angleterre.

À l'époque, il avait été filmé par la télévision française dans sa piscine de milliardaire, distribuant ses admonestations aux gouvernements européens. Depuis, les temps ont changé. Soros a vieilli, et il s'est repenti. Sa fondation investit désormais des centaines de millions de dollars dans une cinquantaine de pays, notamment en Europe de l'Est, dans la santé, la justice, l'éducation, le développement d'une presse indépendante. Des bonnes oeuvres auxquelles il consacre l'essentiel de son temps. La fondation s'appelle l'Institut de la société ouverte - en écho à l'esprit internationaliste de son père, qui parlait l'espéranto à la maison et a écrit plusieurs ouvrages dans cette langue ?

« L'euro est une monnaie inachevée »

Pour être repenti, George Soros n'a pas perdu son intérêt pour la chose financière. Il continue du reste à présider le fonds qui porte son nom, même s'il ne le gère plus. Alors, la crise grecque, qui fait rage sur les marchés obligataires, alors que nous attaquons le rôti tranché accompagné d'une étique pomme de terre ? « L'euro est une monnaie inachevée, on a créé une banque fédérale, mais pas de ministère des Finances », répond-il. Irait-il spéculer sur l'explosion de l'union, comme il l'a fait en 1992 ? « Pour les pays concernés, l'avantage de participer à l'union monétaire, et la protection que cela confère, sont tellement précieux qu'ils vont s'imposer une discipline de fer pour y rester. »

Si la conjoncture ne lui inspire guère d'optimisme, c'est que l'on n'a pas traité en profondeur les causes de la crise. « À marchés financiers mondialisés, il faut des règles mondiales, sinon, c'est la catastrophe assurée. Je le disais bien avant la crise. Et nous n'y sommes toujours pas. » Et la réforme Obama, qui vise à encadrer les pratiques spéculatives des banques ?

« Quand une voiture dérape, il faut accompagner sa trajectoire avec le volant, avant de reprendre le contrôle avec un mouvement vigoureux. Avec la finance, c'est pareil. Le coup de volant d'Obama est prématuré, car la voiture dérape toujours. Et si même c'était l'heure, il n'est pas suffisant. » Le dessert est servi ; Soros n'a pris qu'un verre d'eau - un véritable anachorète.

Alors, que faire ? Contrôler la production du crédit, qui permettra de lutter contre les bulles spéculatives. « Si l'accès au crédit est facile, il n'y a rien de plus rationnel, pour un investisseur, que de mettre son argent dans une bulle. Dès que j'en vois une, j'achète. » Non, décidément, le philanthrope n'a pas tué le financier.

François Lenglet

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  • nicolas3 a écrit le 01/02/2010 à 09:43 :

    • Cet article n'a absolumment aucun intérêt, qu'apprenons-nous ? Qu'il y a un risque de rechute parce-que les marchés financiers ne sont pas assez régulés ? Ce qui nous aurait intéressé, c'est de savoir comment Monsieur Soros va se positionner.

  • Petit Compère a écrit le 31/01/2010 à 10:54 :

    • Beaucoup de gens, jeunes,ils sont de gauche il veulent que les plus riches partagent. Au fur et à mesure qu'ils montent dans l'échelle sociale, ils sont de plus en plus à droite. A la fin de leur vie il ne pense plus qu'à protéger leurs acquis. Soros n'a pas demandé le partage, il apris sa fortune. Maintenant qu'il a de l'argent à ne plus savoir qu'en faire, il lui faut la "considération"

  • genese a écrit le 30/01/2010 à 19:25 :

    • lado, ton président devait même être à l'origine du monde, la genèse ce n'est pas lui? plaisanterie à part, SOROS reste cynique et comme il bénéficie encore des imperfections de ce monde de la finance, il ne propose rien d'utile pour le changer! comme beaucoup d'autres à DAVOS, malheureusement!

  • LADO a écrit le 30/01/2010 à 18:12 :

    • Pourquoi vous oubliez de dire que c'est notre Président qui a été à l'origine du G20 et des règles de régulation à l'Echelle mondiale ...

  • Socrate a écrit le 30/01/2010 à 14:02 :

    • La crise n'est pas terminée parce qu'il ne s'agit pas d'une crise, mais d'un changement de paradigme. L'argent en circulation ne correspond plus au richesses créées et au potentiel de notre bonne vieille planète. Mr Soros le sait sans doute mieux que tout le monde.... mais celà ne peut être dit, la finance comme la monnaie étant avant tout une question de confiance, quand elles deviennent une question de croyances, le point final va devoir être mis.

  • le banquier a écrit le 30/01/2010 à 12:05 :

    • Il ne faut jamais perdre de vue que la spéculation financière génère des produits financiers qui n'alimentent pas seulement le profit des banques et des spéculateurs,mais aussi tout un pan de l'économie grâce aux impôts qui en découlent(tva,+values,impôts divers...)

  • Jipegue a écrit le 30/01/2010 à 10:56 :

    • Nul ne devient milliardaire s'il n'a pas un "gros" quelque chose en plus, et de l'expérience à revendre. La crise est loin d'être finie et se développera sans doute à un plus bas insoupçonnable. Les banques ne pensent qu'à leurs profits et pas à leurs clients. Les chefs d'état ne voient rien venir, comme d'habitude, et sont assistés d' "experts" sans aucune imagination, et restant sur leurs logiques des temps passés...Une nouvelle bulle se forme depuis plusieurs mois et son éclatement sera encore plus "terrible" que la précèdente. On soigne le mal par le mal. Le particulier est trop endetté et on le pousse à continuer, les états sont trop endettés et continuent dans la fuite en avant. Messieurs les économistes un peu d'imagination (nouvelle) et de courage afin de stopper cette destruction massive de la richesse mondiale....

  • démocrate a écrit le 30/01/2010 à 10:53 :

    • Mr Lenglet,Soros parle de contrôle du crédit.La vraie solution du problème de la crise financière et de la dette publique c'est la récupération par les états de la création monétaire et du crédit,comme prôné par le prix nobel d'économie français (1988),Maurice Allais.Mr Lenglet osez donner la parole à Allais dans votre journal et lui, vous proposera des vraies solutions de la crise économico-financière actuelle.

  • r a écrit le 30/01/2010 à 10:47 :

    • il a raison sans doute il ne parle pas ouvertement du systeme monetaire international ,mais c"est sous entendu.

  • lecteur critique a écrit le 30/01/2010 à 10:40 :

    • J'ai beaucoup aimé le côté culinaire de l'article et le style Mais, d'après le petit Robert le mot anachorète n'a pas le sens que vous lui donnez. Visiblement l'auteur n'en est pas un. Je n'ai noté aucune anacoluthe dans le texte, c'est dommage. Quant au côté financier rien de vraiment nouveau. Beaucoup d'encre pour pas grand chose

  • Utopiste eclairé a écrit le 30/01/2010 à 09:01 :

    • La critique du système est aisé, mais la proposition de solutions semble difficile même pour l'oracle de la finance. Le repentir doit s'accompagner d'actes concrets et de propositions hissant la finance au bénéfice de l'homme et non l'inverse.

  • soloyo 83 a écrit le 30/01/2010 à 08:46 :

    • je suis tout à fait d'accord avec ce Monsieur et je suis étonné que l'on puisse lire le contraire dans les presses quotidiennes

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