"Les cours du pétrole représentent la principale menace pour les marchés"

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Les marchés américains devraient rester bien orientés jusqu'à la fin de l'année, estime Thomas Lee, responsable de la recherche action chez JP Morgan Chase. Mais l'évolution des cours du brut demeure un danger.

La Tribune - Après le succès d'opération d'échange de la dette des créanciers privés en Grèce, à quoi faut-il s'attendre pour les marchés américains au cours de prochaines semaines ?

Thomas Lee - Ils vont certainement se détourner un peu de l'Europe, qui a été un vrai sujet d'inquiétudes au cours des deux derniers mois en raison du risque d'une crise financière systémique. Les marchés commencent déjà se focaliser plus sur la situation au Moyen-Orient et de son impact sur les cours du pétrole, les marchés regarderont également les statistiques macro-économiques aux Etats-Unis, où elles sont positives, et en Chine, où la question est de savoir qu'elle sera l'ampleur du ralentissement économique (le gouvernement chinois a abaissé la semaine dernière sa prévision de croissance pour 2012, ndlr).

Les cours du pétrole peuvent-ils continuer à monter ? A partir de quel niveau faudra-t-il commencer à s'inquiéter ?

A partir de 140 dollars pour le Brent (qui s'échange lundi à 125 dollars, ndlr). L'évolution des cours est difficile à prévoir. Cela dépendra de la vigueur de la croissance et des risques géopolitiques, deux facteurs qui peuvent nourrir une hausse. Ils représentent aujourd'hui l'une des menaces les plus importantes pour l'économie et pour les marchés.

Vous misez sur un S&P 500 à 1.430 points à la fin de l'année. Cela représente un peu plus de 4% de son niveau actuel. Alors que l'indice a déjà progressé de 9% depuis le début de l'année, quels facteurs vont lui permettre d'atteindre cette prévision ?

Au-delà de l'économie américaine qui se renforce, le marché action reste relativement bon marché. Il est par exemple meilleur marché qu'il ne l'était en 2009. Mais cela peut prendre du temps avant que les investisseurs fassent à nouveau confiance aux actions, qui sont aujourd'hui sous pondérées dans leur portefeuille.

Qu'attendez-vous la réunion de la Réserve fédérale mardi ? Une nouvelle intervention est-elle nécessaire ?

Je ne pense pas que de nouvelles actions soient actuellement nécessaires. Mardi, le plus important seront les commentaires du Comité sur la situation économique. On ne devrait pas apprendre grand-chose à part cela.

Quel peut être l'impact des élections de novembre sur les marchés américains ?

Il ne devrait pas être si important. Les investisseurs préfèreraient avoir un président et un Congrès républicains. Mais si Barack Obama et les démocrates s'imposent cela sera principalement grâce à une amélioration de la conjoncture économique, ce qui favorisera les marchés.

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Commentaires
a écrit le 13/03/2012 à 10:29 :
Au sujet du pétrole, l'évènement majeur dont on parle assez peu (euphémisme), reste quand même le fait que nous sommes aujourd'hui au/après le pic mondial(maximum barils/jour "produit" et consommés) de production de pétrole.
Voir à ce sujet l'article paru dans Nature le 26 janvier dernier en lien ci-dessous par exemple :
http://iiscn.wordpress.com/2011/05/06/bataille-et-lenergie/
a écrit le 12/03/2012 à 15:33 :
J'attends les retombées de la guerre en Lybie qui devaient nous permettre d'avoir du pétrole meilleur marché à la suite de la chute de Khadafi. Comme d'habitude rien ne vient et le cochon de payeur n'a qu'à se la boucler. Oui mais il vote..........

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