France : le déficit budgétaire se réduit, la croissance flanche

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Le déficit du budget de l'Etat a diminué de plus de 30 milliards d'euros sur un an à fin septembre, à 92,7 milliards d'euros, grâce à une forte baisse des dépenses, due à la comptabilisation en 2010 des 35 milliards du grand emprunt, et à une légère progression des recettes, selon Bercy. De son côté, la Banque de France prévoit une croissance de l'économie réduite à zéro au quatrième trimestre, après 0,1% au troisième. Et l'investissement industriel sera "moins dynamique" en 2012.

Le déficit du budget de l'Etat français s'est établi à 92,7 milliards d'euros à fin septembre contre 124,2 milliards un an plus tôt, selon les données publiées ce mercredi par le ministère du Budget. Cette baisse du déficit reflète une évolution du solde des comptes spéciaux de -11,5 milliards d'euros, liée principalement
au prêt à la Grèce et à la mise en oeuvre d'avances dans le cadre de la substitution de la taxe professionnelle.

Le solde du budget général s'est amélioré 31,5 milliards d'euros d'une année sur l'autre. Mais cette amélioration correspond en fait à la prise en compte dans le budget 2010  des 35 milliards d'euros des investissements d'avenir (grand emprunt). Ce jeu comptable permet ainsi mécaniquement d'afficher une nette amélioration du solde budgétaire 2011 alors qu'en fait, les crédits du grand emprunt n'ont commencé à être décaissés que cette année. "Hors charge de la dette, la progression de la dépense à fin septembre est globalement conforme à la prévision de la loi de finances", peut du coup conclure le ministère du Budget.

Croissance zéro au quatrième trimestre

Par ailleurs, la Banque de France (BdF) a annoncé ce mercredi prévoir une croissance nulle de l'économie au quatrième trimestre 2011, sur la base des résultats de sa dernière enquête mensuelle de conjoncture. L'indicateur du climat des affaires dans l'industrie a baissé d'un point en octobre à 96 points et celui des services a baissé d'un point à 95. Dans l'industrie, le taux d'utilisation des capacités de production est demeuré constant, légèrement en-deçà de sa moyenne de long terme, tandis que les carnets de commandes se sont repliés, tout en restant à un niveau jugé supérieur à la normale, note la BdF. "Les prévisions font état d'une poursuite du maintien de l'activité à son niveau actuel", ajoute-t-elle.

Dans les services, les prix se sont maintenus et les effectifs se sont légèrement accrus. "Les perspectives sont orientées vers une stabilité de l'activité à court terme", dit la BdF. La Banque de France avait auparavant annoncé en troisième estimation prévoir une croissance de 0,1% de l'économie française au troisième trimestre, un chiffre qu'elle n'évoque pas mercredi. La première estimation du PIB du troisième trimestre sera publiée le 15 novembre par l'Insee.

Les investissements industriels prévus en hausse de 4% en 2012

Enfin, les entreprises du secteur de l'industrie manufacturière tablent sur une hausse de 4% de leurs investissements en 2012 et ont revu en baisse de trois points leurs prévisions pour 2011 à 11%, montre l'enquête trimestrielle réalisée en octobre par l'Insee et publiée aussi ce mercredi. En 2011, la hausse des dépenses d'équipement serait soutenue dans les secteurs des autres industries (+13%) tels que l'industrie chimique, le travail du bois et du papier, la
fabrication de produits en caoutchouc, plastiques et autres produits minéraux non métalliques ainsi que la métallurgie. En revanche, l'investissement reculerait de 5% dans le secteur automobile.

L'indicateur de révision des investissements devient négatif en octobre, note l'Insee. "Il laisse ainsi attendre une baisse de l'investissement de ces entreprises en fin d'année 2011." Interrogés pour la première fois sur leurs perspectives d'investissement en 2012, les industriels anticipent des dépenses d'équipement moins dynamiques, en hausse de 4%. Dans le secteur automobile, le redémarrage de l'investissement serait très important (+25%) mais il serait nettement moins dynamique dans les secteurs des autres industries (+3%).

Les motivations d'investissement en 2012 seraient semblables à celles de 2011, poursuit l'Insee. La part des investissements destinés au renouvellement des
équipements (28%), ceux répondant aux autres motivations telles que la sécurité, l'environnement, les conditions de travail (22%) ou aux économies d'énergie (9%) se maintiendrait à un niveau plus important qu'en moyenne sur les vingt dernières années (respectivement 26%, 20% et 6%).

A contrario, la part des investissements destinés à l'extension des capacités productives (13%) et à l'automatisation (7%) serait, comme en 2011, plus faible qu'en moyenne (respectivement 16% et 11%). "Pour 2012, les chefs d'entreprise jugent moins favorablement que pour 2011 l'ensemble des facteurs influençant
leur investissement, à l'exception des perspectives de profit", écrit l'Insee. "En particulier, ils s'attendent à ce que les perspectives de demande, le niveau des taux d'intérêt tout comme les conditions globales de financement soient nettement moins favorables."

L'investissement dans l'industrie représente environ un quart de l'investissement productif en France.

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