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ÉconomieFrance

DSK, l'homme qui ne pense qu'à ça (le FMI)

latribune.fr

Publié le 19 février 2011 à 18:43 - Mis à jour le 19 février 2011 à 18:44

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Sous le feu des projecteurs, le directeur général du Fonds monétaire international évite les questions des journalistes et se concentre sur son action à la tête du FMI

Dominique Strauss-Kahn a éludé samedi les questions sur son éventuel retour en France tout en insistant sur les méthodes moins brutales employées par le FMI depuis qu'il le dirige, comme s'il défendait son bilan dans la perspective de la présidentielle de 2012. "Je vais vous répéter, et je peux le répéter 25 fois si vous voulez, ce que j'ai toujours dit : aujourd'hui, je dirige le FMI", a déclaré l'ancien ministre socialiste à un journaliste qui le sondait sur ses intentions. "La tâche m'occupe à plein temps, peut-être plus qu'à plein temps. Je n'ai rien d'autre à l'esprit donc je n'ai pas de réponse à votre question. Je m'occupe du FMI", a insisté celui qui est donné largement en tête des candidats potentiels du PS. Bien qu'il n'ait rien dit à ce jour sur sa participation aux primaires socialistes, Dominique Strauss-Kahn est déjà une cible privilégiée de la droite, qui voit en lui, à la lumière des sondages, le rival le plus dangereux de Nicolas Sarkozy. Parmi les critiques qui lui sont adressées, figurent son éloignement de la France, qui le couperait des réalités du pays, ou encore les politiques très libérales préconisées par le Fonds pour redresser les pays qui font appel à ses services.

Un FMI moins brutal
Sans qu'on l'interroge, il a déclaré que, depuis son arrivée, le FMI avait tiré les leçons des remèdes de cheval administrés lors des crises asiatique et sud-américaine de la fin des années 1990, dont le coût social a été "exorbitant". Il a parlé ainsi d'un "nouveau FMI qui continue à donner des potions amères à ceux qui sont malades pour les guérir mais (qui) essaye de faire en sorte que, dans ces pays, la partie la plus vulnérable de la population soit le plus protégé possible". Dominique Strauss-Kahn a ainsi cité les exemples du Pakistan, où le Fonds a autorisé des aides aux plus défavorisés, de la Grèce, où son assistance pour rendre le fisc plus efficace permettra de faire payer des impôts aux plus riches, ou encore la Roumanie, où il a obtenu que l'impôt sur le revenu, progressif, soit augmenté plutôt que la TVA.

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Décoré par Ben Ali
Le directeur général du Fonds monétaire international a également reconnu qu'il aurait dû tresser moins de lauriers à la politique économique de l'ex-président tunisien Zine Ben Ali lors d'une visite dans le pays il y a deux ans et demi. Il a minimisé la décoration qui lui a été décernée par le président déchu, déclarant que le FMI ne pouvait pas se fâcher avec ses pays membres en refusant des honneurs qui, de plus, doivent être approuvés par son conseil d'administration. "Ce qui est plus important, c'est ce que j'ai dit en ce qui concerne la croissance" de l'économie, a-t-il ajouté, tout en se défendant d'avoir fait "l'éloge du modèle Ben Ali". "J'ai dit que la Tunisie ne s'en sort pas trop mal, même plutôt bien (...) Ce que je n'ai pas dit, et j'admets que la critique est bienvenue puisque je la fais moi-même, c'est qu'à côté de tout ça, il reste des tas de problèmes de chômage des jeunes et d'inégalités".
Contraint au silence absolu sur la politique française sous peine d'éviction du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a observé pour autant un plan média solide pour ses trois journées parisiennes.
Vendredi, il s'est livré pendant près de deux heures aux questions des lecteurs du Parisien. L'entretien doit être publié lundi. Dimanche soir, il sera l'invité de France 2. La semaine dernière, l'épouse du directeur général, la journaliste Anne Sinclair, a confié ne pas souhaiter qu'il ne fasse pas de deuxième mandat au FMI, relançant l'idée d'un retour prématuré en France.

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