L'état des finances des hôpitaux publics suscite l'inquiétude

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Après la dégradation par l'agence de notation Moody's de leur note, les Centres Hospitaliers Régionaux Universitaires (CHRU) et les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) devraient peiner à obtenir de nouveaux financements. Selon la Fédération hospitalière de France (FHF), certains établissements pourraient ne pas être en mesure de verser les salaires de leurs employés en septembre.

Est-ce le début d'une réaction en chaîne ? Vendredi, l'agence de notation américaine a dégradé de « AAA » à « BAA1 » la note des émissions obligataires 2009 et 2010 émises par les Centres Hospitaliers Régionaux Universitaires (CHRU). Ces établissements sont désormais sous « surveillance négative », ce qui signifie, concrètement, que pendant trois mois, l'agence peut décider de procéder à une nouvelle dégradation.

Le CHUR de Fort de France dans le viseur

La raison ? La situation financière de certains établissements, notamment de l'Outre-mer, est jugée préoccupante. Ce serait notamment le cas de celles du CHRU martiniquais de Fort de France. Les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) sont à peine mieux lotis, leur note étant rétrogradée de « AAA » à « A1 » et également placés sous « surveillance négative ».
Plus globalement, Moody's justifie sa décision par le fait que « le contrôle du gouvernement sur les hôpitaux publics moins efficace que ce qui avait été anticipé initialement », qui met en avant également une « pression particulièrement forte sur la trésorerie des hôpitaux publics ». Une pression qui, selon l'agence, ne devrait se réduire, l'objectif de retour à l'équilibre des finances publiques en 2017 devant imposer de nouvelles « contraintes budgétaires sur les transferts de fonds publics » vers le secteur hospitalier.

Une décision qui tombe mal

La décision de Moody's tombe mal puisque les CHU souhaitaient à nouveau recourir au marché obligataire cet automne pour financer leurs investissements prévs dans le cadre du plan "Hôpital 2012". Or, cette dégradation de leur note, et l'épée de Damoclès que représente cette mise sous surveillance, renchériront à coup sûr le coût de ce financement.

La Conférence des Directeurs Généraux de CHR-CHU de France a réagi lundi. « La notation de l'émission de 2009 est toutefois spécifique en ce qu'elle tient, comme le dit le communiqué de Moody's, à la situation particulière d'un des membres, le CHU de Fort-de-France. Cet établissement connaît des difficultés particulières en ce moment, qui justifient une intervention rapprochée des pouvoirs publics, dans un contexte de restructuration profonde de cet hôpital. Le changement soudain de méthode d'évaluation de Moody's, qui privilégie les risques de liquidité instantanées sur ceux liés à la solvabilité, occasionne une révision de notation qui ne doit pas décrédibiliser l'opinion des prêteurs, confiants à juste titre dans les investissements hospitaliers présents et à venir, et la solidité de leur signature », explique-t-elle dans un communiqué. 

La Conférence précise également que le soutien des pouvoirs publics n'est aucunement démenti, « comme le souligne par ailleurs le ministère chargé de la santé, ni au plan des objectifs globaux de finances publiques relevant du vote du Parlement, ni dans le cadre réglementaire et la pratique quotidienne, où le Ministère chargé de la santé, les agences régionales de santé et le Ministère chargé des finances restent sur une ligne prudentielle très forte dans la supervision des établissements publics de santé ». Malgré ces précisions, il n'en reste pas moins que l'état des finances des hôpitaux inquiète bel et bien. Et pas seulement Moody's.

La Fédération hospitalière de France demande des mesures d'urgence

Vendredi également, la Fédération hospitalière de France (FHF) a en effet tiré la sonnette d'alarme, appelant à une intervention rapide de la Banque postale - sensée remplacée Dexia dans le financement des établissements de santé et médico-sociaux - et des banques commerciales pour financer le besoin non couvert de financement de court terme des établissements de santé et médico-sociaux. Celui-ci s'élèverait à 1,3 milliards d'euros selon la FHF. Si rien n'est fait, certains hôpitaux pourraient avoir des difficultés à payer leurs salariés en septembre !

 

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Commentaires
a écrit le 28/05/2013 à 11:03 :
Les hôpitaux publics ont , hors dette , ont un budget de 70 mds ?
pour un déficit de 20 M? ... Ils sont donc globalement bien gérés .
Quant à la dette , elle est énorme . D ' où vient-elle ? Des instructions de l'Etat de 2003 à 2011 ( il faut vous équiper en scanners , IRM , etc.) . Qui a suggérer ces instruction à l'Etat ? l'IGF!
a écrit le 20/09/2012 à 1:42 :
Normal, combien d'argent dépensent t'ils pour payer leurs avocats? Combien dépensent ils en faisant appel, des décisions de justice, prises à leur encontre, par les tribunaux administratif, par les cours administratives d'appel. Combien dépensent ils pour rémunérer les plus grands avocats? Le manque de transparence, des dépenses, de ces CHU, mérite une meilleure exigence de la cour des comptes.Les non résidents n'y sont pour rien. Bien au contraire, ces gens payent très cher, leur séjour à l'hôpital. N'ayant pas de sécu, ils payent bien plus que nous. La faute c'est les dépenses inutiles, le gaspillage, des uns et des autres. Les dépensiers, les gaspilleurs, ne sont pas les autres ni les étrangers.
a écrit le 02/08/2012 à 8:53 :
A un moment où nous avons des grandes difficultés pour assurer le financement du système hospitalier, ile me semble hautement stratégique de permettre aux non résidents d'accéder à des soins gratuits.Ne nous occupons pas des Français qui cotisent et travaillent en conservant leurs salaires en france , cela pourront toujours cotiser de manière récurrente plus et pallions les dififcultés des résidents de quelques semaines qui viennent bénéficier des soins qu'ils n'auraient pas dans leur pays. Voilà bien une idée de la gauche bien pensante et humaniste. Il suffira d'augmenter la part du forfait hospitalier pour..................... ceux qui cotisent régulièrement c'st à dire les résidents.
a écrit le 24/07/2012 à 12:25 :
L'hopital public - et la sécu - souffrent en grande partie des abus : urgences surchargées par des personnes qui vont s'y faire soigner un rhume ou une bricole pour ne pas payer le médecin, tricheries à la carte vitale, AMU, AME, arrêts maladies non justifiés, etc ...
Il n'y aurait pas tous ces abus - que personne ne veut avouer et surtout pas les socialistes -, on pourrait payer mieux les infirmières et les médecins, et sécu et hôpital se porteraient mieux (et nous aussi).
Réponse de le 26/07/2012 à 22:07 :
payons mieux les médecins et les infirmières. Si au contraire ils devenaient raisonnable au lieu d'avoir la folie des grandeurs... Le petit personnel est plus a plaindre, sous payer au smic, en sous effectif, surchargés de travail... avec plus de 4 infirmières chefs sur la tête, pas de CE, pas de ticket restaurant comme dans les autres fonctions publiques (territoriale, état). Ce sont les moins bien payés et pourtant ils se bougent pour sauver des vies ! Que dire du surplus de fonctionnaire dans les bureaux administratifs des hôpitaux, certains refont même la décoration du jardin (palmier, rocher etc) devant les bureaux et mettent au régime les petits employés des services de l?hôpital !!!
a écrit le 23/07/2012 à 22:16 :
Pourquoi on ne parle que de l'hôpital PUBLIC, le privé serait-il mieux géré? N'ose-t-on pas le dire?
Réponse de le 24/07/2012 à 11:33 :
L'hôpital privé connaît aussi de grandes difficultés, et pourtant il n'est pas soumis aux même contraintes que l'hôpital public. N'ose-t-on pas dire aussi que son chiffre d'affaire est assuré par la Sécurité Sociale, les Mutuelles et que les dépassements d'honoraires sont la règle?
a écrit le 23/07/2012 à 22:02 :
A quand une grande manif comme celle pour l'école privée pour protester contre l'incurie des socialistes revanchards
Réponse de le 24/07/2012 à 11:16 :
@ nopassaran
Bien mauvais pseudo. Décidément les réactionnaires ne reculent devant rien.
....Ni le retour des bonnes soeurs, un crucifix au-dessus du lit, la douleur pour rédemption et la porte grande ouverte aux anti-avortements.
Réponse de le 24/07/2012 à 12:13 :
à JB 38 : je ne vois vraiment pas le rapport entre les agences de notation et les "bonnes soeurs, le crucifix et les anti avortements". Jules Ferry et les anticléricaux ont encore de beaux restes ...
En revanche, je pense que le rôle des agences de notation est détestable : elles font le jour et la nuit en économie, massacrent à tout crin ; il est frappant que ttes sont comme par hasard éméricaines et que c'est surtout les institutions et pays européens qui dégustent ...
a écrit le 23/07/2012 à 21:20 :
Grosse restructuration a faire, réduire les congés pléthoriques, les jours de maladie....et en définitive les effectifs. Pour un service d'une qualité au moins egale
Réponse de le 23/07/2012 à 21:59 :
Et museler les syndicats qui empêchent toute avancée, souvent à l'encontre du personnel qui lui connaît bien les avantages indus et dorénavant inadmissibles dont il bénéficie;
Réponse de le 24/07/2012 à 9:50 :
deviens pauvre, ou cancereux et on verra ta réaction
a écrit le 23/07/2012 à 20:52 :
en prélevant sur leur patrimoine et directement sur leur retraite. ce sont eux qui nous coutent le plus cher et qui nous ont laissé toutes ces dettes publiques !
Réponse de le 23/07/2012 à 22:03 :
heureusement (ou malheureusement) qu'il y a eu a un moment deux seniors pour vous donner la vie
Réponse de le 24/07/2012 à 11:25 :
@ Faites payer les seniors.
Ce qui me réjouis, c'est qu'un jour vous aussi serez vieux, avec des douleurs partout, peut-être un problème cardiaque, un bon petit cancer, plus sûrement une prostate défaillante...En ces jours funestes, foin des dettes publiques, heureux de trouver un établissement pour soulager la douleur.
a écrit le 23/07/2012 à 19:52 :
Finir avec la gratuité des soins, l'hopital n'est pas la pour gérer la misère du monde, le contribuable en a assez de payer pour les gens qui vont a l'hopital pour des petits bobos, pour celui qui n'est pas convaincu il faut franchir le pas et aller voir qui se proméne dans les salles d'attente, il n'y a pas que des miséreux
a écrit le 23/07/2012 à 18:56 :
L'hôpital coûte cher pour être dangereux, la sncf coûte cher pour faire des accidents et air france coûte cher pour faire des grèves. On ne cesse de dérembourser les médicaments depuis des années le tout en s'endettant et en refusant de produire, est-ce là le but de la société? Que la société ne puisse en avoir pour son argent, parce que quelques bureaucrates et des corporations sans foi ni loi ne pensent qu'à leurs avantages?
a écrit le 23/07/2012 à 17:19 :
Et pendant ce temps la, l'etat français veut offrir des soins gratuits à tous les non residents, sans papier, les urgences font de la medecine de ville et sont debordées.... et nous avons une juxtaposition d' administrations régionales, departementales, communales que nous payons à fonds perdus
a écrit le 23/07/2012 à 16:55 :
Mais on s'en fout de l'hôpital publique, pourvu que notre armée soit opérationnelle et intervienne sur tous les champs de batailles pour défendre la grandeur de la France, ça ne coûte pas cher !
L'hôpital, l'école, la santé, les retraites etc etc, tous ceux là attendront et si ça ne leur plait pas, ils n'ont qu'à aller voir ailleurs !
Réponse de le 23/07/2012 à 17:15 :
C'est LA qu'on reconnait un grand militaire derrière son écran.
a écrit le 23/07/2012 à 16:31 :
L'hôpital public est économiquement en "soins palliatifs" depuis plusieurs années.Il est probable que demain le débat sur l'euthanasie concerne davantage l'hôpital public lui même que ses patients !
Réponse de le 23/07/2012 à 16:55 :
Tuer l?Hôpital Public en France était tout de même un sacré défi. Bravo à ceux qui nous ont fourni cette sympathique crise en même temps.
a écrit le 23/07/2012 à 16:13 :
Mais c'est bien sûûûr !!! Il FAUT les privatiser...

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