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Royaume-Uni : l'économie britannique sort de la récession et affiche une croissance plus forte que prévu

latribune.fr

Publié le 10 mai 2024 à 10:03 - Mis à jour le 10 mai 2024 à 10:16

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak.

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak.

HENRY NICHOLLS

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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La croissance britannique s'est établie à +0,6% lors des trois premiers mois de l'année, alors que les économistes tablaient sur une progression de 0,4%. Un bol d'air pour le Premier ministre conservateur Rishi Sunak, à quelques mois d'élections qui s'annoncent mal pour son parti.

L'économie britannique sort la tête de l'eau. Le Royaume-Uni tourne au premier trimestre la page de la récession, dans laquelle il était tombé fin 2023 : son produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,6% lors des trois premiers mois de l'année, a annoncé vendredi l'Office national des statistiques (ONS). Une performance non seulement supérieure aux prévisions des analystes financiers qui tablaient sur une hausse de 0,4% au premier trimestre, mais aussi largement supérieure à celles de la France et de l'Allemagne (+0,2% dans le deux cas)

L'économie a connu au premier trimestre «une vigueur généralisée dans les secteurs des services», en particulier dans «le commerce de détail, les transports publics et la santé», et ce malgré «un autre trimestre en berne dans le secteur de la construction», a détaillé Liz McKeown, directrice des statistiques économiques de l'ONS, sur X (ex-Twitter).

Une poursuite de la croissance attendue en 2024

Pour le seul mois de mars, la hausse du PIB était de 0,4% par rapport au mois précédent, après une progression de 0,2% en février et 0,3% en janvier, selon l'ONS. Le PIB britannique avait reculé de 0,3% au quatrième trimestre 2023, après avoir baissé de 0,1% au troisième. Deux trimestres de contraction économique d'affilée sont considérés par les économistes comme la définition d'une récession dite « technique ».

«Nous nous attendons à la poursuite de la croissance pour le reste de cette année, soutenue par un contexte économique plus favorable», notamment la baisse de l'inflation et la hausse des salaires, a commenté Yael Selfin, économiste chez KPMG.

Pour autant, l'amélioration de la croissance sera « probablement limitée par la faiblesse persistante » constatée en matière de productivité et par les difficultés à « augmenter le taux d'emploi » dans le pays, a ajouté l'économiste.

Bol d'air pour les conservateurs

Ce retour de la croissance au Royaume-Uni a été mis en avant par les conservateur au pouvoir. Si « les choses sont encore difficiles pour beaucoup de gens », l'économie britannique « a franchi un cap », a salué le Premier ministre Rishi Sunak sur X vendredi.

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« Les chiffres de la croissance d'aujourd'hui sont la preuve que l'économie retrouve sa pleine santé pour la première fois depuis la pandémie », a abondé le ministre des Finances Jeremy Hunt dans un communiqué, assurant que son pays a « les meilleures perspectives parmi les pays européens du G7 pour les six prochaines années ».

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« D'une absence de croissance à une croissance faible, est-ce vraiment l'ampleur des ambitions des conservateurs ? », a réagi la principale responsable financière travailliste, Rachel Reeves, sur X. « Les prix des denrées alimentaires restent élevés, les familles paient davantage pour leurs mensualités immobilières et la situation des travailleurs a empiré. Il est temps de changer », a-t-elle ajouté.

La Banque d'Angleterre maintient son taux directeur

La croissance du PIB est aussi plus marquée que les prévisions de la Banque d'Angleterre (BoE), qui prévoyait également une progression de 0,4% sur les trois premiers mois de l'année. La BoE, qui a relevé son taux directeur à 14 reprises entre décembre 2021 et septembre dernier pour lutter contre l'inflation, a maintenu sans surprise jeudi son taux directeur à 5,25%.

Mais elle s'est dite « optimiste » sur un reflux de l'inflation qui devrait lui permettre de baisser ses taux dans les prochains mois, et ainsi alléger une mesure qui pèse sur les finances des ménages et des entreprises, et donc sur l'économie. « Nous avons eu des nouvelles encourageantes sur le front de l'inflation et pensons qu'elle tombera proche de notre cible de 2% dans les prochains mois », a commenté le gouverneur de l'institution, Andrew Bailey, ajoutant cependant vouloir voir « davantage de preuves » en ce sens.

La BoE estime que « la croissance du produit intérieur brut britannique (PIB) s'est renforcée depuis le début de l'année », renversant la tendance de la seconde moitié de 2023, au cours de laquelle le Royaume-Uni est tombé dans une récession technique.

L'institution monétaire britannique estimait jeudi que le PIB avait grimpé de 0,4% au premier trimestre, et avait relevé ses prévisions de croissance à 0,5% pour l'ensemble de l'année 2024 et 1% en 2025 au Royaume-Uni. En février, elle misait sur 0,25% pour 2024 et 0,75% en 2025.

L'inflation britannique a légèrement reculé en mars au Royaume-Uni, à 3,2% sur un an contre 3,4% le mois précédent. Elle a nettement ralenti depuis son pic à plus de 11% fin 2022, mais elle reste supérieure à l'objectif de 2% fixé par la Banque d'Angleterre.

Croissance meilleure que prévu en France et en Allemagne

Cette bonne nouvelle pour le Royaume-Uni est à mettre en perspective avec les autres grandes puissances. En France, la croissance a également été meilleure que prévu au premier trimestre. Lors des trois premiers mois de 2024, le PIB a progressé de 0,2%, soutenu par la consommation des ménages et les investissements des entreprises.

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Royaume-Uni : le ralentissement de la croissance des salaires fait espérer une prochaine baisse du taux directeur

L'Insee avait précédemment annoncé une prévision, inférieure, d'une croissance nulle entre janvier et mars, après une croissance de 0,1% du PIB au dernier trimestre 2023.

Début mai, l'OCDE a légèrement relevé jeudi sa prévision de croissance pour 2024 en France, la faisant passer à 0,7% contre 0,6% annoncé en février, tout en avertissant que « de nouvelles mesures d'assainissement budgétaires seront nécessaires ».

De son côté, l'Allemagne a annoncé le 24 avril un relèvement de sa prévision de croissance du PIB pour l'année en cours, de 0,2% à 0,3% désormais, tablant sur un tournant économique au printemps après deux années de marasme. Le produit intérieur brut (PIB) allemand avait l'an dernier reculé de 0,3%, du fait notamment du contrecoup de la guerre en Ukraine et de la flambée des prix de l'énergie.

Le Royaume-Uni, plus faible croissance du G7 l'an prochain selon l'OCDE

Au milieu de tout cela, le Royaume-Uni pourrait afficher la plus faible croissance des pays riches du G7 l'an prochain, à cause notamment de taux d'intérêt toujours élevés et d'une inflation têtue, selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L'OCDE s'attend à ce que le Royaume-Uni enregistre une croissance de 1% l'an prochain, derrière l'Allemagne (1,1%), tandis que les Etats-Unis et le Canada mènent le groupe des sept avec une croissance anticipée à 1,8%.

Le centre de réflexion basé à Paris anticipe une maigre croissance de 0,4% cette année, une prévision en repli comparé à celle de novembre (0,7%). Il notait le 2 mai que le PIB avait crû de 0,1% en février après avoir rebondi de 0,3 % en janvier, « laissant présager une reprise modérée au premier trimestre de 2024, après une légère récession technique au cours du second semestre de 2023 ».

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Si les tensions sur le marché du travail faiblissent, le nombre d'emplois vacants au premier trimestre étant inférieur de 30% environ à son pic récent et proche de son niveau d'avant la pandémie, « les salaires continuent de soutenir l'inflation sous-jacente ». Particulièrement soutenue dans le secteur des services qui représente l'essentiel de l'économie britannique, et combinée à des pénuries de travailleurs - accrues en partie par le Brexit - elles retardent les attentes de baisse de taux d'intérêt Outre-Manche.

latribune.fr

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