La "smart industry", l'atout tendance pour attirer les jeunes vers l'industrie ?
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"Je compte beaucoup sur cette initiative pour rapprocher le monde de l'enseignement et le monde de l'industrie" explique Jean Luminet, président de l'UIMM Midi-Pyrénées à propos des nombreuses visites d'usines organisées dans la région à l'occasion de la Semaine de l'industrie du 7 au 13 avril. Il faut dire que le secteur souffre de sa mauvaise image auprès du jeune public et de fait d'un déficit de candidatures. Dans le cadre de cette 4e semaine de l'industrie, les professionnels ont choisi leur axe de communication : "En 2014, notre credo sera la smart industry !" annonce Jean Luminet. La formule est lâchée : la smart industry, l'industrie 4.0, l'usine digitale... plusieurs appellations existent.
La "smart" quoi?
Si le nom du concept n'est pas encore très connu du grand public, certaines de ses matérialisations sont en revanche déjà relativement connues. Qui n'a pas encore entendu parler d'imprimante 3D ? D'objets connectés ? Ils incarnent rien moins pour certains que la 4e révolution industrielle. En effet, après l'invention de la machine à vapeur, l'arrivée de l'électricité (entraînant le taylorisme), puis après le passage d'une logique câblée à une logique programmée, l'industrie entre dans une nouvelle ère : l'arrivée d'internet dans les usines est en train de bouleverser complètement les process. "La connexion de tous les outils de production induit de meilleures performances, plus de rapidité, plus de flexibilité, plus de personnalisation" résume Laurent Siegfried, délégué en charge du marché industrie au sein du Gimélec, (Groupement des industries de l'équipement électrique, du contrôle-commande et des services associés).
L'industrie 4.0 (expression lancée par les allemands en mai dernier), signifie un changement de paradigme pour l'industrie. "L'essor de l'informatique industrielle modifie le paysage" poursuit Laurent Siegfried. La possibilité de faire des simulations de plus en plus techniques et pointues à l'ordinateur va considérablement faire chuter le nombre de tests grandeur nature nécessaire dans la phase de R&D. Des logiciels de modélisation puissants permettent déjà de minimiser le nombre de prototypes, avant le passage à la phase de production. "Dans le domaine de l'aviation par exemple, les essais ont entièrement été faits virtuellement pour le dernier Falcon de Dassault" illustre l'ingénieur d'étude. La numérisation et la digitalisation consolident l'industrie, il en est absolument convaincu. "Si les gens ne vont pas vers cette voie là, c'est la mort de l'industrie classique !" insiste l'ingénieur.
De nouveaux métiers en perspective
Qui dit évolution profonde des méthodes de production, dit changement de métiers. L'industrie 4.0 est synonyme de nouveaux métiers, elle va amener des "geeks" dans les services R&D des entreprises industrielles. Sur le long terme, Laurent Siegfried estime qu'un nombre moins importants de personnes travailleront dans l'industrie mais ce sera sur des postes demandant des compétences très pointues. "Il va falloir faire monter d'un cran les niveaux de formation" lance-t-il. Autrement dit, on embauchera surtout des ingénieurs spécialisés, plutôt que des opérateurs de conduite. Une étude commandée par le Gimélec est attendue pour fin avril, elle devrait apporter des éléments plus précis quant aux opportunités de la "smart industry", notamment en termes d'emplois.
Adeline Raynal
© photo Rémi Benoit
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