Nicolas Sarkozy reçoit les députés, intense débat sur le bouclier fiscal

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Le chef de l'état reçoit ce mercredi les députés UMP, en proie au doute depuis la défaite des élections régionales. Un malaise accentué par l'impopularité record du patron de l'exécutif. Dans la majorité, le débat sur le bouclier fiscal s'intensifie.

Les mouches ont changé d'âne. » Ce député UMP, qui sera reçu avec ses collègues ce mercredi soir à l'Elysée, confie ainsi ses doutes à deux ans de la prochaine campagne présidentielle. La déroute de la droite aux élections régionales a sérieusement fissuré le socle de confiance des élus de la majorité, qui s'interrogent désormais sur la capacité de Nicolas Sarkozy, « candidat naturel », à les mener une nouvelle fois à la victoire. Et s'inquiètent de la dynamique unitaire à gauche.

Les débats relancés par la défaite du 21 mars illustrent le scepticisme croissant parmi les élus de la majorité concernant le coeur même du sarkozysme. En dix jours, la taxe carbone et l'ouverture ont été passées par pertes et profits. Et le bouclier fiscal vacille sous les coups répétés d'Alain Juppé, de Dominique de Villepin et les questions de plusieurs députés UMP, rejoints timidement mardi par leur chef de file, Jean-François Copé - qui a dit que sa réligion n'était pas faite sur le dossier alors que c'est lui qui l'avait mis en place mais à 60% et non à 50%, taux auquel l'a ramené Nicolas Sarkozy -, ce qui fait dire au socialiste François Hollande que « le verrou inégalitaire » est « en train de sauter » (lire ci-contre).

« Nous devons être aux côtés du futur candidat, le président de la République, face à une gauche rassemblée. Nous n'avons pas le droit de prendre le risque de la division », martèle pourtant Jean-François Copé, qui s'est spectaculairement rapproché de Nicolas Sarkozy depuis la débâcle du 21 mars. A tel point que le président du groupe UMP de l'Assemblée s'est payé le luxe de faire la leçon à l'ultrasarkozyste secrétaire général de l'UMP. Xavier Bertrand avait rappelé que la règle des primaires s'appliquerait à tous les candidats UMP à la présidentielle de 2012, y compris Nicolas Sarkozy. « Je ne comprends pas ce débat qui ne me paraît pas du tout d'actualité. C'est même à certains égards absurde d'aborder cette question aujourd'hui, là où les Français veulent qu'on apporte des réponses à la crise économique », a déclaré Jean-François Copé mardi sur France 2. Avant d'ajouter : « C'est un rendez-vous de bon sens que de se retrouver derrière Nicolas Sarkozy pour sa réélection. »

Et de fait, nul à droite ne se risque à envisager la réussite d'une candidature alternative à celle du président sortant en 2012. Mais Nicolas Sarkozy entretient lui-même le doute sur sa volonté de briguer un second mandat élyséen. Alain Juppé, Dominique de Villepin, et même Jean-François Copé, sont donc condamnés à attendre l'annonce du choix présidentiel, fin 2011.

un élément nouveau

Nicolas Sarkozy doit toutefois intégrer un élément nouveau dans sa réflexion : le Nouveau Centre, partenaire de l'UMP dans la majorité présidentielle, entend reprendre son autonomie en 2012. Hervé Morin, président du parti centriste, pourrait être candidat à la présidentielle pour tenter de récupérer une partie de l'électorat de François Bayrou. Le risque collatéral étant d'abaisser automatiquement le score de premier tour du candidat UMP. En 2007, Nicolas Sarkozy avait rassemblé sur son nom 31 % des voix dès le premier tour.

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Commentaires
a écrit le 31/03/2010 à 14:31 :
Commentaires au jugement facile. Politique fiction de surcroit. Alors faisons de la Science-Fiction : un deuxième tour PS / FN ? Eh bien je vais voter, mais blanc. Je ne vois pas le FN diriger notre pays, mais je ne vois pas non plus cet amalgalme innommable agglutiné autour du PS assurer l'avenir de la France. Certains parlent de programme, comment le PS pourrait-il en établir un crédible avec tous ces groupuscules internes et externes qui ne sont d'accord que sur une chose : avoir le pouvoir. Mais la bonne questiion est : pour en faire quoi ?Alors espérons que nous en restons à de la Science-Fiction.
a écrit le 31/03/2010 à 14:13 :
Notre président reçoit ce qu'il a semé. C'était un superman qui s'occupait de tout et réglait en un tour de main tous les problèmes de la France la journée et du monde le reste du temps. Aujourd'hui le roi est nu, car les difficultés ne se résolvent pas aussi facilement que voulait le faire croire le candidat à la présidentiel. Il faut du sang et des larmes pour être grand pas du bagou.
a écrit le 31/03/2010 à 13:12 :
NS un surhomme? un agité, oui,
il ne tiendrait même pas une demi journée devant une classe du 93!
et un enseignant qui le fait lui toute l'année, gagne 10 fois moins (uniquement sur le salaire!)
faisons donc faire à ces soit disant surhommes un boulot de ménage, caissière, soudeur, maçon, boulanger ou autres métiers épuisants physiquement, je doute qu'ils tiennent la semaine!
et oui laurent à raison, NS a tellement écoeuré tout le monde (gauche et droite) par ses mensonges à répétition que l'on se dirige, vers un 2ème tour PS FN, tant mieux j'espère à ce moment que la droite se mobilisera autant que la gauche à l'époque pour repousser l'extrème droite car d'ici là, la gauche plurielle aura un programme.
a écrit le 31/03/2010 à 10:43 :
Bravo LAURENT: bien parlé! c'est tout à fait ça la triste réalité d'aujourd'hui en France. Et cela fera tâche d'huile dans toute l'Europe si on n'y prend pas garde. Il y a comme des relents de 1936 en l'air et on a vu ce que cela a donnée...
KERVEL devrait se demander quand notre Président a le temps de dormir au lieu de le critiquer si facilement (diner à la Maison Blanche le mardi soir et se réunir avec les membres de l'UMP le mercredi en France: il y a de quoi comprendre qu'il ait un Jet privé pour sa fonction). J'aimerais savoir combien d'hommes et de femmes sont prêts á "essayer" de le remplacer dans ses fonctions , ne serait ce qu'une semaine: ils ne doivent pas courrir les rues. Des hommes comme Sarkosy ou Obama sont des surhommes et j'estime qu'on ne peut commencer à les critiquer sur leurs attitudes ( c.a..d. pas sur leurs politiques) que quand on est capable de travailler à 300Km/h pendant 18 heures par jour comme eux.
a écrit le 31/03/2010 à 7:43 :
Le mérite des dernières élections aura été de remémorer aux députés UMP qui souhaitent être réélus le pacte républicain. Ce pays a des règles pas toujours formalisées comme celle de répartir équitablement l'effort financier nécessaire au pacte social . Le bouclier fiscal déroge à ces règles mais la France n'est pas de culture anglo saxonne et les électeurs l'ont rappelé lors du dernier scrutin, la lecture de plus en plus de députés UMP en témoigne, parviendront-ils à en convaincre l'Elysée, ça c'est pas gagné !...
a écrit le 31/03/2010 à 5:10 :
Le risque majeur n'est pas pour la reelection de M. Sarkozy au second tour mais bien sa qualification pour ce second tour. Dans l'hypothse ou le nouveau centre ferait 10 a 12 %, qu'on retire au 30 ou 32 % de l'UMP, il ne resterait a Sarkozy que 18 a 20 % ce qui mettrait PS, EE, UMP et FN dans un mouchoir de poche en prenant les score du second tour des regionales. Il est donc a craindre un 21 avril 2002 a l'envers c'est a dire PS, FN .
Le PS sortirait alors vainqueur sans aucun doute. Mais, pour les echeances suivantes comment expliquer aux electeurs FN qui se sont toujours reportes a droite que l'UMP a appeler a voter a gauche pour leur faire barage. Ceci empecherait la droite de gagner n'impote quel scrutin a deux tours, c'est bien plus grave que de perdre une presidentielle une seule fois.
L'enjeu est quand meme un peu moins politique, si la croissance revient avec vigueur en 2011, et que le chomage diminue regulierement, alors la popularite du chef de l'etat remontera, son talent oratoire incontestable lui permettra alors d'etre le candidat naturel de la droite et probablement d'etre reelu. Sa reelection ne sera alors non pas due a M. Sarkozy lui meme, mais a l'impossiblite qu'a la gauche a faire un projet de synthese coherent avec les membres de la nouvelle gauche plurielle, M. Jospin en a fait l'experience.
a écrit le 31/03/2010 à 4:54 :
que les députés soient autour du président c'est bien ,m ais la cour ne suffit pas pour élire un président,ce qui est grave c'est la gauche n'a pas gagné , mais LUmps a brillamment perdu .étant libéral j'ai voté à gauche pour surtout faire perde NS et créer ce doute qui s'empare des godillots. Je dois admettre que pour moi j'étais plus libre dans mes mouvement avec la gauche, donc nostalgie
a écrit le 31/03/2010 à 3:55 :
oui le bouclier fiscal est une injustice ,une de plus!Comment voulez vous réformer ce pays sur des problèmes graves comme celui des retraites ou autres problèmes, quand les élus d'en haut ,droite ou gauche,ne donnent pas l'exemple par leurs attitudes ,accrochés à leurs privilèges de cumulards et de courtisans et par des réflexes d'utilisation à des fins personnels et au frais de la nation de privilèges style utilisation d'un jet privée pour le bon plaisir de "Monseigneur"! ,la Cour sous Louis XIV était pareil!Va t-il falloir en revenir à 1789?

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