Les 5 grains de sable qui menacent la reprise des marchés financiers

Les marchés financiers mondiaux se sont encore inscrits dans le vert ce jeudi. Certains spécialistes estiment pourtant qu'il faut raison garder. Comme Aurel BGC qui pointe plusieurs éléments susceptibles de contrarier le mouvement actuel.
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Ce jeudi encore, les marchés financiers ont fait bonne figure, même si certains se sont montrés hésitants. Les principaux indices profitent depuis plusieurs semaines d'une nouvelle perception des risques avec des origines aussi bien psychologiques que fondamentales, si l'on en croit le dernier point mensuel d'Aurel BGC. Parmi les éléments tangibles : le rôle des banques centrales, la BCE comme la Fed venant de démontrer leur capacité à mettre en place des mesures exceptionnelles pour soutenir l'économie et surtout le système bancaire. De même, les entreprises (surtout celles appartenant au secteur cyclique) se sont-elles montrées très réactives dans la gestion de leurs stocks et de leurs effectifs. Réaction qui leur a permis de préserver leurs niveaux de marges. Et de publier des résultats annuels en ligne avec les anticipations des analystes. Enfin, les injections massives des banques centrales ont largement contribué à rassurer les investisseurs vis-à-vis du risque bancaire. Permettant à tout le secteur, manifestement sous évalué depuis la mi août, de profiter d'arbitrages favorables.
Face à cette nouvelle donne, les spécialistes sont moins stressés et se dépêchent de revenir sur les actions, qui après avoir été largement boudées sont aujourd'hui considérées comme l'actif le plus intéressant. Et pour cause : les PER (ratio de capitalisation) des sociétés cotées sont très bas alors que la rémunération des actifs sans risque est historiquement faible.

Le risque Grec est toujours là

Mais face à ce regain d'intérêt, Christian Parisot, à la tête du bureau de recherche d'Aurel BGC pointe du doigt plusieurs éléments susceptibles de tempérer cette subite euphorie. Il en voit cinq qu'il qualifie de « grains de sables ». Avec tout d'abord la persistance du risque grec fragilisant la reprise du marché obligataire. « La question est de savoir si avec un plan d'aide de 130 milliards d'euros et une restructuration de la dette publique détenue par les agents privés, le pays pourra éviter la faillite. Rien n'est certain. La dégradation de la conjoncture est rapide et l'économie ne s'est pas encore stabilisée. Les besoins de financement de la Grèce pourraient être nettement supérieurs aux estimations des responsables européens. Les 130 milliards seraient alors insuffisants », indique Christian Parisot. Deuxième grain de sable, les incertitudes concernant les statistiques d'activité en Europe. La dégradation du marché du travail ne va-t-elle pas remettre en cause la solidité de la consommation ? Troisième grain de sable : le retour de la confiance dans la zone euro devrait immanquablement se traduire par un rebond de l'euro, élément plutôt négatif pour les grands exportateurs européens. Quatrième grain de sable : le pétrole et son inexorable hausse depuis plusieurs années, contribuant largement à l'inflation mondiale et par ricochet à l'a réduction de la consommation des ménages. Cinquième et dernier grain de sable : les signaux plutôt mitigés des pays émergents. En Inde comme en Chine, l'inflation est très forte. Ce dernier pays continue en outre de souffrir d'une grave crise immobilière susceptible d'avoir des conséquences sur les banques locales. La croissance est quand même au rendez-vous et les analystes la situent entre 8 et 8,5% cette année. Au Brésil et en Argentine, la demande intérieure est mal orientée. Les deux pays pâtissent en outre de la hausse de leur monnaie respective.

pendant ce temps, les Etats-Unis se reprennent très nettement

Si ces éléments sont effectivement de nature à tempérer les esprits, Jean-Louis Mourier qui dirige la recherche macro-économique chez Aurel BGC reconnaît qu'un autre phénomène est en revanche plus qu'encourageant : l'évolution de l'économie américaine. Même si la croissance du pays de l'Oncle Sam reste faible, on assiste depuis plusieurs mois à une véritable amélioration conjoncturelle. « Le PIB américain a effacé la dernière récession, en valeur comme en volume. Si l'immobilier est loin d'avoir oublié la dernière crise, plusieurs secteurs clefs de l'économie ont bénéficié d'une forte croissance et leur activité est désormais au-dessus des points hauts précédents. Les secteurs technologique, aéronautique ou automobile, de fortes pondérations dans les indices boursiers, sont notamment dans ce cas », lance Jean-Louis Mourier. Cerise sur le gâteau, les américains pâtissent moins que les autres la hausse des prix du pétrole, le pays utilisant beaucoup de gaz de schiste, bien moins cher.
Et lorsque l'on sait que les Etats-Unis sont le moteur de l'économie mondiale (sur les deux premiers mois de 2012, les ventes automobiles aux US sont en progression de 15%, soit mieux que celle réalisée en Chine !), ll y a de fortes raisons d'espérer le meilleur pour les mois à venir.
 

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Commentaires 4
à écrit le 15/03/2012 à 18:23
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La reprise US est liée à la reprise de l'endettement ou du suendettement des ménages et à la nouvelle bulle internet, c'est tout, ah j'oubliais les subventions au secteur automobile US qui sort des bagnoles mois cher grâce au contribuable américain e...

à écrit le 15/03/2012 à 17:51
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Les grains de sables il en voit 5, moi j'en vois UN ! Le bon sens ! Les marchés sont "la" raison de cette crise, on vient de leur donner des TRILLIARDS pour ne rien relancer du tout, il s'agit juste de "financer des états et eux-mêmes" alors tout cel...

le 15/03/2012 à 19:30
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Moi je vois plutôt la dune du pilas, m'enfin, bref.

le 15/03/2012 à 21:37
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En effet, où sont les autres grains?!!!

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