Face à une situation proche du "dépôt de bilan", Jean-Luc Moudenc annonce une hausse des impôts

Alexandre Léoty

Alexandre Léoty
"Les Toulousains ont le droit de le savoir : notre ville vit au-dessus de ses moyens, au point qu'elle se trouve aujourd'hui au bord du dépôt de bilan !" C'est un sombre état des lieux qu'a dressé aujourd'hui 2 avril Jean-Luc Moudenc. Le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole a présenté à la presse les grandes orientations budgétaires 2015-2020 qui seront proposées au vote du conseil métropolitain le 9 avril et du conseil municipal le 10 avril. Des orientations qui s'inscrivent dans un contexte financier plutôt complexe.
Autre facteur défavorable avancé par le maire de Toulouse : la réduction des dotations de l'État aux collectivités locales. "Cela a considérablement accentué nos difficultés, explique-t-il. C'est, très concrètement, moins 640 millions d'euros de recettes dans nos budgets communaux et métropolitain de la mandature sur le territoire de Toulouse Métropole !"
Pour autant, Jean-Luc Moudenc n'entend pas renoncer aux investissements.
Pour Toulouse Métropole, ces investissements, de l'ordre de 1,5 milliard d'euros d'ici à 2020, concerneront principalement les déplacements, l'habitat, le développement économique et les projets structurants. À Toulouse, les priorités restent la sécurité, l'éducation et la solidarité. La Ville prévoit ainsi d'investir 120 millions d'euros chaque année jusqu'en 2020.
Pour maintenir ce niveau d'investissement dans un contexte financier aussi tendu, Jean-Luc Moudenc a choisi de jouer sur plusieurs leviers. Les économies de fonctionnement, tout d'abord. L'élu s'engage à réaliser 105 millions d'euros d'économies à Toulouse, à travers notamment le non-remplacement systématique des départs à la retraite des agents municipaux, mais aussi la réduction des subventions allouées aux organismes extérieurs "satellites de la collectivité" et aux associations. Par ailleurs, le maire de Toulouse a annoncé que sa ville aurait recours à l'emprunt. "C'est inévitable", assure l'élu, qui prévoit également la vente d'un certain nombre d'actifs immobiliers et fonciers.
Mais il le confesse : "cela ne suffira pas". Le quart restant devra être supporté par les contribuables. L'augmentation des tarifs des services municipaux toulousains devrait ainsi permettre de récolter 10 millions d'euros, tandis que celle de la taxe d'habitation et de la taxe foncière devrait générer une recette globale de 30 millions d'euros. Le taux de taxe foncière passera à Toulouse de 17,64 % à 20,29 % et celui de la taxe d'habitation passera de 15,87 % à 18,25 %.
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Le principe est le même pour Toulouse Métropole. Pour maintenir son niveau d'investissement, la collectivité doit trouver 116 millions d'euros d'ici à 2020. Au-delà des économies de fonctionnement qui pourraient être réalisées, là encore, les ménages - mais aussi les entreprises - seront mis à contribution. 52 millions d'euros devraient ainsi être mobilisés par la hausse des tarifs et l'impôt. La taxe foncière, aujourd'hui de 5,18 %, sera portée à 5,96 % et le taux de la taxe d'habitation passera de 14,34 % à 16,49 %.
Par ailleurs, après cette augmentation des impôts qui concerne 2015, l'élu s'engage à une stabilité fiscale à partir de 2016, et ce jusqu'à la fin de son mandat. "L'effort sera demandé une fois pour toutes", insiste-t-il.
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Jean-Luc Moudenc le sait, de telles mesures risquent d'entamer sa popularité. "Augmenter l'impôt est pour moi et mon équipe un crève-cœur, assure-t-il. Ces derniers mois, nous avons tout fait pour éviter ce recours à la fiscalité. Mais si j'avais fait porter par la seule collectivité l'effort d'équilibre budgétaire, j'aurais cassé les services publics. Je ne le veux pas. Tout comme je n'ai pas voulu arrêter tous les projets, tuer l'investissement, faire prendre à Toulouse le parti du surplace, qui est celui du recul." Le maire de Toulouse dit "assumer" ses responsabilités.
Et l'élu d'ajouter : "J'aime Toulouse davantage encore que mon bureau du Capitole ou de la Métropole..."
Sur Twitter, Pierre Cohen, l'ancien maire socialiste de Toulouse, directement visé par les déclarations de Jean-Luc Moudenc, a tenu a réagir dès jeudi 2 avril au soir.
L'écologiste Antoine Maurice a lui aussi commenté sur Facebook les annonces du maire de Toulouse :
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