Allemagne : les anti-euro s'ancrent un peu plus dans le paysage politique

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Alternative für Deutschland (Alternative pour l'Allemagne) prône la sortie de l'euro, son cheval de bataille aux législatives de 2013, et le retour au Deutsche Mark, surfant sur un euroscepticisme qui gagne du terrain dans la plupart des pays d'Europ. REUTERS.
Alternative für Deutschland (Alternative pour l'Allemagne) prône la sortie de l'euro, son cheval de bataille aux législatives de 2013, et le retour au Deutsche Mark, surfant sur un euroscepticisme qui gagne du terrain dans la plupart des pays d'Europ. REUTERS. (Crédits : reuters.com)
Le jeune parti anti-euro (AfD) a fait son entrée dimanche dans deux nouveaux parlements régionaux allemands.

Le jeune parti anti-euro (AfD) a fait son entrée dans deux nouveaux parlements régionaux allemands, en Thuringe et dans le Brandebourg, qui votaient dimanche, d'après les premières projections diffusées par la télévision publique allemande sur la base de résultats partiels. Ce mouvement créé au printemps 2013 est crédité de 10% des voix en Thuringe et de 12% dans le Brandebourg - deux Länder (Etats régionaux) d'ex-RDA - deux semaines après son entrée historique dans un premier parlement régional, en Saxe, dépassant les pronostics des sondeurs et la barre de 5% requise pour entrer au Parlement.

 Le jeune parti antieuro s'ancre donc encore un peu plus, s'affichant comme un nouvel acteur sérieux du jeu politique, à la droite de la CDU, porté notamment par le soutien "d'anciens électeurs conservateurs" déçus, relève Werner Patzelt, politologue à l'Université technique de Dresde. Alternative für Deutschland (Alternative pour l'Allemagne) prône la sortie de l'euro, son cheval de bataille aux législatives de 2013, et le retour au Deutsche Mark, surfant sur un euroscepticisme qui gagne du terrain dans la plupart des pays d'Europe, poursuit M. Patzelt.

Cette formation, qui a gagné sept sièges au Parlement européen en mai et flirté avec les 10% aux élections régionales de Saxe il y a deux semaines, défend aussi une ligne très droitière sur l'immigration, les "valeurs familiales" et l'insécurité, qui lui vaut l'étiquette de "populiste".

La chancelière conservatrice Angela Merkel a estimé la semaine dernière que le gouvernement devait résoudre "les problèmes qui touchent les gens", y compris "le crime et le nombre croissant de demandeurs d'asile", une sortie interprétée comme une réponse à l'AfD sur ses thèmes favoris. Dans un entretien au Bild am Sonntag, le vice-chancelier allemand social-démocrate et ministre de l'Economie a mis en garde contre l'AfD, qu'il qualifie de "destructeur d'emplois" :

"Celui qui critique autant l'Europe ne comprend pas que des millions d'emplois dépendent d'une Europe qui fonctionne". A terme, l'installation de ce parti "en pleine puberté",

selon Werner Patzelt, nécessitera des succès électoraux répétés et dépendra de l'action de ses représentants dans les parlements régionaux, l'AfD ayant échoué de peu à entrer au Bundestag à l'automne 2013.

De l'autre côté de l'échiquier politique, la gauche radicale Die Linke, deuxième en Thuringe derrière les conservateurs d'Angela Merkel, serait en mesure de prendre la direction de cet Etat-région, si elle réussit à s'allier aux sociaux-démocrates du SPD et aux Verts lors des négociations de coalition. Mais la coalition gagnante ne sera pas connue dimanche soir, les négociations pour former un gouvernement s'écoulant sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Tout dépendra de ce que décidera le SPD, en position de "faiseur de roi". Actuellement partenaires des conservateurs au niveau national comme en Thuringe, les sociaux-démocrates dirigent le Brandebourg avec Die Linke et leur leader, Sigmar Gabriel, n'a pas exclu une telle alliance en Thuringe. "Cela serait un signal et pourrait ouvrir la voie à un changement au niveau fédéral", malgré des divergences profondes entre les deux formations, estime le politologue Ulrich Sarcinelli.

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a écrit le 15/09/2014 à 10:53 :
En étudiant le profil des électeurs des partis d'extrême droite, on se rend compte que ce sont les "perdants" du système actuel et que leur niveau socio-culturel est en-dessous de la moyenne. Plus de pédagogie sur les conséquences d'une révolution "nationaliste" est nécessaire. La révolution nassérienne en Egypte qui a fait fuir l'élite et a plongé le pays dans la corruption et la misère est un bon exemple. C'est le rôle des politiques et des journalistes d'expliquer et d'améliorer leur quotidien. Pour les plus "durs", il n'y a pas d'autres choix que de les éloigner des lieux de pouvoir.
Réponse de le 15/09/2014 à 11:17 :
Vous vous trompez beaucoup de personnes d'un niveau socio-culturel élevé pensent voter Front National sans l'avouer bien sur devant une caméra ou un micro. Et d'autres part ce n'est pas aux journalistes d'expliquer ils ne sont censés être la que pour rapporter, mais bien souvent leur "cacophonie" ne fait que diluer voir polluer le discours des quelques politiques encore crédibles.
Réponse de le 15/09/2014 à 11:51 :
Pour les plus "durs", il n'y a pas d'autres choix que de les éloigner des lieux de pouvoir. "

Bien d'accord avec vous, mais c'est aussi valable pour les plus"nuls" ! Ils sont malheureusement légion en république socialiste ! Soyons honnêtes intellectuellement, si la France est aujourd'hui dans une situation économique, sociale et culturelle catastrophique, il sera difficile de faire porter le chapeau à une formation qui n'a jamais été aux affaires nationales !
Quant à l'expérience municipale du fn, je pense que le podium est largement occupé parle ps et pour très longtemps !
a écrit le 15/09/2014 à 8:00 :
avant , avec 6;55 francs , j'avais 6 pains ; maintenant , avec 1 euro j'achète 1 pain ;
Réponse de le 15/09/2014 à 13:27 :
J'allais reprendre le même exemple avec mes Ferrari. Avant avec 6 550 000 Frs, j'avais 10 Ferrari. Aujourd'hui j'en ai plus qu'un. Et encore pas le dernier modèle.
a écrit le 15/09/2014 à 7:46 :
L'Europe actuelle est une mauvaise Europe qu'il faudra détruire si elle ne redresse pas la barre.
Les possibilités d'optimisations fiscales au sein même de cette Europe sont l'exemple parfait de l'une de ses "tares" surtout quand cette Europe d'un autre coté "gronde" ses états membres qui n'atteignent pas l'équilibre budgétaire.
Soit elle redresse la barre, soit on se tire :)
a écrit le 15/09/2014 à 5:28 :
Il serait peut etre temps de s'interroger pour savoir comment partout en Europe le seul partie qui progresse sont les partis fascites ou fascisants avant qu'il ne soit trop tard! Ces gens l'histoire l'a montre a de nombreuses reprises sont porteurs de solutions courtemistes et de misère pour longtemps.
a écrit le 15/09/2014 à 0:02 :
Si on sort de l'euro on sort de l'Union européenne et si on sort de l'Union c'est le début de problèmes plus importants. C'est étrange comme l'histoire de l'Europe c'est toujours des avancées par des gens constructifs pour l'Europe comme Charles Quint, Charlemagne, Napoléon, de Gaulle etc et d'autres négatifs comme les séparatistes type FN en France. L'avenir n'est certainement pas à l'individualisme et au repli sur soi. Des grandes zones géographiques se construisent pendant ce temps comme l'Union Africaine, l'Eurasie de Poutine, des Unions en Asie, Amérique latine etc. L'avenir n'est pas au retour en arrière pour satisfaire aux ambitions politiques de certains partis du moment. Ce n'est pas la monnaie euro qui pose problème mais l'inadaptation de certains pays. Certains allemands voudraient un euro plus fort, d'autres pays un euro plus faible. C'est aux pays de s'adapter structurellement vers l'unité.
Réponse de le 15/09/2014 à 1:22 :
Napoleon? Serieusement?!... il faut pas confondre tyrannie et liberte... on ne veut plus de tyrannie, empire ou collectivisme..., mais la liberté. En sortant de l'enfer fiscal Français et de la bureaucracie euro....
Réponse de le 15/09/2014 à 8:20 :
"Si on sort de l'euro on sort de l'Union européenne et si on sort de l'Union c'est le début de problèmes plus importants."

Faux ! La grande Bretagne n'est pas dans la zone euro que je sache, elle fait pourtant bien partie de l'Union Européenne et se porte bien mieux que certains autres pays comme la France pour ne pas la citer !
a écrit le 14/09/2014 à 20:12 :
En quittant l'euro il y aura fort peu de changements pour l'Allemagne car comme tout un chacun le sait, l'euro est basé sur le deutschemark. Le problème va se poser sérieusement pour des pays qui avaient un cours plus inférieur par rapport le dollar (la France avait le dollar à peu près à 6 francs français), alors là ce sera la dégringolade définitive. Il ne restera qu'une alternative et peut-être c'est celle-là qui se trouve derrière ces mouvements pour la fin de l'euro : la fin du dollar en tant que monnaie internationale. Les autres divises reprendront leur cours habituel et les transactions commerciales internationales se feront avec les divises respectives de chaque pays. Fini le dollar (et les US avec, tant pis!) et l'euro mais le monde redeviendra, je l'espère, plus sain avec ses finances.
a écrit le 14/09/2014 à 18:07 :
je me souviens quand j'etais bidasse en Allemagne en 65, il fallait 3 francs pour un mark.
a écrit le 14/09/2014 à 17:47 :
Sans l'euro, les allemands sont morts économiquement. Ils ne domineront plus l'Europe.
Réponse de le 15/09/2014 à 9:28 :
Il ne me semble pas que l'Allemagne etait morte economiquement du temps du Deutschmark..
a écrit le 14/09/2014 à 14:19 :
Quelqu'un pourrait-il expliquer pourquoi un nombre grandissant d'allemands veulent sortir de l'euro alors que c'est eux qui en profitent le plus ?

Avant l'euro, les allemands étaient constamment obligés de se serrer la ceinture pour maintenir leur avance en matière de compétitivité, avance qui était toujours rapidement réduite à néant par les dévaluations compétitives de leurs voisins.

L'euro leur a permis pour la première fois de continuer à se faire de l'argent sur notre dos sans avoir à maintenir cette course en avant, c'est stupide de leur part de vouloir y renoncer !
Réponse de le 14/09/2014 à 14:26 :
In fine, ce que vous dites est qu'avant l'euro, les autres pays, dont la France, se sont fait une santé économique sur le dos des allemands. En même temps vous deplorez que ce soit maintenant l'Allemagne qui fait cela ?
Réponse de le 14/09/2014 à 14:29 :
Certes mais ils savent très bien qu'a un moment ou un autre ils devront payer pour les autres...encore un problème de taille qui va a l'encontre de cette soit disans fédéralisation de l'Europe qui n'aura jamais lieu bien sur.

Raison de plus pour en sortir au plus vite...
Réponse de le 14/09/2014 à 16:05 :
@ cad : Ca n'est absolument pas ce que je dis. Je dis qu'avant l'euro, on pouvait limiter l'écart de compétitivité avec l'Allemagne par de la dévaluation (combien d'argent ils se faisaient sur notre dos, pas nous sur le leur).
Réponse de le 14/09/2014 à 16:08 :
@ eric : Ok, votre explication donne un sens à tout cela.
Réponse de le 14/09/2014 à 17:52 :
les allemands ne comprennent rien à l'économie. Ils pensent que l'euro est mauvais pour eux. Alors qu'ils sont les seuls à en profiter. Les français ne comprennent rien non plus. ils sont les perdants de l'euro et veulent rester dedans.
Réponse de le 15/09/2014 à 9:11 :
Dabs tous les pays, vous avez des gens qui mettent le probleme du pays sur le dos de l euro. En france on y met le chomage et le fait que l etat ne puisse plus jetter l argent par les fenetres. EN Allemagne, le fait qu ils doivent renflouer les panier perces comme la grece (et peut etre demain la france)
Réponse de le 15/09/2014 à 12:43 :
Plutot faux comme premise : les Allemands ne se sont jamais serre la ceinture du temps du Deutschmark. Les devaluations competitives des competiteurs Europeens se sont succeedees sans impacter l’Allemagne. Une Peugeot moins chere n’a jamais concurrence une Mercedes. Les Allemands ont du se serrer un peu la ceinture pour financer la reunification, puis plus tard, du fait de l’ouverture a l’Est qui a provoque une hemorragie de capitaux Allemands vers ce nouvel hinterland, aux depends des investissements nationaux. Mais ce n’est pas l’Euro qui a provoque ces ajustements.
Les Allemands ne veulent pas de l’Euro pour trois raisons : d’une part ils ont fait l’experience d’une monnaie qui ne vaut plus rien, et de la ruine qui en resulte. D’autre part ils ne controlent pas l’Euro, qui est une monnaie commune, et sont terrifies par les appels a la devaluation de leur epargne par tous ces pays du Sud qui veulent consommer plus qu’ils ne produisent. Enfin, du fait de leurs experience federale, ils savent tres bien que la gabegie des uns (les Laender est-allemand ont investi massivement dans des infrastructures et des postes de fonctionnaires, qui se sont revelees plutot steriles pour l’economie reelle, et qu’ils ne peuvent plus financer seuls) doit etre compensee par des transferts internes.
a écrit le 14/09/2014 à 13:50 :
tous les prix nobel disent que l'euro est une absurdité.
a écrit le 14/09/2014 à 13:39 :
je rejoins les avis précédents, depuis l 'euro , l 'europe est un désastre , nous sommes des millions à le penser sauf les politiques ,
il faut sortir de l 'europe aux plus vite
a écrit le 14/09/2014 à 13:04 :
c'est un parti de professeur de professeur d'économie comme quoi l'analyse du FN est la bonne pour sortir de l'euro
a écrit le 14/09/2014 à 12:47 :
s'ils retournent au mark, ils peuvent dire adieux à leurs 200 milliards d excédents commerciaux et nous on peut dire adieux à notre déficit commercial.
Réponse de le 14/09/2014 à 14:28 :
L'Allemagne a été excedentaire aussi durant le temps de mark forte.
a écrit le 14/09/2014 à 12:47 :
s'ils retournent au mark, ils peuvent dire adieux à leurs 200 milliards d excédents commerciaux et nous on peut dire adieux à notre déficit commercial.
a écrit le 14/09/2014 à 12:34 :
ils ont raison. Il faut sortir de l'euro. tout allait bien mieux avant cette monnaie pourrie.
a écrit le 14/09/2014 à 12:27 :
L'Europe était bien plus compétitive lorsqu'elle mettait en compétition sa main d'oeuvre par des monnaies nationales. L'Euro a fait beaucoup de torts aux européens en leur promettant l'harmonisation économique par la monnaie unique, ce qui s'avère être une tromperie politique!
a écrit le 14/09/2014 à 12:16 :
Le premier sorti de l'euro aura une longueur d'avance.laisserons nous sortir les allemands les premiers ? Et rester agonisant en continuant d'investir et d'obeir a cet instrument guerrier américain ? Depuis l'Ukraine, l'euro fait couler le sang des européens.

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