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Économie - La Tribune Région Sud

SeaTIMed / Spacemar : Les entreprises du pôle Mer Méditerranée espèrent un cadre et un budget

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Publié le 13 octobre 2013 à 22:00 - Mis à jour le 13 octobre 2013 à 22:00

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  • L'instant Sélection
Quelles sont les solutions du futur en matière de surveillance maritime depuis l'espace, et comment peser au niveau de la France et de l'Europe pour impulser la création d'un cadre et d'un budget dédié au développement de ces solutions ? Les industriels et sociétés de services du secteur attendaient des réponses à l'occasion de la troisième édition du symposium international SeaTIMed / Spacemar dédié à la surveillance maritime et organisé à Toulon par le Pôle de compétitivité Mer Méditerranée.

Alors que 90 % des échanges mondiaux transitent par la mer, les enjeux de la surveillance maritime sont multiples : sécuriser les accès, empêcher les actes de piraterie, les trafics illégaux, assurer la sécurité de la navigation, surveiller la pêche illégale, l'immigration ou encore développer les services de sauvetage en mer. Utilisé largement dans le domaine environnemental, avec la détection des dégazages illégaux ou le suivi des océans et des animaux marins, le spatial sert aussi au suivi des bateaux via leur système d'anticollision AIS (Automatic Identification System, qui concerne pour l'instant les bateaux de plus de 300 tonneaux de jauge brute). "Le problème, c'est que les satellites ont été conçus pour observer la terre et pas pour faire de la surveillance maritime, il y a donc beaucoup de limites", amorce Olivier Autran, business developper chez Thales Alenia Space de Toulouse et modérateur de la table ronde orientée sur le spatial de SeaTIMed. Les couvertures ne sont pas assez larges, le taux de renouvellement est trop long. Sachant qu'il faut, dans le spatial, entre quinze et vingt ans entre le lancement d'un programme et les premières réalisations opérationnelles.

Satellites de communication

Olivier Autran lance l'alerte : "alors que les grandes puissances comme le Japon, la Chine ou le Canada se positionnent sur la surveillance maritime spatiale, la France ou l'Europe n'ont toujours pas de projets ou de cadre." La France est pourtant la deuxième zone économique exclusive (200 milles nautiques au-delà de la ligne de base de l'Etat) mondiale (soit 11 035 km²), derrière les États-Unis (11 351 km²) et la première européenne. Elle est aussi un des leaders européens de l'industrie spatiale. "La France a donc un intérêt réel à se positionner en tant que leader sur le secteur de la surveillance maritime, insiste Olivier Autran.

Solutions du futur toujours au stade de concept

Pour l'instant, les solutions du futur imaginées par les industriels Thales Alenia Space ou Astrium Services, et présentées lors de SeaTIMed sont financées sur fonds propres et demeurent au stade de concept. Astrium Services travaille à un service de surveillance spatiale en orbite géostationnaire (GO3S). Situé à 36 000 km de la terre (quand les satellites évoluent à environ 800 km d'altitude), il permettrait d'observer un carré de 100 km de côté, avec possibilité de changer la zone couverte en temps réel et de produire des vidéos. La société a également travaillé sur un système d'identification automatique des navires par satellite (SAT-AIS) haute performance, qui permettrait d'identifier des bateaux même sur des zones très fréquentées, comme les routes de commerce, dans la perspective du lancement d'un AIS spatial européen. "Les pays membres de l'agence spatiale européenne ont décidé en réunion ministérielle (en novembre 2012) de ne pas financer ce projet pour des raisons budgétaires et ont repoussé la question au prochain conseil", explique Philippe Cheoux-Damas, directeur du département surveillance maritime d'Astrium Services.


Thalès Alenia Space travaille pour sa part sur une constellation de neuf satellites AIS et radars (Stella Marina) permettant de détecter tout type de bateaux (à partir de 20 mètres pour l'instant mais à partir de 3 mètres potentiellement), coopératifs et non coopératifs, et par tous temps. Ne procurant pas d'images, les satellites consommeraient seulement 1 kW/h (soit 7 fois moins que les satellites actuels) et renouvelleraient les informations toutes les une à deux heures. "Nous pourrions réaliser des économies substantielles sur la construction de ces satellites en profitant de notre expérience sur la nouvelle constellation télécom de 78 satellites Irridium Next/Elite qui va être lancée d'ici 2 à 3 ans et qui représente un coût de 3 milliards de dollars", explique Olivier Autran.

Traitement et accès aux données

La France a tout de même initié il y a six mois un groupe de travail pilote nommé Trimaran au sein duquel les professionnels (la filiale d'EADS spécialisée dans les technologies spatiales, Astrium Services, l'italien Telespazio et la filiale du CNES spécialisée dans la collecte de données environnementales, la localisation et la surveillance des océans, CLS) et institutions travaillent ensemble pour fournir aux utilisateurs finaux des services opérationnels en utilisant les satellites existants (4 optiques et 4 radars). L'idée est de délivrer une information correspondant aux besoins de chaque utilisateur via un guichet unique. Un démonstrateur est en cours de construction et le développement à plus grande échelle est prévue en 2015.

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Priorité aux investissements avec retombées économiques à moyen terme

Lors de la présentation des 34 priorités de la France industrielle en septembre, le gouvernement a annoncé sa volonté de développer les satellites géostationnaires de télécommunication à propulsion électrique, "un marché avec de fortes perspectives de croissance, principalement à l'export", sur lequel est également positionné Thalès Alenia Space, et où l'industrie européenne "peut espérer capter jusqu'à un tiers du marché à horizon 2017".

C.HENRY

Photo : Olivier Autran, business developper chez Thales Alenia Space

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