Plus d'un Français sur deux parle politique avec ses collègues de travail

 |   |  653  mots
Copyright Reuters
Un sondage réalisé par les éditions Tissot, que dévoile La Tribune, révèle que les salariés du public et du privé portent un vif intérêt au débat politique en cette période pré-électorale. 81% se disent préoccupés par l'avenir du système de retraite.

Que ce soit devant la machine à café, dans les open-space ou dans les couloirs, la politique est LE sujet dont on parle dans l'entreprise. Alors que se profilent les élections présidentielles, 57 % des salariés commentent ainsi l'actualité politique avec leurs collègues de travail, indique le sondage réalisé pour les éditions Tissot par OpinionWay*. « Les salariés sont préoccupés par la situation économique, il y a des émois positifs et négatifs qui passent dans l'entreprise et personne ne veut ignorer le réel. D'où cette ambiance d'agora, comme au siècle de Périclès, où l'entreprise devient un lieu de débat », analyse Ronan Chastellier, sociologue et maître de conférences à Sciences Po Paris.

20 % des salariés parlent politique avec la personne de l'accueil

Est-ce le lieu adéquat pour le faire ? « On parle politique un peu tout le temps comme s'il y avait un impératif de conversation. Je dirai que c'est la fonction « phatique » du langage, c'est-à-dire qu'on maintient un niveau de communication sociale avec des formules ritualisées telles que les propos sur la météo et, compte-tenu de la période, les commentaires politiques », poursuit le sociologue. Pour preuve : 20 % des salariés parlent politique avec la personne de l'accueil ou du standard !

Les salariés bénéficient de la liberté d'expression
En l'état actuel du droit, aucun sujet de conversation n'est interdit aux salariés. « Ils bénéficient de la liberté d'expression en vertu de l'article 10 de la déclaration des droits de l'Homme, sauf si cela trouble l'ordre public et si cela perturbe le fonctionnement de l'entreprise », précise Robin Dualé, président des Editions Tissot. Reste que certains ne souhaitent pas afficher leurs opinions. Les raisons ? Elles sont diverses : ils estiment que cela ne regarde qu'eux (69 %), ils craignent que cela devienne une source de conflit (22 %), que cela influence les décisions à leur égard (7 %) ou qu'on les sanctionne (2 %).

La politique est davantage une affaire d'hommes

Le sondage montre en substance que parler politique entre collègues est davantage une affaire d'hommes que de femmes (65 % contre 50 %), de fonctionnaires plutôt que de salariés du privé (62% contre 56 %), de cadres que de non-cadres (63 % contre 56 %) et de quinquas plutôt que de jeunes (62 % contre 48 %). Par ailleurs, 29 % des salariés abordent le sujet avec leur supérieur hiérarchique, souvent de manière détournée, via les affaires notamment (DSK, valises, etc). Ce qui est beaucoup plus rare avec les clients de l'entreprise (15 %). Si 39 % des salariés trouvent « acceptable » d'expliquer à un collègue pourquoi il faut voter pour un candidat, le seuil de tolérance à la vraie « propagande politique » est moins élevé pour la distribution de tracts (23 %) par exemple.

L'avenir du système de retraite en tête des préoccupations

Parmi les sujets qui préoccupent les salariés figurent en tête l'avenir du système de retraite (81 %), l'amélioration des conditions de travail (73 %), le temps de travail (72 %) ou la répartition des profits entre actionnaires et salariés (70 %). Pour les salariés, fait nouveau, « la politique doit produire des effets matériels directs (...) Ils fixent un objectif de résultat pour leur politiques. A charge pour ces derniers de réaliser les promesses », poursuit Ronan Chastellier. Et la pression sera d'autant plus forte sur les candidats de gauche. Car l'enquête montre que si l'on est de gauche, on croit davantage (91 %) à l'impact de la politique sur sa vie professionnelle que si l'on est de droite (81 %).

10 % des salariés se disent influencés par les conversations

Enfin, si 60 % des salariés considèrent que les conversations politiques ne les influencent pas, 10 % pensent le contraire. Et « 10 % de 24 millions de salariés, c'est beaucoup, surtout lorsque l'on sait qu'un scrutin se joue généralement à la marge », conclut Robin Dualé.

*Sondage en ligne réalisé du 21 au 29 septembre auprès de 1.013 salariés et fonctionnaires - www.editions-tissot.fr
 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/10/2011 à 12:14 :
Il est surprenant de voir comment la colère monte, surtout dans des professions dites confortables pécunièrement. Il est intéressant de voir aussi que beaucoup ont du faire face à des violences (agression, vol, cambriolage, ....) nouvelles pour eux. A foce de parler, la vérité finit par se répandre et semble toucher de plus en plus de monde.
a écrit le 26/10/2011 à 10:23 :
De fait, les débateurs sont d'accord sur un point, la nécessité de réformer, mais pas forcément sur le sens. Parler avec quelqu'un qui pense autrement est intéressant. On n'est pas obligé de s'étriper.
On passe 8 heures par jour avec certaines personnes. Il est civil d'avoir des échanges avec.
a écrit le 26/10/2011 à 3:45 :
c est vrai les employées discutent politique mais alors le débat et vite clos et ça ce fini toujour par.....Gauche ou droite tous les mêmes ou faite ce que je dis mais pas ce que je fais ou encore la justice,la fixcalité et la retraite égale pour tous "enfin" il y a ceux qui ne sont pas solvable aprés il y a ceux qui travaillent et les politiques qui sont au dessus de tous ça.....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :