Comment réconcilier les ménages français avec l'Insee

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Si l'Insee est souvent accusé de ne pas retranscrire correctement l'augmentation réelle du coût de la vie pour les ménages français, il existe déjà des indicateurs qui permettent de mieux refléter leur situation.

C'est presque devenu une tradition, dès que l'Insee dévoile les derniers chiffres mensuels de l'inflation, les critiques fusent dans l'opinion sur la capacité de ces indicateurs à refléter la réalité. L'inflation perçue par les ménages français, qui fait aussi l'objet d'une étude de l'Insee, est, de manière persistante, supérieure à l'inflation mesurée. Pour se réconcilier avec l'opinion publique, les statisticiens ont élaboré des indices prenant mieux en compte leur réalité.

Une moyenne qui cache la disparité des évolutions

Suite à la publication de l'indice des prix à la consommation du mois de Juillet, latribune.fr propose une liste plus détaillée de ce qui a augmenté en juillet et en particulier des postes de dépense, dits incompressibles, portant sur des biens ou services dont il est difficile de se passer. L'indice des prix à la consommation de l'Insee (IPC) reflète lui l'évolution moyenne d'un ensemble de prix. Or ils n'évoluent pas tous au même rythme, on remarque par exemple une forte augmentation du prix des fruits, en hausse de 13,8% par rapport à l'an dernier, qui rentre dans le cadre d'une consommation régulière et incompressible.

En revanche, les prix de certains biens ont encore significativement reculé ces derniers mois, tirant à la baisse l'indice. Mais il s'agit pour l'essentiel de produits que les consommateurs achètent rarement ou qui ne sont pas indispensables. C'est le cas, par exemple, des équipements photo et cinéma dont les prix ont baissé de 14% sur douze mois C'est une des raisons pour lesquelles l'IPC, efficace pour mesurer l'évolution globale des prix en France, ne rejoint qu'imparfaitement les perceptions des ménages français.

Dans cette perspective de nouveaux indices plus proches de la réalité du consommateur ont été mis en place. Edouard Leclerc avait lancé en 2004 un site Internet où il est possible de calculer le "pouvoir d'achat effectif". Chacun peut selon ses caractéristiques (en couple ou célibataire, locataire ou propriétaire...) voir l'évolution de son pouvoir d'achat en tenant compte des ses dépenses particulières. Pour 2010, le site parle d'une baisse du pouvoir d'achat effectif à cause d'une reprise de l'inflation, en particulier pour les dépenses contraintes.

Dans la même logique l'Insee s'intéresse depuis deux ans au "revenu arbitrable". Ce sont les revenus disponibles après les dépenses pré-engagées, celles liées au logement, aux assurances obligatoires, aux factures de gaz d'électricité et de téléphone, aux frais de cantines etc. Cet indicateur permet de mieux évaluer la capacité des ménages à faire face aux autres dépenses quotidiennes. Alors que la mesure habituelle du pouvoir d'achat, en fonction du revenu brut des ménages, donnait une hausse globale de 1,6% pour 2009, l'indice calculé à partir du revenu arbitrable par ménage n'augmentait que de 0,5%.

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