Nouveau repli de l'emploi salarié au troisième trimestre

Au cours du troisième trimestre 2008, l'emploi salarié a enregistré une diminution de 0,1 %, ce qui représente 12.800 salariés. C'est le deuxième trimestre consécutif de baisse, un phénomène qui n'avait pas été observé depuis 2003.

Les nuages noirs s?accumulent sur le front de l?emploi. «L?emploi salarié est entré en récession technique, avec deux trimestres de baisse consécutifs», indique Bernard Ernst, directeur des études et des statistiques l?Unedic, en commentant les chiffres de l?emploi salarié Unédic au troisième trimestre 2008. En effet, après une baisse de 0,2 % au deuxième trimestre l?emploi salarié enregistre une diminution de 0,1 % au cours du troisième trimestre 2008, soit une perte de 12.800 postes. Ce «léger ralentissement de la baisse au deuxième trimestre s?explique quasi intégralement par l?intérim qui a baissé moins vite qu?au deuxième trimestre», analyse Bernard Ernst. Au final, cette baisse de l?emploi au 3ème trimestre ramène à 16.730.000 le nombre de salariés des secteurs concurrentiels au 30 septembre 2008. Et depuis le début de l?année 2008 l?économie française a créé 18.200 emplois supplémentaires.


Ce phénomène de baisse de l?emploi salarié pendant deux trimestres consécutifs n?avait pas observé depuis? 2003, qui avait vu la destruction de 50.000 emplois entre fin décembre 2002 et fin décembre 2003.
Au troisième trimestre, les pertes d?emploi s?expliquent par la diminution de l?emploi dans l?industrie, non compensées par les créations nettes enregistrées dans la construction et le tertiaire. L?industrie enregistre en effet un nouveau recul de ses effectifs (-0,6 %, soit - 19.000 postes de travail), ce qui ramené sur l?année, conduit à une baisse de -0,3 %, soit - 41.900 salariés. «C?est un nouveau point bas historique », note Bernard Ernst. Avec quelque 3,31 millions de salariés, le poids de l?industrie dans l?emploi salarié se maintient sous les 20 %, alors qu?il était de 42 % fin 1976. Par ailleurs, fin octobre 2008, 31 % des chefs d?entreprise dans l?industrie avaient des difficultés de recrutement ( ? 6 points en 3 mois et -9 points en 9 mois). Moins touché, l?emploi dans le secteur de la construction résiste quant à lui avec une légère progression au troisième trimestre 2008 (+0,2 %, soit + 2.600 postes de travail). Et sur un an (de septembre 2007 à septembre 2008) la construction affiche une hausse de ses effectifs de 2,7 %, ce qui représente 41.000 créations nettes d?emplois. Dans ce secteur, l?indicateur de tension ralentit, puisqu?en octobre 2008, 68 % des chefs d?entreprises déclaraient des difficultés de recrutement, contre 75 % il y a trois mois et 79 % il y a six mois). 

De son côté, le secteur tertiaire, affiche une quasi-stabilité, avec 3.600 postes créés. Sur un an, les effectifs progressent de 1,2 % (+139.900 emplois). Très touché au troisième trimestre, l?intérim a nettement, avec une perte de 26.800 postes, soit -4 %, ce qui représente sur un an une perte de 70.100 postes (-9,9 %). L?Unedic précise également que si les missions d?intérim étaient réaffectées dans les secteurs où elles s?exercent, la baisse sur l?année serait plus marquée dans l?industrie (-2,3 % entre septembre 2007 et septembre 2008). Dans le même temps, la hausse sur un an serait légèrement plus élevée dans le tertiaire (+1,7 %) et plus faible dans la progression (+1,5 %). «Pour le 4ème trimestre, les prévisions ne s?annoncent pas bonnes, notamment en raison des mauvais chiffres de l?intérim et le bilan 2008 sera négatif. Pour 2009, il sera certainement négatif», pronostique Bernard Ersnt.

*le champ couvert par la statistique de l?Unedic comprend l?ensemble des secteurs concurrentiels, y compris la plupart des entreprises à caractère industriel et commercial, hormis la quasi-totalité du secteur agricole et para-agricole, soit environ 16,7 millions de salariés
 

De grandes disparités régionales 

Au cours du troisième trimestre 2008, seize régions présentent une baisse de leurs effectifs, notamment Champagne-Ardennes (-1,1 %), Centre (-0,8 %), Picardie (-0,7 %), Nord-Pas-de-Calais (-3,5 %), Bourgogne et Franche-Comté (-0,5 %) chacune, Lorraine et Haute-Normandie (-0,4 %) chacune. De son côté, la région Bretagne affiche une quasi-stabilité. Et celles qui tirent le mieux leur épingle du jeu sont le Midi-Pyrénées (+0.6 %), la Provence-Alpes-Côte d?Azur (+2,1 %) le Midi-Pyrénées (+1,8 %), le Languedoc Roussillon (+1,7 %), l?Ile-de-France (+1,4 %), la Bretagne (+1,2 %) et l?Aquitaine (+1%). Les régions Bourgogne et Picardie affichent quant à elle une quasi-stabilité tandis qu?à l?opposé la Champagne-Ardennes (-1,3 %), le Centre (-0,9 %), la Franche-Comté (-0,8%), la Haute-Normandie (-0,4 %) et la Limousin (-0,3 %) enregistrent une baisse annuelle.

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Commentaires 3
à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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il serait bon de préciser que la baisse depuis 2003 concernait les catégories que l'on veut bien considérer comme des chomeurs puisque les autres augmentent. voir sur le site ci-dessous et merci de nous informer (vraiment) : http://www.chomiste-la...

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Ne vous en faites Messieurs des partis de droite,la "gauche n'aurait fait mieux".C'est actuellement une gestion qui dép

à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Ce n'est pas un problème nouveau même la gauche aurait tombé!Que voulez-vous si ce n'est des pertes,les petites entreprises comme les grandes gestionnaires des pays environnants qui font chûter les emplois salariés et libéraux.La longue nuit qui se p...

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