L'opération UMP de chiffrage du programme PS ne rapportera pas de votes
Ivan Best
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Proche de François Hollande, l'ancien ministre de l'Economie Michel Sapin a balayé jeudi du revers de la main le chiffrage du projet socialiste réalisé par l'UMP: «si j'avais un conseil à donner au parti majoritaire, c'est de ne pas dépenser d'argent pour chiffrer inutilement et grossièrement un projet», a-t-il déclaré sur RTL. «C'est aujourd'hui beaucoup trop tôt, puisque « c'est un projet socaliste qu'il convient de transformer en programme ». De quoi s'attirer les foudes de l'UMP sur le flou du candidat Hollande.
Au delà, l'alignement des milliards d'euros par l'UMP, tout aussi impressionnant soit-il, est-il de nature à persuader quiconque de la nocivité du projet socialiste? Est-ce le meilleur angle d'attaque du point de vue de de la majorité? Les spécialistes de l'opinion, unanimes, soulignent la difficulté pour l'électeur moyen d'appréhender de tels chiffres. «Pour l'opinion, c'est extrêmement abstrait ces cascades de milliards» estime Jérôme Sainte-Marie, directeur général adjoint de l'institut de sondage CSA. «C'est hors d'échelle». L'UMP a multiplié par cinq le coût annuel, tel que ses experts l'avaient chiffré, du projet PS, anticipant une application immédiate, sur la durée du quinquennat, des mesures annoncées. Mais le parti majoritaire aurait pu tout aussi bien le multiplier par dix... l'impact sur l'opinion n'aurait pas été sensiblement plus élevé.
«En tous cas, ce genre d'exercice ne déplace pas de voix. Cela ne convainc que ceux qui le sont déjà» affirme Jérôme Sainte-Marie. En outre, «il y a globalement une perte de légitimité de la parole économique, depuis 2008» souligne ce expert. «Après avoir dit qu'il n'y avait plus rien dans les caisses, les gouvernements ont alors lancé des plans de relance et prêté massivement aux banques, ce qui a achevé de décontenancer les électeurs».
A quoi peut alors servir l'opération de l'UMP et les chiffrages qui ont suivi ? « Il s'agit là d'éléments de réassurance des électeurs droite» assure Jérôme Sainte-Marie. «Il faut leur montrer qu'il y a bien un discours, face au PS. Cette fonction de réassurance n'est pas négligeable. On conforte le discours habituel, selon lequel la droite amasse, la gauche dépense».
Ivan Best
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