Le bouclier fiscal provoque des tensions au sein de l'UMP

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Le bouclier fiscal, mesure phare de Nicolas Sarkozy, sera-t-il supprimé sous la pression du parti qui l'a mis en place ? L'ancien Premier ministre Alain Juppé a en tout cas renouvelé ses critiques ce mardi à l'encontre du dispositif.

Après s'être attaqué dimanche soir, sur BFM TV, au bouclier fiscal, l'ancien Premier ministre Alain Juppé persiste et signe ce mardi, en s'interrogeant sur la pertinence de ce dispositif qui limite à 50% des revenus les impôts dus par un particulier.

Syndicats et opposition n'ont eu de cesse de demander la suppression de cette mesure de la loi Tepa du 1er août 2007, engagement phare de Nicolas Sarkozy. Ce sont désormais certaines voix de la majorité qui plaident pour sa suspension, voire son abrogation dans un contexte de crise.

"Les choses ont changé, la crise est venue", a redit Alain Juppé sur France Info ce mardi.  "Aujourd'hui, il y a une petite minorité de très riches qui ne cessent de s'enrichir", a affirmé le maire UMP de Bordeaux. "Cela ne me choquerait pas qu'on demande aux très riches de faire un effort de solidarité supplémentaire vis-à-vis de ceux qui souffrent", a-t-il ajouté.

Lors du séminaire des parlementaires UMP, lundi à Paris, le sénateur Jean-Pierre Fourcade et le député Gilles Carrez, rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, ont également plaidé pour une suspension du dispositif "le temps que les finances publiques soient assainies". L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin et le chef de file des sénateurs UMP, Gérard Longuet, ont également critiqué le dispositif.

Eviter l"exode fiscal"

Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a en revanche défendu le bouclier fiscal, qui permet selon lui d'éviter un exode fiscal pour un coût limité (500 millions, selon Xavier Bertrand, 700 millions d'euros en 2009, selon le rapport de Gilles Carrez).  "La France est un pays où l'on paye trop de charges, trop d'impôts, trop de cotisations et il n'est pas question aujourd'hui d'augmenter les impôts, ce serait une erreur", a-t-il dit ce mardi sur ITélé. "Il y a aujourd'hui une concurrence internationale et je n'ai pas envie de voir des entrepreneurs requitter à nouveau la France comme ils l'ont fait pendant des années et des années", a-t-il ajouté.

Pour le Premier ministre François Fillon également, le bouclier fiscal doit rester en place afin de ne pas "casser le retour de la croissance".

"Un verrou inégalitaire qui est en train de sauter"

Cette bronca contre la mesure réjouira probablement l'oppsition socialiste. "Ce verrou inégalitaire [...] qui servait jusque là de symbole à la politique Sarkozy, est en train de sauter, car la cocotte est devenue trop chaude et ça a fait sauter le bouclier ", a déclaré le député de Corrèze, ce mardi à l'AFP (Agence France Presse).

"Il faut faire une vraie réforme, -pas simplement supprimer le bouclier fiscal -, changer profondément la fiscalité des revenus, c'est-à-dire de supprimer une bonne partie des niches fiscal s, fusionner CSG et impôt sur le revenu, avoir un impôt à assiette large, avec un taux minimum et ensuite une progressivité de l'impôt", a-t-il encore affirmé.

Selon un rapport de Gilles Carrez, le bouclier fiscal a coûté 700 millions d'euros à l'Etat en 2009, un chiffre qui devrait être le même cette année. En 2008, le " bouclier " avait bénéficié à 19.000 foyers français, selon des statistiques du ministère de l'Economie.

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Commentaires
a écrit le 01/04/2010 à 13:11 :
et votre pote Johny il paie ses impots ou ? EN SUISSE !!
a écrit le 31/03/2010 à 17:31 :
Les parlementaires de droite qui ont des convictions NE SONT EN RIEN TENU DE SUIVRE un guide Président qui est mal conseillé et qui se trompe - ALLEZ Mesdames et Messieurs les Parlementaires de DROITE qui avez de bonnes idées, DEPOSEZ UN PROJET DE LOI pour SUCRER ce bouclier fiscal et VOTEZ LE vos ELECTEURS VOUS EN SERONT très RECONNAISSANTS
a écrit le 31/03/2010 à 4:44 :
heureusement qu'on a inventée cette ineptie en pleine campagne electorale en 2007 , alors que la crise etait dejà dans les rouages internationaux et menacait tout le systeme mondial , finalement la crise a mit a genoux ce moins d'impots que les liberaux meme outre-manche nous clament a tout bout de champ , les etats sont venu au secours du systeme dans son ensemble et ils sont a present obligés de revoir la demagogie politicienne donc ils nous abreuvent au lieu de nous preparer au pire , prevoir c'est guerir disait le proverbe , on prevoit rien , on sort des inepties temporelles pour faire plaisir a des electeurs sous-informés et finalement ces derniers tellement deçu les quittent une fois la crise consommée , en plus nous sommes confrontés a une economie mondialisée avec la libre circulation des capitaux et des biens , difficile aussi d'imposer de trop , sinon bonjour le chomage , mais rassurons nous , ils vont persister dans l'erreur et surtout ne pas regarder le barometre .
a écrit le 30/03/2010 à 15:57 :
L'Etat se refuse toujours de faire la "chasse au gaspi". Ce ne sont pas les Euros que rapporterait la suppression du bouclier qui servirait à grand-chose, mais ca plairait aux Francais. La remise à plat des impots/charges des PME/TPE et l'équité dans leur calcul (Cac 40) serait plus efficace, la réduction des dépenses est non envisageable, les régions récupéreront le montant des impots que l'Etat va lacher.... (taxe pro: certaines PME vont payer plus cher qu'avant sa "suppression"...!!)
a écrit le 30/03/2010 à 11:24 :
Ce serait une grave erreur de remettre en cause le bouclier fiscal qui certes n'est pas très populaire mais c'est une mesure efficace pour la classe moyenne copé retourne sa veste en permanence jupé n'est plus très crédible que Mr Sarkozy prenne ses responsabilités et tranche une bonne fois pour toute et résiste aux pressions c'est lui qui décide bon sans.

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