Sarkozy se pose en candidat rassembleur
Jean-Christophe Chanut
Jean-Christophe Chanut
Ce n'est certes pas (encore) une réelle inflexion. Il n'en reste pas moins que dans sa longue interview au "Journal du Dimanche", Nicolas Sarkozy adresse un clin d'oeil à d'autres électeurs que ceux qu'il tente de séduire depuis le début de la campagne. Se voulant rassembleur et au dessus des partis, il déclare ainsi "vouloir parler au peuple français dans son ensemble et dans sa diversité (...). M. Hollande ne parle qu'à la gauche, dont il estime qu'il est légitime qu'elle ait le pouvoir. La conception qui est la mienne de l'ouverture me fait un devoir de parler à tous les Français".
Ouverture vers le Centre
Et de se fixer une mission "je veux réconcilier la France du oui avec celle du non, je veux parler aussi à ces Français modérés qui se reconnaissent dans le centre". L'effet Jean-Louis Borloo est passé par là. Mais il faut aussi pour le candidat-président penser au deuxième tour et aux voix de François Bayrou. Ainsi, comme il l'avait déjà fait lors de sa conférence de presse de jeudi, il 'exclut pas de travailler, en cas de réélection, avec d'autres partis que l'UMP "Avec les crises que nous avons affrontées, un président ne doit pas s'enfermer mais, au contraire, s'ouvrir. Travailler avec des personnes qui ne sont pas de ma famille politique, c'est une possibilité, c'est même un devoir".
Pour autant, Nicolas Sarkozy n'oublie pas ses fondamentaux et "cogne" très fort sur François Hollande: "Vous voulez le vote des étrangers non communautaires? Vous voulez davantage d'immigration, davantage d'impôts? (...) Il faut savoir que cela aura un coût humain: de nouveaux impôts et de nouvelles souffrances".
Défense de son bilan
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Sur le terrain économique, Nicolas Sarkozy ne fait pas de révélations au "JDD", préfèrant réitérer ses propositions énumérées depuis le début de la campagne: referendum sur la formation des chômeurs, amélioration de la compétitivité grâce à l'istauration d'une TVA sociale, poursuite de la politique du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite qui sera étendue aux collectivités territoriales de plus de 30.000 habitants, etc. Là aussi, il a fustigé le programme de François Hollande , jugé trop dépensier. Enfin, Nicolas Sarkozy s'est évertué à défendre son bilan en répétant que la France est le seul pays à n'avoir connu aucun trimestre de récession et qu'elle avait plutôt connu une progression du chômage contenue par rapport à ses voisins européens.
Jean-Christophe Chanut
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