Sarkozy plaide pour la suppression de l'ISF

En déplacement à Montmirail dans la Marne pour parler de désindustrialisation, le président de la république a invité les parlementaires de sa majorité à suivre l'exemple des socialistes allemands et espagnols qui ont supprimé la fiscalité sur le patrimoine des contribuables les plus aisés.

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Impôts sur le patrimoine mais aussi taxation des produits importés... Nicolas Sarkozy a profité de son déplacement à Montmirail, une petite bourgade de la Marne, pour dévoiler en partie ses intentions en matière fiscale. Et le chef de l'Etat a surpris son auditoire venu l'écouter sur la désindustrialisation de la France en invitant la majorité à ne pas tergiverser sur la suppression de l'impôt sur la fortune. "L'ISF été supprimé partout en Europe", a d'abord rappelé le président français en soulignant que "les socialistes allemands" et "les socialistes espagnols" avaient eux aussi choisi d'abandonner cette ponction de l'Etat sur le patrimoine. "Ce que les socialistes ont compris en Europe - pas en France - peut-être que la droite et le centre français peuvent le comprendre aussi", a-t-il ensuite expliqué à l'adresse des parlementaires qui, au sein de la majorité, hésitent à supprimer cet impôt emblématique.

"Mettre la poussière sous le tapis, ce n'est pas ma conception des choses"

Nicolas Sarkozy va-t-il imposer ce choix à sa majorité ? "Le conseil qui m'est donné, c'est l'immobilisme. On met la poussière sous le tapis (...) ce n'est pas ma conception des choses", se contente-t-il de répondre tout en soulignant son "objectif est clairement d'harmoniser les conditions de la compétition entre l'Allemagne et la France". Sans rentrer dans le détail, le Président s'est également engagé à ce que la réforme de la fiscalité ne remette pas en cause le principe de non taxation de la "propriété de l'outil de travail".

Les produits importés doivent eux aussi contribuer au financement de la Sécu

S'exprimant devant des patrons de PME que la concurrence des pays émergents inquiète, Nicolas Sarkozy s'est dit prêt à réfléchir à une taxe sur les produits importés dans certains secteurs, sans les préciser. "J'aimerais quand même qu'on réfléchisse à cette question de taxation des importations, parce que j'en ai un petit peu assez que les importations ne participent absolument pas au financement de notre protection sociale", avant de préciser que le ministre de l'Industrie, Eric Besson, qui l'accompagnait, se pencherait sur ce dossier.

Orienter davantage l'épargne des Français vers l'industrie

Nicolas Sarkozy a enfin promis que le gouvernement ferait en sorte de consacrer les trois quarts des nouveaux encours des fonds d'épargne réglementés à l'investissement dans les PME - les Français ont un des taux d'épargne les plus élevés au monde. "ll faut que l'épargne des Français soit orientée vers l'industrie", a-t-il expliqué. "Je voudrais réconcilier les Français avec l'argent investi dans les entreprises."

Lors de cette table ronde et d'une visite de la maison mère de la société de câblage électrique de haute technologie Axon, il a de nouveau fait l'éloge du capitalisme familial face au capitalisme financier, un de ses thèmes de prédilection. "Il vaut quand même mieux travailler dans une entreprise dont on connaît le patron plutôt qu'appartenir à un fonds de pension", a-t-il dit aux ouvriers d'Axon - qui ont participé en 1985 au rachat de leur usine, alors propriété du groupe suédois Volvo - en retrouvant le ton d'un candidat en campagne.

L'aide à la réindustrilaisation va monter en puissance

Axon Câble spécialisée dans la fabrication de produits connectiques notamment pour l'industrie automobile, a récemment bénéficié d'une aide à la réindustrialiation (ARI) de 2,2 millions d'euros qui doit lui permettre d'embaucher 45 personnes. Doté pour trois ans de 200 millions d'euros d'avances remboursables, cette aide s'inscrit dans le programme « financement des entreprises » des investissements d'avenir. Pour en bénéficier, l'entreprise doit réaliser un investissement de 5 millions d'euros minimum et créer au moins 25 emplois durables. Le montant de l'aide est compris entre 30 et 60 % des dépenses d'investissements. Sa mise en place, sa gestion et son recouvrement sont assurés par Oseo pour le compte de l'Etat. Elle vise à générer plus de 400 millions deuros d'investissements et la création de 2.000 emplois dans les prochaines années. Le dispositif est en vigueur jusqu'à la fin 2013.

 

"Ce dispositif très ciblé est amené à monter en puissance au cours des prochains mois", explique à La Tribune, René Ricol, le Commissaire général à l'investissement. En effet, huit nouveaux dossiers d'aide sont en cours d'instruction, représentant un programme d'investissements global d'environ 115 millions d'euros pour 540 créations d'emploi prévues. « Une douzaine de projets supplémentaires identifiés pourraient également prochainement aboutir à des demandes formelles d'aide », précise l'Elysée.

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