La tempête Xynthia fait au moins quatorze morts

 |   |  1048  mots
(Crédits : DR)
Selon un bilan toujours provisoire, la tempête Xynthia a causé la mort d'au moins quatorze Français, en Vendée, en Charente-Maritime, en Haute-Garonne, dans les Pyrénées-Atlantique et dans l'Yonne. Cinq autres personnes sont portées disparues. Et d'après l'agence Reuters d'autres victimes sont à déplorer. ERDF estime à près d'un million le nombre de foyers privés d'électricité. Par ailleurs, Air France a été contraint d'annuler 70 vols à Roissy CDG.

Les rafales de vent provoquées par Xynthia n'ont pas été aussi dévastatrices que celles de Lothar et Martin qui, fin décembre 1999, avaient dévasté les forêts françaises. Mais cette nouvelle tempête pourrait surpasser par son ampleur Klaus, qui l'an passé, entre 23 le 24 janvier, avait obligé Météo France à placer une partie du Sud-Ouest de la France en alerte rouge.

Un bilan provisoire toujours incertain

Ce dimanche matin, alors que la tempête poursuivait sa route en direction de la Belgique et de l'Allemagne, l'alerte rouge a été levée. Pour autant, le bilan des dégâts occasionnés par Xynthia reste provisoire. En France, on comptait ce dimanche midi entre douze et quinze victimes selon qu'on prend en compte les seuls décès recensés par l'Agence France Presse (AFP) ou qu'on y ajoute ceux que mentionne l'agence Reuters.

C'est le département de la Vendée qui paie le plus lourd tribut. Selon le commandant Samuel Bernes, porte-parole de la Sécurité civile, cinq personnes sont mortes noyées dans la zone de La-Faute-sur-Mer et de l'Aiguillon-sur-Mer. Et cinq autres personnes, qui se trouvaient semble-t-il avec elles, ont été emportées par les vagues et restent pour le moment introuvables.

Reuters mentionne par ailleurs le décès de deux pêcheurs à pied, probalement emportés par une vague et retrouvés morts samedi en Loire-Atlantique et de cinq autres personnes décédées en Charente-Maritime, la première à Aytré, la deuxième à Charron, commune située dans la baie d'Aiguillon, la troisième - une femme de 88 ans retrouvée noyée à son domicile - sur l'île d'Oléron et les deux dernières à Chatelaillon-les-Boucholeurs, près de La Rochelle.

Le bilan de l'AFP différe notamment sur le nombre de morts en Charente-Maritime. L'agence signale, comme Reuters, la découverte d'une octogénaire morte noyée à son domicile, sur l'ile d'Oléron mais, citant la préfecture, elle ne mentionne que deux autres décès dans ce département, dont celui d'un enfant de 10 ans, qui, "selon les premières hypothèses, pourraient être liés aux intempéries". Par ailleurs, les deux agences mentionnent le décès, samedi soir, à Luchon (Haute-Garonne), d'un jeune homme tué par la chute d'une branche d'arbre. Enfin l'AFP signalait dimanche après midi, le décès à Saints, dans l'Yonne, d'un retraité de 78 ans. Il se trouvait dans son jardin quand une poutrelle emportée par le vent lui est tombé dessus. L'agence cite enfin le décès à Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées Atlantiques) de deux personnes asphixiées après avoir respiré les gaz d'échappement du générateur qu'elles avaient mis en route après une coupure d'électricité. A ce bilan provisoire, il fait ajouter les trois décès causés par le passage de Xynthia en Espagne. 

De la Bretagne à l'Auvergne, des milions de Français privés de courant

Xynthia a également provoqué de nombreuses coupures d'électricité. ERDF estime ce matin, que près d'un million de foyers étaient privés ce matin de courant. Selon un porte-parole interrogé par l'agence France-Presse, la Bretagne, le Centre, l'Auvergne et le Limousin sont les régions les plus touchées. Dans la matinée, la région parisienne a été à son tour affectée par des rafales de vent dépassant les 100 km/h. A Roissy Charles-de-Gaulle, Air France a ainsi été contrainte d'annuler 70 vols, soit 10% de son programme dominical. Les passagers des vols maintenus sont appelés à faire preuve de patience. Selon ADP, il faut compter en moyenne 52 minutes pour l'ensemble des vols, toutes compagnies confondues.

TGV au ralenti et trains de banlieue bloqués au Nord de Paris

La circulation des trains est également affectée. Sur l'axe Atlantique (Paris - Le Mans - Rennes - Nantes - Brest), mais sur la ligne Bordeaux - Paris, le premier TGV parti ce matin de Bordeaux à 6h33 a été contraint de circuler à vitesse réduite. Sur l'axe Paris - Limoges -Toulouse, la SNCF procède ce matin à des reconnaissances pour vérifier l'état de la ligne. On ignore pour l'heure dans quelle mesure le trafic sera perturbé sur cette ligne. En Ile-de-France, des arbres sont tombés sur les voies à Franconville et à Asnières. Entre Ermont et Pontoise et entre Ermont et Valmondois la circulation des trains est interrompue. A Asnières les trains circulent sur les voies non touchées par la chute des arbres. La SNCF a envoyé des équipes d'urgence sur place pour dégager et réparer au plus vite les infrastructures touchées. La SNCF invite les voyageurs a se connecter sur internet www.infolignes.com ou, pour l'Ile-de-France, sur
www.transilien.com. Des informations réactualisées sont également diffusées par téléphone au 3635.

La ministre de l'Economie appelle les assureurs à leur responsabilité

La ministre de l'Economie a d'ores et déjà invité les assureurs à prendre leur responsabilité. "Afin de limiter les conséquences de cet événement climatique pour les personnes concernées" ecrit le ministère dans un communiqué, "Christine Lagarde appelle les assureurs à une mobilisation exemplaire afin d'accélérer les procédures d'indemnisation et de réparation, et afin de permettre l'envoi dès que possible d'experts dans les zones concernées afin d'évaluer les dégâts." La ministre de l'Economie souligne par ailleurs que "tous les contrats d'assurance multirisques habitation comprennent obligatoirement une garantie tempête qui couvre les dommages causés par les effets du vent". Pour ce qui est des conséquences des inondations, la ministre souhaite que "les évaluations nécessaires à une possible reconnaissance de catastrophe naturelle soient engagées dès lundi". La réaction des assureurs ne s'est pas faite attendre. Dimanche après-midi, la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) a envoyé un communiqué pour rappeler les conditions d'indemnisation des victimes. Tout en précisant que "les sociétés d'assurance prennent en charge les dégâts matériels causés par les inondations dans les communes décrétées en situation de catastrophe naturelle par arrêté interministériel publié au Journal Officiel."

 

Vu sur Youtube : des rafales de vent impressionnantes

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :