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Matteo Renzi dans la dernière ligne droite pour diriger l'Italie

Photo de Christine Lejoux

latribune.fr

Publié le 15 février 2014 à 14:26 - Mis à jour le 15 février 2014 à 14:44

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La quasi-totalité de la classe politique italienne devait défiler samedi chez le président Giorgio Napolitano, pour des consultations préalables à la nomination de Matteo Renzi à la tête du pays.

Du minuscule parti du Haut-Adige à Silvio Berlusconi, toute la classe politique italienne, à l'exception des contestataires du Mouvement Cinq étoiles, a recommencé à défiler samedi chez le président Giorgio Napolitano pour des consultations préalables à la nomination de Matteo Renzi à la tête du pays.

Véritable marathon pour le président de 88 ans : pas moins d'une quinzaine de délégations se succèdent dans la journée, avant que M. Napolitano n'annonce le nom de celui qui succédera à Enrico Letta, poussé vers la sortie jeudi par son propre parti.

Un faux suspense puisque la nomination du jeune maire de Florence est attendue par tous, au point que certains partis, comme le Mouvement Cinq étoiles (M5S) de l'ex-comique Beppe Grillo et le parti autonomiste de la Ligue du Nord de Matteo Salvini, ont refusé l'invitation de M. Napolitano.

Pendant que M. Letta remettait sa démission au président Napolitano, le Florentin, "maire et quasi Premier ministre", célébrait vendredi la Saint-Valentin avec 1.268 couples fêtant leurs 50 ans de mariage. Il leur a confié : "ce n'était pas ainsi que j'en rêvais mais je n'avais pas d'autre choix".

Amorcées dès vendredi soir après le départ de M. Letta du Quirinal, les consultations ont repris samedi matin. "La semaine prochaine sera décisive et j'espère concluante", a déclaré Riccardo Nencini, chef du Parti socialiste italien (PSI) à l'issue d'une entrevue avec M. Napolitano, souhaitant connaître "l'ordre des priorités" du nouveau gouvernement.

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Des représentants du parti de droite Fratelli d'Italia (FDI) ont symboliquement remis leur cartes d'électeurs au président de la République pour dénoncer "le troisième gouvernement consécutif qui ne tient pas compte de la volonté des Italiens" après celui, technique, de Mario Monti et celui de la coalition gauche droite d'Enrico Letta.

Les choses sérieuses commencent dans l'après-midi : le président du "Nouveau centre droit" (NCD), Angelino Alfano, vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur du gouvernement Letta et ex-dauphin de Silvio Berlusconi, a averti que son soutien au futur exécutif dépendrait du programme de Renzi. "Soit nous faisons de grandes choses (ensemble, ndlr), si c'est pour en faire des petites, autant retourner voter", a-t-il mis en garde dans un tweet.

Il sera suivi en fin d'après-midi par le Cavaliere, toujours aux commandes de son parti Forza Italia, après sa destitution du Sénat consécutive à sa condamnation pour fraude fiscale. La journée s'achèvera avec le Parti démocrate (PD), qui sera représenté par deux de ses dirigeants, mais pas M. Renzi.

Ce dernier devra composer avec la formation actuelle du Parlement, qui n'avait pas dégagé de majorité claire au printemps dernier, pour former un gouvernement de coalition gauche droite, comme son prédécesseur.

La Repubblica avance le chiffre de 18 ministres, "dont la moitié de femmes". L'économiste Lucrezia Reichlin pourrait remplacer Fabrizio Saccomani à un ministère toujours scruté de près par les partenaires européens de la troisième économie de la zone euro.

D'autant que, malgré un rebond de 0,1% du PIB au quatrième trimestre 2013, après deux ans de récession économique, l'Italie est loin d'être tirée d'affaire, avec une dette publique s'élevant à 127% de son PIB et un chômage à 13% (plus de 40% chez les jeunes).

"Emploi et fiscalité" devront en tous les cas être les deux priorités du nouvel exécutif, selon le Corriere della Sera, même si Matteo Renzi n'a jusqu'à présent pas précisé comment il comptait financer les réformes qu'il veut mettre en place.

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Selon la Stampa, l'appui du NCD étant acquis, M. Alfano resterait au gouvernement. Au jeu du "toto-ministri", un autre nom circule, celui de Luca Cordero di Montezemolo, président de Ferrari et de Fiat, et chantre du "Made in Italy". Emma Bonino, radicale, ancienne commissaire européenne, pourrait conserver son portefeuille aux Affaires étrangères. Une fois son gouvernement formé, M. Renzi devra se présenter devant le Parlement pour un vote de confiance.

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