Aubry redemande l'abandon du bouclier fiscal, des membres de l'UMP aussi

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Martine Aubry veut l'abandon du bouclier fiscal ainsi que des textes inclus dans la loi Tepa. Des députés UMP et Nouveau Centre réclament aussi soit sa suspension, soit sa remise à plat.

Martine Aubry redemande l'abandon du "bouclier fiscal". Mais elle ne s'arrête pas là. "Je redemande solennellement, ça fait deux ans qu'on le fait, nous seulement la suppression du bouclier fiscal mais aussi de tous ces textes qui, dans la loi Tepa coûtent 15 milliards d'euros par an".

Sur France 2, la première secrétaire du Parti Socialiste a estimé que la défiscalisation des heures supplémentaires est une "aberration qui n'incite pas les patrons à embaucher". Elle trouve également que les déductions fiscales aux personnes remboursant un emprunt immobilier favorisent les ménages plutôt aisés et non ceux qui ne peuvent se loger.

Le "bouclier fiscal" profite à moins de 20.000 contribuables, et a coûté 700 millions d'euros à l'Etat en 2009, selon des chiffres officiels.

La responsable socialiste n'est pas la seule à réclamer l'abandon de ce mécanisme. Treize députés UMP ont annoncé ce mercredi aussi qu'ils allaient demander la suspension du bouclier fiscal dans une proposition de loi, juste avant la rencontre du groupe UMP avec le chef de l'Etat à l'Elysée. Ce groupe comprend notamment des villepinistes (Marc Bernier, Marie-Anne Montchamp, Michel Raison), de même que Michel Piron et René Couanau, qui avait déposé en mars 2009 un amendement pour suspendre ce dispositif.

Le président du CNI et député-maire UMP de Cholet (Maine-et-Loire), Gilles Bourdouleix, a affirmé de son côté que le bouclier fiscal était "devenu, avec la crise, indécent". En estimant qu'il faut "briser le bouclier", le Centre national des indépendants et paysans affirme dans un communiqué que "s'il est une mesure dont la symbolique est totalement négative, c'est bien le bouclier fiscal". "Il faut le remettre en cause avec une adaptation juste", affirme Gilles Bourdouleix.

Autres critiques, celles du Nouveau Centre. Il a rappelé mercredi "la nécessité de remettre à plat le bouclier fiscal", y voyant un "impératif de solidarité". "Le débat sur l'opportunité de remettre à plat le bouclier fiscal semble faire son chemin au sein de la majorité présidentielle", écrivent dans un communiqué Charles de Courson, Nicolas Perruchot et Philippe Vigier, tous trois députés NC.

"C'est un premier pas important pour le Nouveau Centre qui n'a cessé, depuis trois ans, de demander une remise à plat de ce dispositif et dont la voix commence enfin à être entendue", selon eux. Le parti centriste "préconise une révision du dispositif actuel autour de deux propositions". D'abord, "avoir le courage de supprimer l'ISF et renforcer la progressivité de l'impôt sur le revenu avec l'instauration d'une tranche supplémentaire d'impôt à 45% pour plus de justice fiscale et sociale".

Ensuite, "aménager le bouclier fiscal en sortant les cotisations sociales" car, "face aux difficultés que rencontrent les Français qui souffrent de la crise, il est inacceptable que certains continuent à être dispensés de participer au financement de la solidarité nationale".

En revanche, le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a défendu le dispositif gouvernemental. "Les socialistes essaient de nous bousculer sur un bouclier fiscal qui représente 500 millions d'euros, là où le bouclier social que nous avons mis en place, à travers le RSA, les mesures de justice sociales et la suppression de niches fiscales, représentent 12 milliards d'euros", fait valoir le ministre. "Il faut dire que nous devons être fiers et revendiquer d'avoir mis en place ce bouclier social", a-t-il insisté.

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a écrit le 01/04/2010 à 13:00 :
Moi si je gagne le gros lot du Loto,je me sauve de France,faut etre débile pour accepter de payer 1% de ce tout ce qu'on posséde chaque année,au bout de 100 ans moi ou mes enfants il nous resterait "0" on aurait passé notre temps à payer des impots...
a écrit le 01/04/2010 à 8:17 :
je paierai 109 % d 'impots si il n'y avait pas le bouclier fiscal , donc je prépare rejoindre les 6500 expatries, noah, delon , les tenisman , les 3500 grands patrons et 2500 riches artistes .
L'état perds des dizaines de millards
Que le PS sache que la liberté individuelle existe , je laisserai mourir ma PME de 300 personnes en France et la ferai ailleurs .le PS n'aime pas les chefs d'entreprise , comment heuliez pourra trouver des investisseurs avec le dégout que la PS a pour ceux qui gagne del'argent le pays va aller au trou ferai ailleurs . vive la liberté individuelle
a écrit le 01/04/2010 à 7:14 :
Les revenus moyens (salaires + stock-options) d'un patron du CAC 40 qui représentaient en moyenne 80 fois le SMIC en 1990, représentent aujourd'hui environ 500 fois le SMIC. Soit 5 fois plus vite que la performance économique de leur entreprise et 5 fois plus vite que la richesse de leurs actionnaires. Notons au passage, que dans le même temps, le salaire moyen des français est passé de 1740 ? net mensuel à 2300 ? net mensuel soit une augmentation de 32 % en 20 ans.
Alors quand je lis "quitte à laisser de cote, pour un temps, le problème de la taille des parts" je m'interroge sur le "pour un temps", déjà 20 ans, encore combien ? attendons que tous les pauvres crèvent pour augmenter de nouveau leurs parts ! Merci Laurent 68.
a écrit le 31/03/2010 à 14:36 :
Combien reste il aux contribuables les moins riches bénificiant du bouclier fiscal après paiement de l'impôt ? 10 fois, 20 fois, 100 fois le smic ? Je parierai plutôt pour 100 que pour 10. Les pÔvres !
a écrit le 31/03/2010 à 11:15 :
La première niche fiscale n'est-elle pas les 50% de foyers exemptés d'IRPP?
Il conviendrait de négocier. D'autant que le massif transfert ne satisfait pas les bénéficiaires...
a écrit le 31/03/2010 à 10:35 :
La Tepa qui inclu le bouclier fiscal tente de rminimiser les erreurs des gouvernement anterieurs qui ont mis en place: l'ISF, les droits de succession, les 35 heures etc...
Les socialistes et madame Aubry font une fixation sur la redistribution de la richesse, c'est vouable comme idee. MAIS ceci n'est possible que si en parallele on veille a ce que la richesse produite augmente substantiellement.
Pour faire une petite metaphore quand le gateau est bien gros il est normal de verifier que les parts soient coupees de facon equitable. Mais quand le gateau retrecit il faut trouver un moyen de la faire grandir a nouveau quitte a laisser de cote, pour un temps, le probleme de la taille respective des parts.
a écrit le 31/03/2010 à 10:12 :
Encore une rustine! La chambre à air France n'en peut plus!...depuis 50 ans que nos politiques ne font que boucher des trous!... aucune vision globale du futur, aucune planification sérieuse, aucune stratégie d'ensemble claire... la France est devenue aussi floue que l'Europe... cette fois, on met rustines sur rustines, mais celles du 21ème siècle sont trouées mesdames et messieurs les politiques... pour donner de la voix, vous savez !... mais vous ne savez plus quoi inventer pour vous faire remarquer... lisez donc le livre "la Révolte des ciseaux" de Jean-Fernand Daniel, à voir sur TheBookEdition.com... vous y découvrirez votre miroir....
a écrit le 31/03/2010 à 8:44 :
je pense qu'il y a plus de 20000 contribuable qui déduisent les intérêts d'emprunts de leurs impôts....

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