En 2012, les Hôpitaux de Paris auront du mal à soigner leurs finances

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Infographie La Tribune
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Les mesures de rigueur gouvernementales compromettent le retour à l'équilibre budgétaire de l'AP-HP prévu en 2012.

Il n'y a pas que les chefs d'entreprises et les économistes qui se débattent dans l'incertitude la plus complète. Si le plan stratégique 2010-2014 prévoit un retour à l'équilibre des comptes dès 2012, l'Assistance publique et les Hôpitaux de Paris (AP-HP) ne savent pas s'ils pourront tenir cet objectif ambitieux. Plusieurs éléments expliquent ce flou artistique qui entoure la gestion financière de cette institution qui, avec 90.000 salariés, est le plus gros employeur de l'Ile-de-France.

On peut citer les incertitudes concernant le dégel des missions d'intérêt général et d'aide à la contractualisation (Migac). En 2011, leur gel a plombé de 35 millions d'euros les comptes de l'AP-HP. Résultat, celle-ci affiche un déficit net de 130 millions d'euros. "Nous pouvions comprendre que ces missions soient gelées pour des raisons budgétaires en 2011. Nous ne comprendrions pas qu'elles le soient indéfiniment, compte tenu de notre volume d'activité", déclare Mireille Faugère, la directrice générale de l'AP-HP qui, en 2011, a accueilli 7 millions de patients, dont 1 million aux seules urgences.

"Pourtant, au regard de la maîtrise des charges, des efforts de rationalisation déjà engagés qui nous permettent de tenir les objectifs fixés au niveau national de dépenses d'assurance maladie, nous mériterions bien un dégel de ces Migac", estime Mireille Faugère. Ce dégel, auquel Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, s'est déjà dit favorable, est imminent depuis de longues semaines...

Aide médicale de l'Etat en baisse

La réduction d'un tiers de l'aide médicale de l'État (AME) annuelle allouée à l'AP-HP en 2012 pose aussi problème. Cette aide, qui vise à permettre l'accès aux soins des personnes étrangères résidant en France, de manière irrégulière, passera de 120 à 80 millions d'euros en 2012. "Nous devrons pourtant soigner le même nombre de patients, environ 10.000", poursuit la directrice générale. Dans ce contexte plutôt délicat, l'AP-HP compte résoudre la quadrature du cercle suivante en 2012 : atteindre l'équilibre budgétaire, poursuivre son désendettement (voir graphique), "tout en renforçant le haut niveau d'excellence dans l'accès aux soins, la formation et la recherche", déclare Mireille Faugère.

Pour y parvenir, l'AP-HP, qui assure ne pas détenir d'emprunts toxiques, compte sur les recettes supplémentaires issues de la facturation des chambres individuelles, dont le montant reste difficile à estimer. "Elles se sont élevées à 10 millions d'euros pour les Hôpitaux de Lyon qui sont quatre fois plus petits que nous", précise Mireille Faugère. La politique patrimoniale sert et servira pour sa part les investissements lourds de l'institution. C'est ainsi que la fermeture de l'hôpital Fernand Widal a permis de financer la modernisation de Lariboisière.

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Commentaires
a écrit le 18/12/2011 à 11:41 :
Fini, la révolution des lumières, et le 20eme sciècles de l'utopie par la guerre froide, "Les soins pour tous", du "resto du coeur", "les recherches du bien être social", "du pape polonais", "frères humains donnons nous la main". Bienvenus dans le 21eme sciècles, retour de l'impérialisme SOFT (pour le moment, car avec la crise écologique qui arrive ...), du panzer cardinal, du paternalisme financier, de l'art vampire, de l'enseignement rentable, de l'écologie policière, de l'ennemi religieux, et du racisme bien pensant, de la guerre humanitaire et raisonnable.Ce n'est pas les années 80, où on était dans le bling-bling-social (: Tapie) maintenant on est dans ou hors de l'argent-pouvoir (: Sarkozy). Ici, les hôpitaux coutent, les pauvres doivent retourner dans le caniveau ! Et c'est pas fini... bientôt la caste des seigneurs ! Le monde a changé et pas qu'en Chine ou en Inde !
a écrit le 18/12/2011 à 8:35 :
Comme n'importe quel système communiste, incapable de se réguler, piégé par ses contradictions économiques, le système de santé français est entré en phase d'autodestruction. Réjouissons-nous ! La privatisation salvatrice du système de santé ne va plus tarder.
a écrit le 17/12/2011 à 10:22 :
Et les autres hôpitaux, ils ne sont pas dans le rouge?
a écrit le 17/12/2011 à 10:12 :
1 million de personnes !! les urgences sont détournées de leur objectif premier et contraintes de faire de la medecine de ville!!! c'est peut etre là qu'il y a quelque chose à revoir???
a écrit le 16/12/2011 à 17:01 :
Ce que je n'arrive pas à comprendre c'est qu'on en est encore a croire que la santé doit être bénéficiaire ou à l'équilibre. Comme l'éducation il s'agit d'un secteur clé pour le bien être des français. On ne devrait regarder à la dépense.
Et si vous voulez trouver de l'argent je peux vous donner l'adresse de quelques expatriés en suisses qui se font plaisir de payer leurs (faibles) impots la bas et qui retourne discretement se faire soigner chez nous (donc sans cotiser pour cela....)
Réponse de le 16/12/2011 à 18:00 :

j'espère que vos propos dépassent votre pensée du moins ils montrent que vous ne connaissez mal le sujet. Les expatriés doivent solder leur compte à leur départ de France, même s?ils vont travailler en Suisse. Ne pensez pas non plus que la CPAM Française soit un organisme de laissez- aller, car ce point est vérifié. Par contre si vous lisez bien les textes ,toute personne peut annuellement cotiser à la sécu pour un somme forfaitaire et donc se faire soigner en France (même Johnny)

Réponse de le 17/12/2011 à 9:00 :
Alors je me suis probablement mal exprimé je le concède. Je ne voulez pas parler des expatriés au sens propre du terme mais bien des grandes fortunes (qui ne travaillent plus depuis longtemps et vivent de leurs rentes) qui pour gagner quelques millions en plus par an se réfugient en suisses mais reviennent en France profiter de "l'excellence" (je ne sais pas moi même si je suis ironique) de nos services de santé. Et n'oubliez pas que les cliniques privées sont en grandes parties financées par des aides de l'Etat (alors même que ce dernier réduit le budgt des hopitaux publics...).
Réponse de le 17/12/2011 à 12:29 :
je pense que vous pouvez réviser vos théories, les hôpitaux et cliniques sont parmi les meilleures aux mondes, les charges sociales sont les plus basses du Monde 14 % du salaires avec pourtant une des meilleures protections sociales au monde, pour la simple raison que ce sont les assurances privées qui assument cette protection.
la seule clinique qui rivalise avec les suisses est l'hôpital americain.
même chose pour l'école : allez voir à Glion, en rentrant dans cette école vous êtes sûr d'avoir 4 offres avant l'obtention du diplôme !
et oui en France, nous avons des prétentions mais rien de plus !!!
Réponse de le 17/12/2011 à 14:02 :
Et donc vous légitimisez la baisse des subventions ainsi que l'exode des grandes fortunes qui reviennent chez nous se faire soigner ? Prenez n'importe qu'elle numéro de Marianne ou du Nouvel Obs ils en font en permanance allusion (même plus qu'allusion puisqu'ils s'appuient sur des études concrètes). C'est sur que c'est pas dans la Tribune ou le Figaro qu'ils vont en parler... Et vous avez une bien mauvaise opinion de la qualité de nos hopitaux, pour cotoyer plusieurs médecin je peux vous dire qu'ils se battent comme des diables avec les moyens qu'ils ont pour garder au maximum le niveau de qualité des soins. Mais on continue a baisser le budget de la santé tandis que les subventions allant dans les poches des cliniques privées s'envolent. Cliniques bien entendu réserver à une certaine clientèle.
a écrit le 16/12/2011 à 10:15 :
'AME' <-- quand vous n'avez jamais cotise, vous etes mieux traite que quand vous avez cotise tte votre vie! !!!!!!!!! brillantissime !! typiquement francais !
Réponse de le 16/12/2011 à 16:51 :
Ce raccourci est ridicule...et dangeureux. Donc une personne fui la misere et la famine dans son pays, elle arrive chez nous (en espérant trouver un monde meilleur, si elle savait...), tombe malade, agonise et vous la seule réflexion que vous vous faites c'est : qu'elle crève. Mouais.. pas terrible. Mais je ne vous en veux pas, on est l'enfant de ses parents donc ce sont aux votres que j'en veux.
Réponse de le 17/12/2011 à 7:38 :
Malthus, le retour. Ou Darwin qu'on appliquerait ?'economie. La selection naturelle nous pend au nez

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