Rigueur, réduction des déficits, emploi, dépendance : discours très attendu de politique générale de François Fillon aujourd'hui

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Le Premier ministre, sorti renforcé du remaniement du 14 novembre, détaille devant les députés sa feuille de route jusqu'en 2012. Priorités : l'emploi et les déficits publics.

La consécration aura un goût de revanche. Même si, depuis qu'il a été reconduit à son poste il y a dix jours, François Fillon s'emploie à gommer toutes les aspérités dans sa relation avec Nicolas Sarkozy. Tant à l'Elysée qu'à Matignon, on souligne que le deuxième discours de politique générale du Premier ministre à l'Assemblée nationale ? le premier avait eu lieu le 3 juillet 2007 ? a été préparé « en étroite concertation » et « en bonne entente entre les deux maisons ».

François Fillon sait qu'il aura probablement droit ce mercredi à une ovation debout des députés de l'UMP, qui ont joué un grand rôle dans son maintien à Matignon. Le vote qui suivra est une simple formalité, mais le Premier ministre a jugé « normal » de solliciter « la confiance » des parlementaires pour mener la barque gouvernementale jusqu'à la présidentielle de 2012.

François Fillon, le « bien-aimé » des députés, doit rassurer et tenter d'apaiser les tensions suscitées dans la majorité par le remaniement, qui a consacré la fin du cycle de l'ouverture et d'un certain équilibre entre UMP issus du RPR et de l'UDF.

Dès l'annonce de sa victoire sur Jean-Louis Borloo ? qui voulait incarner à Matignon le « virage social » du quinquennat ?, François Fillon a décliné les « priorités » de son nouveau gouvernement. Au premier rang desquelles, rigueur oblige, « la lutte contre les déficits et la réduction de la dépense publique ».

Coup de force

S'il a réfuté le terme d'« hyper Premier ministre » utilisé dans la presse pour saluer son coup de force institutionnel, François Fillon a retenu la formule de « gouvernement de combat », faisant de la lutte « contre le chômage, les injustices et l'insécurité » une autre de ses priorités.

Il s'est aussi engagé sur le dossier de la dépendance et sur une réforme de la fiscalité, avec suppression de l'impôt sur la fortune et du bouclier fiscal, des chantiers sur lesquels Nicolas Sarkozy s'est longuement exprimé lors de son émission télévisée de la semaine dernière.

Contraint budgétairement, François Fillon veut essayer de donner du souffle à cette dernière étape du quinquennat, prélude d'une nouvelle campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Il lui faut éviter le piège tendu par les sondages, qui, ces derniers jours, font de lui un éventuel meilleur candidat à la présidentielle que le chef de l'Etat.

Un sondage Ifop-« Paris Match », rendu public mardi, constitue un nouveau signal d'alarme pour Nicolas Sarkozy, donné perdant au second tour de la présidentielle face à plusieurs présidentiables socialistes. Dominique Strauss-Kahn l'écraserait avec 59 % des voix, contre 41 %. François Hollande l'emporterait, avec 53 % des voix, contre 47 % au président sortant. Martine Aubry serait élue, avec 52 % des suffrages, contre 48 % à Nicolas Sarkozy.

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