Remaniement : la création d'un ministère des Entreprises est à l'étude
Fabien Piliu
Fabien Piliu
Elles courent, elles courent les rumeurs. Quoi de plus normal à l'approche d'un remaniement ministériel? Bercy n'échappe pas aux bruits de couloirs. L'une d'entre elles fait état d'une éventuelle création d'un ministère des Entreprises à Bercy. Ce ministère microéconomique coexisterait avec un ministère Macroéconomique reprenant l'Economie et les Finances Publiques
Ce ministère de l'Entreprise chapeauterait une série de secrétariats d'Etat, des PME au Commerce extérieur en passant par le Commerce et l'Industrie. C'est sur ce point que les inquiétudes sont les plus vives, notamment du côté des acteurs de la nouvelle stratégie industrielle initiée par les Etats généraux de l'industrie. D'une part, un départ de Christian Estrosi, l'actuel ministre chargé de l'Industrie dont l'implication est saluée, les chagrinerait.
Mais ses nombreuses prises de position sur le thème de la sécurité indiquent que le ministère de l'Intérieur l'attire. S'il devait quitter Bercy pour la place Beauvau, sa succession pourrait se jouer entre Eric Besson, le ministre de l'immigration qui fut déjà en charge de questions économiques au PS en tant que secrétaire national à l'économie puis dans le premier gouvernement Fillon en tant que secrétaire d'Etat à la Prospective, et Jean-Marie Bockel. La légitimité du secrétaire d'Etat à la Justice ? Il fut le président de la Fédération des industries ferroviaires.
«Au regard des efforts déployés ces derniers mois, l'industrie ne peut être réduite à la portion congrue», se rassure René Ricol, le Commissaire général à l'investissement qui ne voit pas le ministère se transformer en secrétariat d'Etat. «Dénigrée depuis 20 ans car polluante et bruyante, l'industrie retrouve ses lettres de noblesse, il ne faut pas briser cet élan », estime Jean-Claude Volot, le médiateur national de la sous-traitance. Pour certains, ce remaniement serait utile s'il n'était pas cosmétique. «L'énergie, l'innovation, les transports, la pharmacie ne sont pas dans le champ de compétences du ministère actuel. Il faut que ces secteurs soient regroupés au sein d'un ministère unique», plaide Yvon Jacob, l'ambassadeur de l'Industrie française auprès de l'Union européenne.
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Reste à savoir si un chantier de cette envergure est réellement envisageable et si ses effets seraient rapidement perceptibles, tout du moins avant l'échéance présidentielle de 2012. "Le risque de désorganisation de l'appareil de Bercy est réel. Cette stratégie pourrait s'avérer payante, mais pas à court terme", estime une source proche du dossier
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Fabien Piliu
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