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Elections cantonales : les enseignements en vue de la présidentielle de 2012

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Publié le 27 mars 2011 à 16:36

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Le PS est crédité de 35,73% des voix au second tour des élections cantonales et l'UMP de 20,21% et le Front National 11,73% alors qu'il n'était pas présent partout. Le taux d'abstention atteint 54,97% soit à peine mieux qu'au premier tour, mais très en-dessous des niveaux atteints en 2004, lors des dernières cantonales.

Quels sont les enseignements de ce second tour des élections cantonales notamment en vue de l'élection présidentielle de 2012 ? Selon le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant,  la gauche a obtenu 49,9%, la majorité 35,87% et le FN 11,56%, alors que "peu de cantons" selon lui basculent d'un camp à l'autre : 386 sur 2.026.

Malgré ses scores élevés (40% en moyenne là où il était représenté selon Marine Le Pen), le Front National avec 11% des voix alors qu'il n'avait pas de représentants dans tous les cantons, et qui n'avait aucun conseiller général - il en avait eu entre 1985 et 90 -, n'aura au mieux que quelques élus. Il s'est heurté une fois de plus à un "front républicain" - un peu lézardé toutefois compte tenu des scores obtenus - bâti sur un réflexe anti-Front national, à gauche mais aussi à droite.

Le FN emporte tout de même un siège dans le Vaucluse à Carpentras Nord avec la victoire de Patrick Bassot avec près de 54% des voix, et un second à Brignoles, près de Marseille, avec Jean-Paul Dispard, élu avec cinq voix d'avance sur son concurrent sortant communiste. Mais Steeve Briois échoue dans le Pas de Calais même s'il est arrivé en tête dans la ville de Hénin-Beaumont.  Dans les Pyrénées orientales, sur le canton de Perpignan-9, Louis Aliot, le compagnon de Marine Le Pen et nouveau secrétaire national du FN, arrivé en tête au premier tour, a finalement été battu.

La satisfaction du FN demeure d'avoir pu se maintenir dans 400 cantons contre une centaine lors de la même élection précédente. Et il souligne le caractère anormal de voir un parti emporter près de 20% des voix au premier tour et 40% au second tour d'une élection et n'obtenir in fine que deux élus. Même le socialiste François Hollande considère qu'il y a là un problème et souhaiterait plus de proportionnelle dans le système électoral français.

Le parti socialiste (PS), avec 36% des voix, passe de 58 à 61 départements, emportant notamment le Jura et les Pyrénées Atlantique ainsi que Mayotte et La Réunion mais perd le Val-d'Oise - terre symbolique de l'ex-élu socialiste de Sarcelles, Dominique Strauss-Kahn, aujourd'hui directeur général du FMI, le fonds monétaire international, et possible candidat socialiste à la présidentielle de 2012 - et n'emporte pas la Sarthe, le département du Premier ministre François Fillon. S'il trouve un accord avec six conseillers indépendants, le PS peut aussi emporter la Loire où il détient désormais 18 cantons grâce au gain de deux nouveaux, contre 16 à la droite.

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La Corrèze reste entre les mains du PS et François Hollande, ex Premier secrétaire du Parti et candidat supposé pour les élections primaires en vue de la présidentielle - il a promis dimanche soir une annonce prochaine sur ce sujet -, pavoise. Sa rivale potentielle, Martine Aubry - ils parlaient au même moment à la télévision, symbole de cette compétition - a promis la présentation prochaine du projet du PS en vue des présidentielles. A ses yeux, "les Français ont ouvert ce soir la porte du changement et ce soir, tout commence."

Martine Aubry a reconnu que Dominique Strauss-Kahn - les deux ténors socialistes auraient décidé de ne pas être candidat l'un contre l'autre à la primaire - lui avait téléphoné dimanche : "C'est lui qui m'a appelée pour savoir où on en était. Il était content". Sur la perte du Val-d'Oise, elle assure l'avoir rassuré : "C'est une situation locale qui n'a rien à voir avec notre ami des Etats-Unis. Je lui ai dit : Tu n'y es pour rien et le FMI encore moins !"

L'UMP n'obtient que 18,6%  (les divers droite obtenant quelque 11%) et n'aura donc pas connu de sursaut au second tour même si elle prend le Val-d'Oise à la gauche comme elle l'espérait. Ses électeurs n'ont pas apporté largement leurs voix aux candidats du FN. Le parti du président de la république Nicolas Sarkozy  n'a pas emporté la Seine et Marne comme il l'espérait ainsi que dans le Val d'Oise. François Fillon estime toutefois dans un communiqué que la droite a mieux résisté que prévu, que l'essor de la gauche est moins fort qu'attendu mais que le score du FN prouve que "le vote protestataire ne doit pas être sous-estimé". Jean-François Copé, le secrétaire national de l'UMP se dit "déçu" par le score de son parti et parle de partir à la "reconquête". François Baroin, le ministre du Budget, reconnaît que ce n'est pas un bon résultat pour la majorité.

L'une des plus grandes surprises de la soirée est la défaite dans le canton de Levallois-Perret Sud de l'élue UMP des Hauts de Seine Isabelle Balkany, femme de Patrick Balkany et proche de Nicolas Sarkozy, pourtant considéré dans le département comme inattaquable.

Ce résultat va évidemment peser à droite sur le débat en vue de l'élection présidentielle. Le fait que certaines voix dont celle de François Baroin se soient faites entendre dès dimanche soir pour assurer que Nicolas Sarkozy restait le meilleur candidat pour 2012 prouve que la tension monte sur le sujet. Jean-Louis Borloo, ex-ministre de l'Ecologie, encore membre de l'UMP mais qui pourrait en partir dans les prochains jours, et qui a récemment visité la grande mosquée de Paris, pourrait s'exprimer bientôt et dénoncer le débat lancé par l'Elysée sur la place de l'islam en France. Certains évoquent même le risque d'un éclatement de l'UMP.

Dominique Paillé, secrétaire national de l'UMP et ancien porte-parole du parti présidentiel, intervenant sur RFI, s'est dit  "persuadé que les élections se gagnent au centre" et estime que "Nicolas Sarkozy reste le meilleur candidat mais doit rassembler" en vue de l'élection présidentielle de 2012. Il considère toutefois que la majorité a "arrêté l'immigration massive des électeurs de droite vers le Front".

Les écologistes, alliés du PS, revendiquent un score solide avec 35 élus sur les 90 cantons où ils étaient en lice, et des victoires nouvelles, 16 selon sa leader Cécile Duflot, dont "trois improbables".

L'abstention a été encore une fois le grand gagnant de ce second tour des élections cantonales avec 53,73% . Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a souligné dimanche soir que la participation, à "moins de 46%", était "la plus faible jamais enregistrée" pour ce type de scrutin et qu'au second tour, elle n'avait pas marqué "le sursaut espéré" à "neuf points de moins que pour le scrutin de 2008, où on avait dépassé 55%".

A midi, la participation n'était que de 13,69%, contre 15,7% au premier tour. Elle a ensuite remonté en fin de journée, pour atteindre 36,2%à 17 heures, soit à peu près le même taux qu'au premier tour (36,38%), mais très loin du taux de participation des élections de 2004  (51,2% à 17 heures).

Lors du premier tour, l'abstention avait atteint 55,6 %. Jusqu'alors, seules deux élections européennes avaient enregistré des niveaux plus élevés : 59,3 % en 2009 et 57,2 % en 2004.

Dans tous les départements d'Ile-de-France, la participation a été très faible (20,22% en Seine-Saint-Denis soit moitié moins qu'en 2004 et 21,3% dans le Val-de-Marne). Elle était également en chute libre dans la Vienne (25,1%, -34 points par rapport à 2004). Au final, pour ce second tour, la participation était partout en baisse par rapport à 2004. Seule exception, le tout nouveau département, Mayotte, a vu sa participation bondir de 10 points en sept ans.

Sur les 2.026 sièges en jeu dans les conseils généraux (départements), 1.566 restaient à pourvoir ce dimanche lors de ce scrutin qui constitue le dernier véritable galop d'essai avant la présidentielle de l'an prochain.

Outre la forte abstention, la progression du Front National  (15,6 %, juste derrière l'UMP qui a remporté 16,97 % des voix) avait été le fait marquant du premier tour.

La présidente du parti, Marine Le Pen a déclaré après avoir voté à Hénin-Beaumont qu'elle ne considèrerait pas comme un "un échec" l'absence de tout conseilller général à l'issue du second tour."Un échec non, parce que la victoire et le succès nous l'avons, je crois, déjà enregistré dès le premier tour, mais ce serait une déception, étant entendu que nous avons des élus dans les conseils régionaux, sans d'ailleurs que ça ne suscite aucun cri d'effroi de la classe politique", a-t-elle indiqué. "On a frôlé les 20% dans les 1.450 cantons où nous étions présents, je crois que ceci nous fait apparaître comme une force absolument incontournable, notamment pour les futures élections présidentielle et législatives", a-t-elle ajouté.

Les conseillers généraux élus n'exécuteront qu'un mandat de trois ans au lieu des six ans habituels, car ils seront remplacés, à partir de 2014, par les conseillers territoriaux, qui siègeront à la fois dans les conseils généraux et régionaux. Cette réforme permettra de réduire de 6.000 à 3.500 le nombre d'élus des collectivités territoriales. Toutefois, la gauche a annoncé qu'en cas de victoire à l'élection présidentielle de 2012, elle renoncerait à la création de ce nouvel élu.

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Les bureaux de vote avaient ouvert à 8 heures en métropole. Ils fermaient à 18 heures sauf dans la région parisienne ainsi que dans quelques grandes agglomérations où leur clôture a été fixée à 20 heures.

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